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Michelin met l'accent sur la recherche en France

Très critiqué pour la suppression de 700 postes à l'usine de pneus poids lourds de Joué-les-Tours (37), le manufacturier n'a pas l'intention d'abandonner la France. Le Groupe souhaite maintenir un ancrage industriel fort et pérenne en France. Une volonté qui va se traduire par un investissement de 800 millions d’euros de 2013 à 2019 pour permettre aux usines françaises d’atteindre les meilleurs standards de compétitivité en Europe.
Ainsi, un investissement supplémentaire de 260 millions d’euros est prévu d’ici 2019 dans tous les sites France.
En fait, Michelin poursuit une politique engagée depuis 10 ans et qui consiste à spécialiser ses sites, en regroupant les activités industrielles de même nature pour développer des pôles industriels de référence, compétitifs et fortement exportateurs.
C'est ainsi que Bibendum a choisi de transformer le site de La Roche-sur-Yon en un pôle industriel capable de produire 1,6 millions de pneus poids lourds par an. Le regroupement des productions de Joué-lès-Tours et de La Roche permettra au site vendéen d’atteindre les meilleurs standards de compétitivité grâce à l’effet de taille. Un investissement de 100 millions d’euros en machines de production modernes et performantes permettra de produire les pneus poids-lourd innovants que Michelin commercialisera dans les années à venir.
Enfin, le centre de Recherche et Développement de Michelin à Clermont-Ferrand va faire l’objet d’une profonde modernisation avec la construction et la transformation de bâtiments qui représentent un investissement de 220 millions d’euros entre 2013 et 2019. Le but de ce tout nouveau complexe phare de la R&D de Michelin est de maximiser la puissance d’innovation et de raccourcir les délais de développement.

Rencontre avec la Furtive e-GT aux RIVE 2013

Il y avait pas mal de choses à voir aux RIVE 2013, notamment dans l'électrique, et j'y reviendrai prochainement. Mais, laissez moi parler d'abord de la Furtive e-GT. Exagon Motors a en effet exposé sa GT électrique et elle a bien sûr attiré tous les regards. Mais surtout, elle a roulé. Et j'ai pu en profiter.



Il a fallu attendre un peu, car le Prince Albert de Monaco est venu à Alès. On sait qu'il s'intéresse aux énergies alternatives et qu'il aime l'automobile. Aussi, Exagon Motors lui a fait la faveur de le laisser piloter l'auto. Le Prince s'est montré très raisonnable au volant. "je n'avais pas le droit de faire un tête à queue", a-t-il confié au PDG de la marque, Luc Marchetti. Il serait partant pour refaire un tour ultérieurement et s'amuser un peu plus.


Dès que la piste a été rouverte, j'ai pu en profiter pour m'asseoir dans l'auto, en tant que passager. L'essai a été court (un tour seulement du circuit d'Alès), mais c'était déjà un rare plaisir, quand on sait que la Furtive e-GT coûte 400 000 euros.

Voici une courte vidéo :

 

Une équipe de Michelin a tourné aussi une vidéo avec des Go Pro. A surveiller sur YouTube..



J'ai pu apprécier l'accélération, supérieure à celle de l'Audi A8 e-tron qui est pourtant déjà une excellente auto. Luc Marchetti ne faisait pas semblant et m'a fait voir un peu le potentiel de sa GT. La stabilité est incroyable, car jamais je ne l'ai senti glisser. Michelin a ouvert à Exagon ses installations pour tester la tenue de route et on en voit le résultat.


Et la suite ? Les premières livraisons doivent intervenir à la fin du premier trimestre 2014. J'espère sincèrement qu'Exagon aura les moyens de se développer, car la marque veut réellement produire en France et associer la filière autour de Magny-Cours. Il serait vraiment dommage que ce soit un pays comme le Qatar qui récupère une telle vitrine technologique..

Voir le diaporama : http://s.joomeo.com/51d454c1849eb

En sport auto, l'électrique et l'hybride c'est maintenant !

Si la motorisation hybride est déjà une réalité aux 24 h du Mans et en endurance, c'est au tour de la Formule 1 de s'ouvrir aux nouvelles énergies. Malgré un conservatisme étonnant, qui a difficilement débouché sur l'emploi du KERS, la discipline reine du sport automobile va étrenner l'an prochain un moteur V6 1,6 L turbo avec récupération d'énergie en lieu et place du V8 classique. Renault, qui fait parfois le grand écart entre son engagement en F1 et la voiture de série, va bien évidemment saisir cette opportunité pour mettre en valeur son expérience acquise dans le domaine des voitures électriques.



D'ailleurs, à l'occasion du GP de F1 de Monaco, Renault a annoncé le nom d’un des premiers clients pour son moteur V6 avec récupération d’énergie. Il s'agit de l'écurie Toro Rosso, qui roulait jusqu'à présent pour Ferrari. Cette évolution est somme toute logique, puisque l'écurie dépend de Red Bull, qui est le partenaire de développement du Power Unit de Renault. Les deux partenaires finalisent d'ailleurs les termes d’un accord privilégié à long terme.


Toujours à propos de ce moteur hybride de F1, Alain Prost - qui est ambassadeur et conseiller de Renault - nous apprend dans les colonnes du quotidien La Provence que ce moteur intégrera une possibilité de propulsion électrique. Il indique aussi que la réduction de consommation, à puissance égale, sera de 30 à 40 %. Autre précision : le Power Unit sera présenté officiellement le 21 juin lors du salon du Bourget (dont Renault est partenaire). Les cartes seront rebattues en F1 l'an prochain et l'arrivée de Honda - motoriste de référence et impliqué dans l'hybride - devrait dynamiser la discipline. Ce sera intéressant de voir qui maîtrise le mieux la récupération d'énergie, en dehors de la performance pure.


En dehors de la F1, il est à noter que la FIA ouvre ses portes à l'électrique. L'an prochain, ce sera le coup d'envoi du championnat Formule E, dont les partenaires sont Spark Racing Technology (qui produira les monoplaces), McLaren (qui fournira les moteurs, la transmission et l'électronique), Michelin pour les pneus et...Renault. La maque au losange fera bénéficier à Spark Racing Technology de son expertise technologique pour optimiser les systèmes électriques et électroniques. La marque estime avoir l’expérience nécessaire pour assurer la sécurité et la fiabilité des autos, qui porteront d'ailleurs le nom Spark Renault. Pour le moment, le calendrier 2014 prévoit 10 courses. 9 villes sont déjà retenues (Bangkok, Buenos Aires, Londres, Los Angeles, Miami, Pékin, Putrajaya en Malaisie, Rio de Janeiro et Rome) et 1 autre doit encore être annoncée. Paris n'y figure pas, mais est-ce bien étonnant de la part d'une capitale anti-bagnoles ?

Comment Michelin prépare la mobilité de demain

Bibendum est un partenaire du congrès Mobilis, auquel j’ai assisté pendant deux jours à Mulhouse, et qui est organisé par le pôle Véhicule du Futur. La firme de Clermont en a profité pour présenter plusieurs innovations, qui permettent de lever un voile sur la stratégie du leader mondial du pneu. Il y avait donc la roue motorisée ou encore la fameuse solution qui équipe la F-City H2 de FAM Automobiles, avec une pile à combustible de 5 kW qui permet de doubler l’autonomie de ce véhicule électrique.



Il ne s’agit pas d’une « simple » pile qui vient en plus de la batterie, mais d’un pack pile + batterie (ramenée à une capacité de 2,4kWh) qui permet de réduire de moitié le poids des batteries avec un ensemble qui ne pèse plus que 120 kg. L’autre avantage vient du fait qu'il n’est plus du tout nécessaire de recharger la batterie sur une prise de courant, celle-ci étant directement alimentée par le courant électrique fabriqué à bord. Le plein d’un kg d’hydrogène stocké à 350 bars ne prend que quelques minutes.


Une présentation de Pierre Varenne, le « Monsieur hydrogène » de Michelin, a permis de rappeler que les premiers développements dans ce domaine datent de 2004. La première pile à combustible maison (30 kW) avait été embarquée à bord d’un concept car, la Hy-Light. Je m’en souviens très bien, puisque j’avais pu l’époque faire un tour à bord de ce véhicule, à Shanghaï. Bibendum avait alors opté pour la technologie H2/02. Une autre version est apparue trois ans plus tard, avec un poids ramené de 930 à 810 kg et une puissance portée à 40 kW pour une autonomie de 400 km (au lieu de 300 sur un prototype équivalent. La pile développée pour la F-City H2 est d’une toute autre nature, car elle fait appel à la technologie hydrogène/air, mieux adaptée à l’automobile selon les ingénieurs.


Le plus impressionnant est de savoir que Michelin dispose d’un centre de recherche en Suisse, où sont comptabilisées quelque 10 000 heures d’essais par an. Un volume (plus de 24 h par jour de l’année en cumulé) qui témoigne de l’importance accordée à ce nouveau marché. Bibendum maîtrise toute la chaîne, du réservoir d’hydrogène à l’électronique de puissance. Ce savoir-faire dans la pile à combustible s’applique par ailleurs à l’aéronautique (système de génération d’électricité de secours pour l’Airbus A320, validé en vol) et même pour la navigation fluviale (projet YelloH2 de bateau à hydrogène).


Il y a une logique à tout cela, car la pile est le seul moyen de fournir suffisamment d’énergie pour l’Active Wheel, la fameuse roue motorisée qui concentre la propulsion, la suspension et le freinage. La batterie seule ne suffirait pas. Michelin, qui accompagne par ailleurs le développement de la voiture électrique par des pneus adaptés, a donc tout intérêt à favoriser le lancement de la filière hydrogène pour convaincre les constructeurs d’adopter sa solution technique. Rappelons qu’une telle solution permettrait de revoir complètement la conception des futurs véhicules zéro émission.


La firme auvergnate s’intéresse aussi à la voiture connectée. A défaut d’avoir pu devenir un acteur de la cartographie numérique (ses cartes ne sont pas navigables) dans l’automobile, elle est devenue un éditeur de contenus à valeur ajoutée (trafic, guides rouge et vert pour les points d’intérêt). Michelin est par exemple un contributeur majeur des Peugeot Connect Apps de la 208.
 

Michelin regarde même aujourd’hui du côté de la voiture automatisée. Mais là, il s’agit simplement de tester sur le site du centre technique de Ladoux, près de Clermont, des navettes électriques autonomes élaborées par Ligier (projet VIPA : Véhicule Individuel Public Autonome).
Cela montre en tout cas que le manufacturier cherche à appréhender les évolutions de l’automobile, et plus globalement de la mobilité de demain.

Les Peugeot Connect Apps au banc d’essai

A quelques semaines du lancement officiel (le 22 novembre), j’ai pu tester les services connectés de la 208 lors d’un essai en région parisienne. C’est une première pour un constructeur français (Renault, qui aurait pu griller la politesse à Peugeot avec sa tablette R-Link et le Store du même nom n’est pas encore prêt), même si on a pu voir dans un passé récent chez Peugeot des services on line (téléchargement d’adresses en passant par un opérateur). Avec le recul, c’est sans doute une victoire pour la marque au lion, surtout quand on se souvient que PSA voulait en l’an 2000 apporter Internet dans les voitures avec le groupe Vivendi (projet Egery). L’un des acteurs de cette période a d’ailleurs apporté son concours pour que ce bouquet de services puisse sortir à temps.



L’accès à ces Peugeot Connect Apps se fait via une clé 3 G (qui prend la forme d’une clé de voiture), réalisée par Sierra Wireless avec une carte SIM fournie par Bouygues Télécom. Un choix qui intrigue, car les services connectés reposent généralement sur une puce téléphonique intégrée (TomTom LIVE) ou utilisent la connectivité du smartphone. Le forfait data permet de ne pas être facturé en sus quand on se déplace à l’étranger et fonctionne dans 17 pays.


Une fois la clé logée dans l’un des deux ports USB situés en façade, sur la console centrale, l’écran tactile embarqué de la 208 affiche alors un nouveau menu. On y voit des icônes qui sont au nombre de 10 (6 sur la première page, 4 sur la seconde).


Michelin est présent en force, puisqu’il ne propose pas moins de 4 applications : Michelin Trafic (qui permet d’avoir le trafic à proximité ainsi que sur des destinations mémorisées), le Guide Michelin (le rouge pour les restaurants et les hôtels), Viamichelin et Michelin Voyage (les adresses du Guide Vert). Il me semble que c’est un peu beaucoup. De plus, Vamichelin fait double emploi quand la voiture a déjà un GPS.


Il y a deux catégories de services : les vraiment utiles et ceux qui sont plus accessoires. Dans la première, je mets sans hésiter le trafic (Michelin Trafic), mais aussi les places de parking disponibles (Parking) et les prix des carburants (Carburant).


Vous l’avez compris, les autres n’apportent pas forcément un plus au niveau de la conduite, ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils ne servent à rien. La météo affiche des prévisions qui peuvent apporter une information supplémentaire. A la limite, d’autres sont plus destinées au passager. Je pense par exemple à Michelin Voyage, qui propose des photos et des informations par rapport aux sites touristiques à proximité. Reconnaissons aussi que l’application Pages Jaunes est bien adaptée à l’écran et assez ludique, avec des photos pour chacune des catégories. D’une simple pression du doigt, on peut appeler en mains-libres (si votre téléphone est connecté en Bluetooth) et enclencher le guidage en transférant l’adresse sur le GPS de bord.


L’aspect réseau social n’est pas oublié avec le service Dismoiou, qui permet de bénéficier de bons plans géolocalisés une fois qu’on s’est inscrit.


Sans être indispensable, la fonction My Peugeot permet d’avoir un lien direct avec le constructeur (trouver un point de vente, avoir les détails sur son contrat de services). Sur un plan pratique, elle permet par exemple de retrouver le mode d’emploi en version numérique et d’obtenir une réponse quand on ne sait pas à quoi correspond un témoin lumineux.


En résumé, j’aurais préféré des services qui soient intégrés dans le système de navigation. L’idéal serait d’avoir un guidage qui prenne en compte en temps réel le trafic et recalcule l’itinéraire en fonction, qui indique les parkings à proximité de ma destination, ou qui affiche une alerte météo en cas d’alerte orange par exemple. Et tout cela sans avoir à naviguer entre des menus différents. Mais, pour le moment, personne ne propose vraiment cela, en tout pas chez les constructeurs.


Peugeot lance son offre Connect Apps avec un prix de 345 € pour l’accès aux services et un an d’utilisation en illimité, le renouvellement de l’abonnement étant fixé à 109 € par an.

Voir le diaporama : http://s.joomeo.com/507f103063ae8

La roue motorisée Michelin en série en 2017 ?

Présent au Mondial de l'Automobile, Michelin n'a pas renoncé à son projet de roue motorisée pour accompagner la transition vers l'électrique. En fait, Bibendum parle aujourd'hui de technologies « In-Wheel Motors », avec d'une part la roue motorisée et d'autre part l'Active Wheel. Ces solutions permettent de faire évoluer l'architecture du véhicule, avec de nouvelles capacités de pilotage roue à roue, offrant de nouvelles fonctionnalités en termes de comportement du véhicule et de sécurité.

Concrètement, la Roue Motorisée de Michelin intègre en son sein le moteur électrique, le réducteur et le dispositif de freinage. Pilotée par une électronique adaptée, elle constitue donc une solution technique au service de la re-conception des véhicules (véhicules allégés, compacité et maximisation de l’espace dans l'habitacle, bus à plancher totalement plat …). Elle peut être utilisée en configuration avant ou arrière. La clef de la révolution technologique de cette roue motorisée se trouve dans la miniaturisation du moteur. Conçu par Michelin, il est le plus compact du marché. Sa puissance rapportée à sa masse est supérieure aux solutions proposées par la concurrence et constitue un atout clé pour la réduction des masses non suspendues. Grâce à cette miniaturisation, Bibendum n'hésite pas à dire que la roue a pu être réinventée.


L’autre technologie « In Wheel Motors » est aussi une révolution puisque tous les organes vitaux entrent au coeur de la roue elle-même. Ainsi, l’Active Wheel intègre dans la roue le système de freinage, la motorisation du véhicule mais aussi la suspension électrique.


Michelin a par exemple travaillé sur ce projet en étroite collaboration avec Renault et avec le soutien de l’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) et de l’IFP Energies Nouvelles. Sur la base d’un Kangoo, le projet Velroue offre un nouveau concept de véhicule utilitaire bi-mode : mode électrique avec l’implantation de deux roues motorisées sur le train arrière pour un déplacement en zone urbaine et mode thermique optimisé pour sa consommation en usage extra urbain.


Michelin veut aller plus loin et industrialiser ses technologies In-Wheel Motors. C'est la raison pour laquelle il a fédéré un consortium de partenaires issus de l’ensemble des maillons de la filière : constructeurs (Renault, Aixam, Courb), équipementiers (Apojee, Leoni, Leroy-Somer,Texelis), laboratoires et universités (CEA, Université du Maine) et autres acteurs de la mobilité routière (Norauto), dans le cadre d’un « Projet Structurant Pôle de Compétitivité » à travers le projet FI-VI ME (Filière Industrielle de Véhicules Innovants à Motorisation Electrique pour les Marchés en Emergence).
Ce projet est soutenu par 5 pôles de compétitivité* : ID4CAR, Véhicule du Futur, Lyon Urban Truck and Bus, Mov’eo et Viameca. Le projet FI-VI(ME) a donc pour objectif scientifique et technique de développer la préindustrialisation de ces solutions, adaptées à chaque type de véhicules (micro véhicules électriques, voitures, minibus, utilitaires) et sur des marchés d’amorçage comme les véhicules de spécialités (trains routiers électriques par exemple).
La faisabilité technique de la roue motorisée, qui intègre en son sein la motorisation électrique et le dispositif de freinage, voire la suspension électrique, a été prouvée et validée. Celle solution s’avère une alternative d’hybridation facile à mettre en oeuvre, avec au passage une fonction 4X4 et une amélioration de la dynamique du véhicule sans modification majeure de la plateforme.
La date visée est 2017.

*3 d'entre eux, ID4Car, Mov'eo et Véhicule du Futur sont au Mondial et exposent sur leur stand la roue motorisée.

Michelin : l'innovation par la compétition

J'ai eu l'occasion de partager un déjeuner sur le Mondial avec Pascal Couasnon, qui est le directeur de la compétition chez Michelin depuis le mois d'avril, et qui était auparavant en charge de la communication technique. Cet échange a permis de revenir notamment sur les 24 H du Mans, une course bien plus intéressante que la F1 sur un plan technique et qui permet de tester des solutions dont pourront bénéficier un jour les automobilistes.



J'ai appris ainsi que Bibendum avait développé un logiciel "maison", baptisé "TAM Tyre", qui permet de simuler le temps au tour d'un pneu sur un véhicule avec seulement 0,2 seconde d'écart sur la réalité. C'est d'autant plus impressionnant que le pneu est une matière vivante et que la température a une influence sur la performance.
Ce logiciel, qui a été développé pour les besoins de la compétition, sert aujourd'hui pour certains véhicules "de série". Il s'agit plus exactement de modèles très sportifs (BMW, Ferrari, Porsche), pour lesquels Michelin peut tester en simulation jusqu'à une centaine de concepts de pneus et retenir les dix plus prometteurs. Cela permet de gagner du temps et de l'argent, mais aussi de tester certaines solutions de rupture.


Si le pneu hybride (capable de rouler sur sec et sol légèrement humide) a un impact certain en compétition, avec la victoire d'Audi aux 24 H du Mans et celle de Toyota plus récemment à Sao Paulo sur un piste où la température a perdu 15 degrés pendant la course, on ne le verra pas sur une voiture de série. En revanche, aussi surprenant que cela puisse paraître, les pneus de la très extravagante Nissan DeltaWing ont peut être un avenir.


Avec une largeur de gomme qui passe de 31 à 10 cm et un poids qui passe de 13 à 5 kg, l'écurie a changé deux fois moins de pneus que les autres.
L'intérêt pour l'automobiliste ? Cela valide la performance des pneus grands et étroits ("tall and narrow") que le manufacturier a déjà présenté lors du Challenge Bibendum

Michelin : l'innovation au coeur du pneu (deuxième partie)

Après la présentation hier des nouveaux produits, dont l'Energy Saver +, voici l'occasion de présenter comment le manufacturier élabore ses gommes. Figurez-vous que le pneu est un produit composite de haute technologie qui réunit 200 composants distincts, parmi lesquels des élastomères, des plastifiants, des adjuvants de synthèse, des charges renforçantes, des renforts métalliques, des renforts textiles. La recette du pneu idéal, qui freine mieux, roule plus longtemps et fait économiser du carburant, relève de la haute cuisine.


Voici une vidéo qui permet de mieux comprendre les contraintes subies par un pneu :

 

Il faut savoir que l'innovation fait partie de l'ADN de Bibendum. Au niveau mondial, quelque 6 000 personnes (chercheurs, ingénieurs, chimistes…) travaillent sur les matériaux, la conception, le design et l’industrialisation des pneus du futur. Le spectre de ces activités est très large, allant de la compréhension des phénomènes fondamentaux chimiques et physiques, en passant par la création et le test de prototypes, et enfin la faisabilité de la production dans les usines. L’organisation de la recherche sur trois continents permet de développer la connaissance des usages locaux. Elle facilite aussi la collaboration externe avec les meilleurs laboratoires de recherche et les partenariats techniques qui apportent des compétences complémentaires.


En résumé, la recherche chez Michelin, c'est :
- 595 millions d'euros par an en R&D
- 350 métiers différents 400 outils de simulation
- 700 méthodes de mesure
- 75 000 essais
Les essayeurs totalisent 1,8 milliard de km par an, soit un tour de la terre toutes les 12 mn en moyenne.

Michelin Total Performance : l'innovation au coeur du pneu

A l’heure où Michelin est en train de renouveler 80 % de ses gammes de pneus tourisme et camionnette dans un délai de moins de 3 ans, l'entreprise prend l'engagement de proposer des pneus qui délivrent plusieurs performances simultanément : la sécurité, la meilleure longévité kilométrique et la réduction de la consommation de carburant. C'est le cas par exemple du nouveau pneu Energy Saver +, le pneu vert de nouvelle génération. Ce produit permet d'économiser 200 litres de carburant après 45 000 km d’utilisation, par rapport à un pneu classique qui se situe au minimum du seuil réglementaire prévu par le système d'étiquetage européen (et qui entre en vigueur en novembre). Il freine aussi 16 m plus court sur le mouillé et dure plus longtemps.



Les chercheurs du Centre de Technologies de Ladoux (Auvergne) ont mis au point un nouveau mélange de gomme breveté, l’Eco and Grip Compound, utilisé pour la première fois dans la composition d’un pneu. Celle-ci limite l’échauffement des molécules du mélange de gomme. Un atout non négligeable, car moins le pneu s’échauffe, moins il consomme d’énergie. Mais, il a fallu veiller à ce que cette innovation n'affecte pas les autres qualités.


Pour information, il faut savoir que depuis l'introduction de la gamme Energy en 1992, 160 brevets ont été déposés pour améliorer le produit. La famille de pneus a été homologuée pour 190 véhicules de 22 marques.


La famille se décline également avec le nouvel Energy EV. Adapté aux véhicules électriques, il va être inauguré cet automne par Renault sur la Zoé. Ce pneu permet d'améliorer de 6 % l'autonomie du véhicule (210 km en cycle NEDC, entre 100 et 150 km en réel).


Dans un tout autre genre, Michelin a aussi développé un nouveau pneu pour les professionnels qui roulent en utilitaire. L'Agilis + permet d'économiser jusqu'à 270 litres au bout de 60 000 km d'utilisation et freine 17 m plus court. Mais, ce n'est le seul atout. Ce pneumatique bénéficie de flancs renforcés qui lui permettent de moins subir les effets d’éventuels chocs contre les trottoirs, dans les nids de poules et contre d’autres éléments d’infrastructures. Mieux encore, il dispose de huit patches antirâpage qui le rendent encore plus solide face aux petits chocs de la vie quotidienne.
Demain, je parlerai de la recherche chez Michelin.

Michelin en pole position pour l'innovation aux 24 h du Mans

Bibendum a toujours considéré que la compétition permettait de tester des technologies en vue de la série. C'était déjà le cas lors de la 1ère édition des 24 Heures du Mans qui s’est déroulée en 1923, sur un circuit en terre de 17 km tracé aux portes de la ville du Mans. Cette édition fut remportée par René Lagache et André Léonard au volant d’une Chenard & Walcker, déjà chaussée de pneumatiques Michelin. Mais, le week end prochain, le manufacturier sera réellement au coeur de l'innovation technologique. Michelin est en effet partenaire d'Audi et de Toyota, deux marques qui vont s'affronter avec pour objectif d’imposer la technologie hybride en compétition. Le premier engage la R18 e-tron Quattro, qui est une hybride diesel avec un KERS et le second revient au Mans avec sa TS030 Hybrid hybride essence qui est le reflet de sa technologie diffusée à plus de 4 millions d'exemplaires dans le monde.


Voir la vidéo de la R18 e-tron Quattro lors de sa course de Spa :

 

Les essais ont permis de rôder les nouveaux pneus. Chaque année, Michelin renouvelle à 80 % les gommes utilisées en compétition.

Voir la vidéo de la Toyota TS030 au Castellet :

 

Outre l’admission de prototypes hybrides, l’Automobile Club de l’Ouest a également créé un 56e garage destiné à une voiture innovante.


Cette 56e place a été offerte à la Nissan-DeltaWing, un prototype futuriste développé en partenariat avec Michelin. Pour respecter l’esprit de ce Project 56 – moins lourd, moins de puissance, (deux fois) moins de consommation, moins de traînée aérodynamique pour des performances équivalentes aux autres prototypes -, les ingénieurs de Michelin ont dû développer des pneumatiques révolutionnaires : deux fois moins lourds et trois fois moins larges, mais capables de rouler à 320 km/h et d’enchaîner 10 relais !

Voir la vidéo de la DeltaWing :

 

A noter que le manufacturier profite des courses d'endurance, dont le Mans, pour organiser le Michelin Green X Challenge une course dans la course qui récompense l’efficacité énergétique des véhicules.

Pour Michelin, il faut se fixer un seuil de 50 g par km en 2040

Cité par nos confrères du site Autoactu.com, l'un des meilleurs experts de Michelin, le docteur Patrick Oliva dit en substance que l'industrie automobile est mal partie pour respecter l'objectif de 95 g par km de CO2 en 2020 et qu'il faut redoubler d'efforts au cours de cette décennie, si on ne veut pas réchauffer le climat de la planète de plus de 2 degrés en 2100*. La solution serait de se fixer un seuil de 50 g/km de CO2 en 2040 ce qui est techniquement possible avec des véhicules très optimisés.



Qui est Patrick Oliva ? C'est le directeur prospective et développement durable de Michelin. On lui doit notamment le Challenge Bibendum, dont il est l'un des artisans. J'ai eu l'occasion de travailler avec lui sur quelques éditions de cet évènement unique en son genre, et qui consiste justement à évaluer les solutions de l'avenir. M. Oliva est également membre du conseil industriel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE, dépendant de l’OCDE). Ce qu'il nous dit, c'est que l'année 2017 est une année charnière. Dans 5 ans, si rien ne change, on aura peut être atteint un point de non retour. Il faut donc "poursuivre les progrès le plus loin et le plus vite dans l’efficience des moteurs et rechercher des voies alternatives au carburant pétrole. Il ne s’agit pas de l’éliminer mais d’en consommer moins dans les véhicules. Les progrès accomplis ont été considérables et nous en avons encore sous le pied".


Les solutions passent par l’allègement des véhicules, le recours à des sources d’énergie à moindre empreinte (dont l'hybridation, le véhicule électrique et sans doute l'hydrogène dans lequel Michelin s'investit), des pneus encore plus écologiques, le développement des réseaux intelligents, ou encore un partage plus important de la voiture dans les villes. A ce stade, l'évolution passe sans doute par une réflexion mondiale et pas seulement européenne. Je pense aussi qu'il est nécessaire d'avoir des procédures d'homologation plus réalistes.

*L'hypothèse basse du GIEC, la plus pessimiste évoquant une hausse de 6 degrés.

Le match des pneus pour véhicules électriques à Genève

L'arrivée de la Zoé s'accompagne d'un certain nombre d'annonces, comme celle du nouveau pneu Energy EV développé par Michelin. Issus d’un programme de recherche et d’innovation de 4 années, mené conjointement par Renault et Bibendum, ces nouveaux pneus à haute efficacité énergétique participent à l’accroissement de l’autonomie générale du véhicule. Ainsi, sur des parcours périurbains, Zoé gagne jusqu’à 6 % d’autonomie (selon l’usage) grâce à ces pneumatiques. Cet équipement innovant s’inscrit dans la logique globale « Range OptimiZEr » mis en place sur le 4ème modèle de la gamme Renault ZE. Le pneu joue un rôle primordial sur les véhicules électriques, car la consommation d’énergie due aux pneus peut aller jusqu’à 30 %.



Michelin n'a toutefois pas le monopole de la performance sur ce terrain. Bridgestone est par exemple le partenaire de Nissan pour la Leaf et de BMW pour la i3. Pour sa part, Goodyear expose un prototype de pneu conçu pour réduire le bruit de roulement. Il a été développé dans le cadre du projet CityHush de l’Union Européenne, dont l'objectif est de créer des zones de tranquillité dans lesquelles seuls les véhicules électriques seront autorisés, avec des niveaux de bruit à ne pas dépasser. Le fabricant américain va donc s'efforcer de réduire le bruit de la circulation, en travaillant sur l’interaction entre les pneumatiques des véhicules et le revêtement de la chaussée. L'amplitude et la fréquence de ce bruit dépendent de plusieurs paramètres comme la composition du revêtement, la dimension des pneumatiques, les matériaux qui les composent, leur construction et le dessin de bande de roulement.

*CityHush installera des zones de tranquillité dans cinq villes européennes : Bratislava (Slovaquie), Bristol (Royaume-Uni), Essen (Allemagne), Göteborg (Suède) et Stockholm (Suède).


Par ailleurs, Continental profite du salon de Genève pour présenter son premier pneu hiver pour véhicules électriques. Il va sortir en 2013 et c'est une première mondiale. Le manufacturier allemand, qui chausse par ailleurs d'origine la Renault Twizy, a développé une gamme eContact qui peut aussi résister au froid et aux sols à faible adhérence. Le challenge est encore plus grand l'hiver car les voitures consomment plus d'énergie pour le chauffage et l'éclairage. En même temps, les pneus pour véhicules électriques, qui offrent une moindre résistance au roulement que les pneus conventionnels, doivent aussi se montrer performants pour le freinage et la tenue de route. Ce pneu sera d'abord produit pour des roues de 20 pouces, pour les futurs véhicules électriques et hybrides.