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Michelin : l'innovation au coeur du pneu (deuxième partie)

Après la présentation hier des nouveaux produits, dont l'Energy Saver +, voici l'occasion de présenter comment le manufacturier élabore ses gommes. Figurez-vous que le pneu est un produit composite de haute technologie qui réunit 200 composants distincts, parmi lesquels des élastomères, des plastifiants, des adjuvants de synthèse, des charges renforçantes, des renforts métalliques, des renforts textiles. La recette du pneu idéal, qui freine mieux, roule plus longtemps et fait économiser du carburant, relève de la haute cuisine.


Voici une vidéo qui permet de mieux comprendre les contraintes subies par un pneu :

 

Il faut savoir que l'innovation fait partie de l'ADN de Bibendum. Au niveau mondial, quelque 6 000 personnes (chercheurs, ingénieurs, chimistes…) travaillent sur les matériaux, la conception, le design et l’industrialisation des pneus du futur. Le spectre de ces activités est très large, allant de la compréhension des phénomènes fondamentaux chimiques et physiques, en passant par la création et le test de prototypes, et enfin la faisabilité de la production dans les usines. L’organisation de la recherche sur trois continents permet de développer la connaissance des usages locaux. Elle facilite aussi la collaboration externe avec les meilleurs laboratoires de recherche et les partenariats techniques qui apportent des compétences complémentaires.


En résumé, la recherche chez Michelin, c'est :
- 595 millions d'euros par an en R&D
- 350 métiers différents 400 outils de simulation
- 700 méthodes de mesure
- 75 000 essais
Les essayeurs totalisent 1,8 milliard de km par an, soit un tour de la terre toutes les 12 mn en moyenne.

Pour Michelin, il faut se fixer un seuil de 50 g par km en 2040

Cité par nos confrères du site Autoactu.com, l'un des meilleurs experts de Michelin, le docteur Patrick Oliva dit en substance que l'industrie automobile est mal partie pour respecter l'objectif de 95 g par km de CO2 en 2020 et qu'il faut redoubler d'efforts au cours de cette décennie, si on ne veut pas réchauffer le climat de la planète de plus de 2 degrés en 2100*. La solution serait de se fixer un seuil de 50 g/km de CO2 en 2040 ce qui est techniquement possible avec des véhicules très optimisés.



Qui est Patrick Oliva ? C'est le directeur prospective et développement durable de Michelin. On lui doit notamment le Challenge Bibendum, dont il est l'un des artisans. J'ai eu l'occasion de travailler avec lui sur quelques éditions de cet évènement unique en son genre, et qui consiste justement à évaluer les solutions de l'avenir. M. Oliva est également membre du conseil industriel de l’Agence internationale de l’énergie (AIE, dépendant de l’OCDE). Ce qu'il nous dit, c'est que l'année 2017 est une année charnière. Dans 5 ans, si rien ne change, on aura peut être atteint un point de non retour. Il faut donc "poursuivre les progrès le plus loin et le plus vite dans l’efficience des moteurs et rechercher des voies alternatives au carburant pétrole. Il ne s’agit pas de l’éliminer mais d’en consommer moins dans les véhicules. Les progrès accomplis ont été considérables et nous en avons encore sous le pied".


Les solutions passent par l’allègement des véhicules, le recours à des sources d’énergie à moindre empreinte (dont l'hybridation, le véhicule électrique et sans doute l'hydrogène dans lequel Michelin s'investit), des pneus encore plus écologiques, le développement des réseaux intelligents, ou encore un partage plus important de la voiture dans les villes. A ce stade, l'évolution passe sans doute par une réflexion mondiale et pas seulement européenne. Je pense aussi qu'il est nécessaire d'avoir des procédures d'homologation plus réalistes.

*L'hypothèse basse du GIEC, la plus pessimiste évoquant une hausse de 6 degrés.

Bridgestone invente le pneu à décorer

L’innovation se cachait dans les pneus cette année au salon de Genève. J’aurai l’occasion d’y revenir dans les prochains jours, mais je voulais d’abord vous parler d’une technologie présentée par Bridgestone et qui me paraît tout à fait pertinente. Il s’agit d’un procédé d’impression qui permet de décorer en toute liberté le flanc de ses pneus. Le fait d’introduire de la couleur et de la fantaisie est une approche plutôt festive, dans un secteur qui – en apparence – est plutôt banal (le pneu est noir et sale). Et c’est un outil de communication qui va permettre à la marque japonaise de se distinguer de la concurrence.

Regardez plutôt la vidéo. Car, les motifs sont aussi agréables à l’œil quand le pneu tourne.

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Bien sûr, on a déjà vu des pneus de couleur dans le passé… Michelin en a fait aux Etats-Unis et ce procédé a aussi été utilisé pour des présentations de Formule 1, ou encore sur des concepts cars dans les salons. On peut ainsi obtenir un pneu bleu ou vert. Mais, dans ce cas, la couleur est mélangée dans la gomme. On a déjà vu aussi des flancs de couleur blanche par exemple : un procédé courant dans le vélo.


La différence, dans le cas de Brigestone, vient du fait que le pneu a une gomme spéciale et plus souple au niveau du flanc. Le manufacturier a en fait développé en interne un procédé d’impression (dont l’esprit se rapproche des transferts sur les t shirts) qui permet d’apposer une image ou des motifs. C’est un travail fait main et dont le résultat est particulièrement soigné. Ensuite, une couche de protection est apposée pour protéger la décoration du pneu contre la pluie et les agressions de la route.


Pour le moment, il ne s’agit que d’un concept, mais Bridgestone va faire tester ces pneus par des clients sélectionnés dans plusieurs régions du monde au cours de cette année. En fonction des retours, le fabricant de pneus japonais décidera si ce concept doit se concrétiser ou non. Si tel était le cas, le procédé serait alors proposé sur le marché du remplacement, et pourquoi pas alors par le réseau First Stop qui lui appartient. Le client se verrait proposer la personnalisation de ses pneus. Et il n’aurait qu’à sélectionner un modèle sur ordinateur ou fournir les éléments. On peut aussi imaginer de la pub sur des véhicules de société.
Ce procédé de décoration a en tout cas séduit les constructeurs, qui imaginent déjà des pneus qu’ils pourraient décorer de motifs à leurs noms, même si a priori la technique n’est pas compatible avec des pneus d’origine.