Tampilkan postingan dengan label Bluecar. Tampilkan semua postingan
Tampilkan postingan dengan label Bluecar. Tampilkan semua postingan

Toulouse et sa région s'affirment dans le véhicule intelligent, connecté et électrifié

Hier, j'étais à Toulouse pour la première convention d'affaires d'Automotech, un cluster labellisé par la PFA (Plateforme de la Filière Automobile) et qui vient de fêter son premier anniversaire. La manifestation, placée sous le signe de l'électromobilité et des nouveaux usages, et sur laquelle je reviendrai un peu plus loin, était l'occasion de mieux faire connaître les compétences de la région. Quand on parle de Toulouse, on pense d'abord à Airbus et à la filière aéronautique (voire spatiale), mais l'électronique automobile y est très présente depuis plus d'une trentaine d'années.



Continental Automotive est la société la plus représentative. La filiale française de l'équipementier allemand (qui autrefois s'appelait Siemens VDO) a son siège à Toulouse et a des usines dans la région. Elle collabore notamment avec Renault, en fournissant les moteurs électriques (y compris sur la Zoé).


L'autre acteur clé est l'équipementier Actia. Spécialiste de l'électronique, c'est lui qui - avec le concours de Leroy Somer - fournit la chaîne de traction et l'intelligence de la célèbre Bluecar de Bolloré. Un partenariat qui pourrait avoir des conséquences pour la ville de Toulouse. J'y reviens juste après.


Agrégeant une quarantaine de membres, le cluster Automotech souhaite donc fédérer les entreprises de la région (sous l'impulsion de Midi Pyrénées Expansion), du deux roues à l'utilitaire léger. Le mot d'ordre est de favoriser, autant que possible, la compétence locale. Or, on trouve à la fois des fabricants de véhicules, des fournisseurs de composants et même des fabricants de bornes de charge (à l'image du groupe Cahors avec ses bornes communicantes).


Autre exemple : le Businova de Safra. Ce bus électrique multi-hybride (électrique, hydraulique et thermique), qui revendique 200 km d'autonomie, peut transporter 90 personnes. Il est fabriqué en France et plus précisément à Albi.


Toulouse cherche en fait sa place. La ville rose voit d'autres métropoles régionales passer à l'électrique, comme Bordeaux qui va adopter Autolib' tout comme Lyon (des contacts seraient en cours au niveau de la mairie). De l'autre côté des Pyrénées, Barcelone a une stratégie très intéressante avec une réflexion sur le taxi et le bus électriques, ainsi que sur le véhicule partagé, qui prendra la forme d'une offre de location de scooters électriques avec un fabricant local. Aujourd'hui, Toulouse a un service d'autopartage baptisé Mobilib' et avec des véhicules thermiques. La ville a aussi expérimenté la technologie NFC (Near Field Conmmunication) pour remplacer la clé de contact par un smartphone sur la voiture partagée.


C'est d'ailleurs une version plus évoluée que Continental a présentée lors de la convention Automotech. Le smartphone sert à la fois de sésame électronique et de co-pilote électronique, une application avec GPS ayant été développée par l'équipementier pour faciliter l'usage du véhicule électrique partagé. Elle est en test à Bordeaux avec Veolia.

Voir le diaporama :

 

Les technologies de l'information sont d'ailleurs l'un des atouts de Toulouse et sa région. On y trouve par exemple la société Lyberta, une "spin off" issue du CNES et spécialisée dans la géolocalisation des places de parking (via des sondes communicantes).


A l'occasion d'Automotech, elle a présenté le concept Statiolib, qui comme son nom l'indique est une solution d'aide au stationnement public. Via son smartphone, on peut trouver plus facilement une place (la place libre remontant l'info à un serveur).


Ce ne sont pas les idées qui manquent. Il y a toutes les briques, mais encore faut-il trouver l'opérateur qui saura mettre en musique tous ces concepts. Lors d'une table ronde, Actia a suggéré de rééditer l'expérience de Rockfeller qui avait su imposer un carburant (à partir du pétrole de la Standard Oil) et contribuer ainsi à l'essor de la Ford T. Bolloré pourrait jouer ce rôle en France en investissant dans les bornes et le service de mobilité.


Et pour boucler la boucle, signalons au passage que le savoir-faire de l'automobile va bénéficier à l'aéronautique à Toulouse (tout comme le transport ferroviaire et terrestre). Continental dispose en effet d'une filiale chargée de valoriser son savoir-faire (motorisations électriques et hybrides, capteurs, systèmes d'aide à la conduite) dans d'autres secteurs d'activité. C'est ainsi que des avions pourraient par exemple dans le futur rouler en mode électrique sur le tarmac de l'aéroport de Blagnac avec de la technologie "made in Toulouse".

Renault Zoé : vraiment moins chère à l'usage (deuxième partie) ?

Après le comparatif entre la Zoé et la Clio IV 1,2 L 75 ch authentique, qui comme on l'a vu tournait à l'avantage de la version thermique, en raison du coût des batteries et de la wall box indispensable à la recharge domestique, je vous propose maintenant de comparer la Zoé à la Bluecar. Le groupe Bolloré propose en effet une version pour le grand public de la voiture bien connue des franciliens et dont 1800 exemplaires circulent sous les couleurs d'Autolib'. C'est la voiture électrique dont elle est finalement la plus proche, que Renault le veuille ou non.


La version pour les particuliers est proposée à 12 000 € (bonus déduit), soit 1 700 € de moins que la Renault.



C'est une 4 places avec seulement 2 portes. Son autonomie varie de 150 à 250 km selon le parcours. Dotée d'une boîte auto avec trois modes de fonctionnement (normal, sport et ice pour la neige), elle est aussi équipée d'un GPS et d'un bouton d'appel d'urgence relié au centre de contrôle d'Autolib' à Vaucresson. Par contre, pas d'ABS (pour le moment) et un seul airbag conducteur. Il n'y a pas de clim' non plus (un rafraîchisseur à la place).


Assurer une Bluecar n'est pas une sinécure. Pour le moment, on ne trouve que deux assureurs qui prennent "en charge" la voiture : Swiss Life pour les particuliers et Zurich Assurances pour les pros (800 € par an). Il est sans doute plus sage d'opter pour la location sur 20 mois*, assurance comprise. Pour l'entretien, Bolloré a passé un accord avec des garages locaux. La Bluecar doit suivre un check up tous les 10 000 km.


Comme chez Renault, la batterie est proposée à part et en location, à 80 euros par mois (kilométrage illimité). Notons au passage que sa capacité est plus élevée (30 kWh contre 22 pour la Zoé) et que ses performances ont été validées en usage intensif sur Autolib'. Le forfait inclut l'assistance et le dépannage de la batterie. Cette dernière est remplacée au bout de 400 000 km et plus tôt si nécessaire.


Bolloré facture en option une Bluebox (995 euros) qui permet de charger à domicile. Cette dernière permet de refaire le plein en 8 h avec une prise 220 v en mode 16 ampères (moitié moins, 4 h en 32 ampères). On peut également commander en option un câble de recharge (700 euros) pour se brancher sur le 220 volts. Ce qui est impossible sur la Zoé.


La Bluecar n'est pas plus avantagée que la Zoé au niveau de la recharge publique. Du moins, en apparence. Le client de la voiture de Bolloré doit aussi s'acquitter de 15 € d'abonnement par mois pour pouvoir se recharger sur les bornes d'Autolib'. Par contre, la Bluecar peut se recharger sur n'importe quelle borne du réseau, alors que la Zoé doit se rabattre sur les bornes tiers. Or, il n'y en a pas beaucoup : 220 seulement dont 204 sur Paris. De plus, la durée maxi d'utilisation est de 2 h et 15 mn et les recharges sont facturées en sus.


Au niveau des services, il n'y a pas photo. Si la Bluecar a un système de navigation, la Zoé propose bien plus de services. Elle intègre la liste des bornes de recharge en standard et propose (en supplément selon les versions) la possibilité de contrôler la charge à distance par smartphone. Il y a aussi toutes les applications R-Link, gratuites ou payantes.


Si l'on se replonge dans les calculs, on obtient donc (hors assurance et entretien, prix + location de batteries + wallbox + coût de l'énergie) sur 4 ans : 19 352 € pour la Zoé et 17 835 € pour la Bluecar. Là encore, ce n'est qu'une moyenne.


En conclusion, la Zoé n'est pas forcément la moins chère. Et ce, malgré un bonus passé de 5 000 à 7 000 euros (et dont on ne sait pas combien de temps il sera maintenu). Mais, elle est de loin la mieux équipée par rapport à ses deux rivales et celle qui propose le plus de prestations. Est-ce que sera suffisant pour autant ? Réponse dans les prochains mois.

*Le client peut se désengager au bout de trois mois.

Premier anniversaire pour Autolib'

Le service d'autopartage de voitures électriques sur Paris et sa région a tout juste un an aujourd'hui. Un évènement qui a été en fait célébré la semaine dernière en présence de Bertrand Delanoë, le maire de Paris, du Président du syndicat mixte Autolib' Julien Bargeton (par ailleurs maire adjoint chargé des déplacements, des transports et de l'espace public) et bien sûr de Vincent Bolloré. L'industriel breton ne boude sans doute pas son plaisir d'avoir réussi son pari : celui d'avoir démontré la faisabilité technique de ses batteries. Au passage, Autolib' - qui est la plus grande expérience au monde dans ce domaine avec 1750 voitures électriques et 720 stations (3000 bornes de recharge à ce jour) - fait la démonstration qu'il répond bien à une demande et qu'on peut satisfaire ces besoins sans l'aide des constructeurs classiques.



C'est sans doute le point qui intrigue le plus le petit monde de l'industrie automobile. Comment se fait-il que les parisiens et les franciliens acceptent de rouler dans un véhicule même pas peint, dont le design (bien que réalisé par Pininfarina) n'est pas aussi élaboré que sur les véhicules des constructeurs français, à la finition spartiate et dénué de tous les artifices (phares à LED, aides à la conduite) qui en font "une vraie voiture" ? Et en plus, la Bluecar n'est même pas arrivée en retard, contrairement à ce que pronostiquaient beaucoup d'acteurs. Comme le raconte très bien le site Innovation et Mobilité**, qui a assisté à une table ronde sur la voiture servicielle lors des Mov'eo Days, il y a une rupture qui s'opère. Les constructeurs restent persuadés qu'il faut des véhicules Premium, promus à grand renfort de marketing, alors que la demande semble évoluer vers un service de mobilité, où le moyen de transport se résume finalement à un volant et quatre roues.


Si le million de courses sera peut être atteint en fin d'année (plus de 800 000 à ce jour, soit 7,6 millions de km en mode électrique), il est à peu près acquis que l'équilibre sera atteint 2014, avec 4 ans d'avance. De plus, au moins deux villes sont sur les rangs pour dupliquer le modèle (une en Europe et une en Asie qui est a priori Séoul). Comme on le dit chez Bolloré, il faut être un peu fou pour s'être lancé dans une telle aventure. Mais, c'est une bonne leçon donnée aux constructeurs classiques qui n'ont pas encore compris (ou ne veulent pas comprendre) que l'avenir est à la voiture partagée et qu'il va falloir repenser le modèle économique du toujours plus.

*A terme, il y aura 3000 voitures et 1100 stations, soit 4000 bornes.
**Lien : http://innovation-mobilite.fr/2012/11/21/les-constructeurs-concevront-ils-le-vehicule-du-futur/

Bolloré trace sa route dans l'électrique

Vendredi dernier, j'ai été invité à une conférence de presse de Vincent Bolloré au siège d'Autolib' à Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine. C'est ici, où se trouve également le siège de Bolloré Energie, que l'on suit à distance les voitures et que l'on communique aussi avec les abonnés. L'industriel breton voulait faire l'annonce d'un nouveau prêt de 75 millions d'euros de la BEI (Banque Européenne d'Investissement) pour ses activités électriques. Pas vraiment le genre de conf' où on invite des blogueurs*. Dans l'assistance, on trouvait plutôt de la presse économique et des analystes financiers.


Le prêt, qui est le second** du genre, va servir en fait à financer le déploiement d'Autolib' qui est à ce jour l'expérience à plus grande échelle au monde de location de voitures électriques. Un concept novateur et qui nécessite aussi un peu d'informatique pour que cela puisse fonctionner, avec des stations et des places de parkings connectées. Bolloré a donné quelques chiffres, alors que les premières Bluecar ont arpenté pour la première fois le bitume parisien il y a à peine plus d'un an. Ainsi, le service a passé le cap des 592 000 locations. Il compte 39 000 clients (dont 14 000 Premium) pour 1750 voitures en service et 720 stations d'accueil (dont 200 hors de Paris). Et tout cela par bouche-à-oreille.
A ce rythme là, Vincent Bolloré estime que l'équilibre pourrait être atteint dès avril 2014 (au lieu des 7 à 8 ans initialement prévus). A Vaucresson, un compteur égrène en temps réel le nombre de locations et les kg de CO2 ainsi économisés.


Vincent Bolloré, que je connais un peu, était en grande forme. Non sans malice, il a rappelé qu'il n' y avait pas pire "stress test" pour les batteries et pour une voiture électrique que la location en libre-service. Avec son mordant habituel, il a aussi lancé que sa part de marché était de 32 % du marché français et de 5 % au niveau mondial par rapport aux VE en circulation. Il a également mis les rieurs de son coté en déclarant que le nouveau responsable désigné par le gouvernement pour coordonner l'installation des bornes de recharge en France, un certain Mr Hirtzman, n'avait pas encore contacté Autolib', alors que le service a déployé 4000 bornes de recharge sur les 5500 recensées en France.
L'industriel breton n'a pas résisté non plus à l'envie de se moquer de Shai Agassi, l'ex patron de Better Place (que la BEI a aussi financé), en soulignant qu'il ne croyait pas au modèle de l'échange de batteries, pas plus d'ailleurs que la charge ultra rapide au coeur des villes avec un courant de 400 000 volts.


L'actualité, chez Bolloré, c'est aussi la sortie de la Bluecar pour les particuliers. On a pu découvrir au Mondial cette version, de couleur bleue. Le choix a été de proposer un forfait mensuel, d'un montant de 500 euros. Il se décompose en un loyer de 300 euros par mois pour la voiture et de 200 euros pour un ensemble de services, dont l'accès aux bornes d'Autolib' et l'assistance. Bolloré ne prend pour le moment que les commandes de clients habitant en Ile-de-France. Une centaine de voitures seront livrées d'ici la fin de l'année  et un millier d'autres sont prévues en 2013.


Ayant fait la démonstration que ses batteries fonctionnent, Bolloré aimerait bien pouvoir convaincre un constructeur automobile de l'accompagner. Mais, il ne veut pas se contenter d'un seul rôle de fournisseur, mis en concurrence avec d'autres et obligé de négocier le prix du kWh. L'industriel breton aimerait plutôt devenir partenaire pour mieux monnayer son savoir-faire. Mais, peut-il réussir là où un Dassault*** a échoué avant lui ?


En attendant, les batteries Batscap fournissent les minibus électriques de Gruau. On en dénombre une cinquantaine en France, dont certains pour la desserte du Mont Saint-Michel.


Bolloré, qui veut mettre en bourse ses activités liées aux véhicules électriques en 2013, va aussi lancer des offres à domicile avec des batteries permettant de stocker à domicile de l'électricité produite à partir de panneaux solaires.

Voir le diaporama : http://s.joomeo.com/50796aad75e9b

*Quelle ne fut pas ma surprise de recevoir il y a quelques jours de la part d'une société qui fait du "inbound marketing" un lien pour copier une vidéo sur Autolib' et la mettre sur ce blog. Une interview de Morald Chibout, le patron du service chez Bolloré (que je connais par ailleurs), prête à diffuser. Encore des as de la com' qui ont tout compris...
**La BEI avait déjà prêté à Bolloré 130 millions d'euros pour le financement des travaux sur la batterie lithium-métal-polymère.
***Ses brevets ont été rachetés par Dow Kokam. J'ai appris que Serge Dassault aurait réclamé à Carlos Ghosn, en échange de sa techno de batteries, 3 % du capital de Renault à l'époque.

Autolib' et Car2Go vont-ils devoir changer de nom ?

Le service de location de voitures électriques en libre-service Autolib' va devoir changer de nom, suite à une plainte déposée par Europcar qui y voyait une contrefaçon de sa marque AutoLiberté, et qui a obtenu de la justice l’annulation de la marque en appel, après avoir été débouté une première fois. "Convaincue qu'il n’y a aucune confusion possible entre les marques Autoliberté* et Autolib', déclinaison du Vélib', la Ville de Paris va se pourvoir en cassation. Pour sa part, le groupe Bolloré, qui est concessionnaire jusqu’en 2023, prendra toutes les mesures nécessaires (changement des stickers sur les voitures, les bornes, les abris, des badges abonnés, des outils de communication…) pour réaliser le changement de nom au cas où cela s’avérerait nécessaire. Mais, cela ne changera rien au service lui même, qui est plébiscité par plus en plus de parisiens.



Autolib’ est déjà "un très grand succès technologique et commercial" affirme le groupe Bolloré, qui met en avant une flotte de 1 800 voitures 100% électriques, connectées par ordinateur à un centre opérationnel d’assistance ouvert 24h/24, et dont la technologie de batterie (technologie lithium-métal-polymère) a ainsi démontré son autonomie et sa résistance. Mais surtout, le service a déjà séduit, après 7 mois d’existence, 24 000 abonnés, dont 8 000 à l’année. Plus de 250 000 locations ont été effectuées, représentant plus de 2 millions de kilomètres. Aujourd’hui plus de 3 000 utilisations sont faites quotidiennement.


La même mésaventure est arrivée à Daimler avec son service Car2Go à Lyon. Les 200 Smart de couleur blanche et bleue proposées en auto partage, et qui sillonnaient les rues depuis février dernier sont retournées au garage. C'est le résultat d'une décision de justice qui contraint le service à changer de nom pour cause de concurrence déloyale, suite à une plainte du loueur Car'Go. Le nom Car2Go a été déposé au niveau international**, mais n'avait jamais été utilisé jusqu'à présent en France. Opéré par Daimler et.. Europcar (!), le service pourrait cependant réapparaître ultérieurement. L'expérience est positive à Lyon et le groupe allemand va sans doute explorer des voies légales de recours.
On peut se demander quelles sont les motivations de ces loueurs qui ne proposent pas du tout les mêmes prestations. Pour la petite histoire, il existe à Lyon depuis 2008 un service d'auto partage qui a pour nom Autolib' et qui, lui, n'a pas été inquiété par la justice.

*C'est un service destiné aux citadins qui souhaitent pouvoir disposer d’une voiture à la carte à travers un système d’abonnement très souple, tout en réalisant des économies. Il compte, selon Europcar, 4.000 abonnés en France.
**Le service est opéré aux Pays-Bas (Amsterdam), en Allemagne (Berlin, Düsseldorf, Hambourg, Ulm), en Autriche (Vienne), en Grande-Bretagne (Birmingham), aux USA (Austin, Miami, Portland, San Diego, Washington DC), au Canada (Calgary, Toronto, Vancouver).

BeyondZero : les solutions de SKF pour réduire le CO2

En Touraine, le géant suédois SKF dispose d'un site spécialisé dans les roulements, les capteurs et les joints, qui travaille entre autres pour l'automobile et au niveau mondial. L'usine est à Saint-Cyr-sur-Loire et j'y ai été invité hier, pour une présentation de l'initiative Beyond Zero. La stratégie, initiée en 2006, consiste à développer des produits qui réduisent la consommation d'énergie (et dont le business va être multiplié par 4 d'ici 2016). Nous allons faire un petit tour d'horizon de ces produits, qui s'adressent aussi bien aux véhicules thermiques qu'aux hybrides et aux voitures électriques.


Dans une voiture moderne, on trouve 80 à 100 roulements. On les trouve au niveau des roues, de la transmission, de la direction, du moteur, de l'embrayage, de la suspension et des moteurs électriques. Par exemple, SKF fournit sur les systèmes Stop & Start le roulement de détection de position rotor. C'est une pièce essentielle dans les alterno-démarreurs de Valeo, qui contribuent à réduire la consommation de carburant et des émissions de CO2 jusqu'15 % en ville. Sur la base d'un kilométrage annuel de 14 500 km, cette solution représente une réduction annuelle de 75 kg de CO2.


Nous avons aussi appris hier que SKF travaille avec Bolloré. La célèbre Bluecar d'Autolib' utilise des roulements à billes en céramique et des capteurs, adaptés à la transmission électrique. Le groupe breton, qui se charge de l'intégration des composants, a appelé en direct l'équipementier. Par la suite, SKF a livré ses composants à Leroy Somer, qui fournit le moteur électrique de la Bluecar.



A propos de voitures électriques, SKF a développé une solution spécifique pour les constructeurs. Le roulement à billes eDrive a été développé à partir du roulement rigide à billes éco-énergétique de la gamme (et connu sous le nom d'E2). Il répond aux besoins spécifiques des moteurs électriques à densité de puissance élevée, destinés aux véhicules électriques et hybrides. Ce roulement à billes réduit les frottements (de 20 à 30 %) et favorise la dissipation de la chaleur, ce qui se traduit par une augmentation du rendement (+ 1 %) et des vitesses (+ 30 à 40 %) de fonctionnement des moteurs électriques.
Tous ces avantages combinés se traduisent par un allongement de la durée de service des véhicules électriques et hybrides.


Pour moi, l'information la plus intéressante est l'arrivée programmée des roulements dans les turbos. L'idée est de remplacer les paliers à huile par une pièce très petite (elle tient dans la main) et qui permet d'obtenir à la fois une réponse plus immédiate à l'accélération et de réduire les émissions de CO2 de 3 %. Elle est, de plus, idéale pour le démarrage à froid (réduisant au passage la pollution HC et CO) et compatible avec les systèmes Stop & Start. La solution, bien que plus chère, intéresse beaucoup les constructeurs, en particulier les allemands. Elle pourrait arriver sur le marché d'ici deux à trois ans sur des moteurs diesel. Des protos roulent déjà. La technique devrait d'ailleurs être étendue aux utilitaires et aux poids lourds. Songez que ce roulement tourne à... 250 000 tours/mn. Soit, 4000 tours par seconde.


De façon plus classique, SKF développe aussi des joints à faibles frottements pour moteurs. Ceux-ci sont réduits de 55%, ce qui - sur un moteur à essence - permet d'économiser 1 g de CO2 par kilomètre. Par ailleurs, l'équipementier fournit aussi des roulements de roues ultra légers. Utilisés sur un véhicule utilitaire léger, ils permettent de réduire les émissions de CO2 de 0,25 gramme par kilomètre. Soit, un gain potentiel de 3,6 kg par an.