Audi lance une famille autour des énergies alternatives

Tout le monde connaît le label e-tron qui désigne chez Audi les véhicules électrifiés. La marque aux anneaux ouvre un nouveau chapitre avec g-tron, qui va s'appliquer en fin d'année sur l'A3 Sportback. Cette version roulera à la fois à l'essence et au e-gas (gaz synthétique). Audi prévoit même de lancer la famille f-tron un peu plus tard, quand ses voitures rouleront aux carburants synthétiques. Voici la stratégie du constructeur pour les énergies alternatives.



Ce que je vais vous dire est issu de deux entretiens que j'ai eus sur le stand Audi au salon de Genève avec des spécialistes de la marque. Commençons d'abord par e-tron. Ce nom fait sourire les français car il n'est pas très flatteur, même si le nom sonne bien en anglais. Le pire est que tron ne veut rien dire. Enfin bon, Audi a décidé d'abandonner pour le moment le tout électrique (pas d'amélioration sensible des batteries avant 10 ans pour la marque). Elle se recentre donc sur l'hybride rechargeable, avec une A3 Sportback e-tron qui sera lancée début 2014. La voiture proposera 50 km d'autonomie, avec une batterie se rechargeant en deux heures et demie (avec une wall box à 3,6 kW) ou... en roulant.
Typé Premium et confort, avec une habitabilité préservée, ce modèle sera proposé à 38 000 euros.


Toujours sur la base du même véhicule, l'A3 Sportback, la marque aux anneaux entend lancer une version g-tron à 95 g de CO2 par km, qui propose une autonomie de 900 km, dont 400 au gaz naturel. Ce modèle intègre deux réservoirs de 27 kg chacun, placés sous le coffre à bagages et pouvant stocker chacun sept kg de gaz à une pression maximale de 200 bars. Ils sont très sûrs, grâce à une double couche intérieure (en polyamide étanche au gaz et une autre en matériau composite renforcé aux fibres de carbone) et grâce à une couche extérieure en matériau composite aux fibres de verre. L'A3 Sportback g-tron embarque par ailleurs un régulateur de gaz électronique. Compact et léger, ce système réduit la pression du gaz à la sortie du réservoir en deux étapes jusqu'à cinq à neuf bars. Ainsi, la pression peut varier pour répondre aux sollicitations du conducteur, selon qu'il privilégie la conduite économique ou sportive. Dès que la pression dans le réservoir descend au-dessous de dix bars, la gestion moteur passe d'elle-même en fonctionnement à l'essence. Et les performances sont toujours identiques, que l'A3 Sportback g-tron roule à l'essence ou au gaz.



Pourquoi un tel attrait pour le gaz ? C'est évidemment lié aux contraintes de CO2 par rapport à l'objectif de 95 g fixé par l'Europe en 2020. Le gaz fait partie des énergies alternatives poussées par l'Europe et le réseau de ravitaillement est bien développé en Allemagne. Mais, cela fait surtout suite à un projet ambitieux, dont nous avons déjà parlé ici et qui fait d'Audi le premier constructeur automobile à créer une filière énergétique durable. Qu'est-ce que le projet e-gas ? A partir d'éoliennes en Basse-Saxe, qui fournissent de l'électricité renouvelable, stocké sous forme d'hydrogène, une installation industrielle produit du méthane synthétique à partir de CO2. Ce gaz, certifié vert, est identique au méthane classique (CH4) au niveau des performances.

Voir l'animation vidéo :



L’usine d’Audi, qui va ouvrir cette année, devrait produire 2000 tonnes de méthane par an. De quoi alimenter 3000 véhicules g-tron. Ce gaz sera ensuite injecté dans le réseau et accessible dans les stations-services. La marque aux anneaux aimerait convaincre les pouvoirs publics de prendre en considération le bilan complet du puits à la roue. C'est ce que fait par exemple l'ADAC (le puissant automobile club allemand) depuis 2012, en affichant le bilan complet du CO2 pour chaque nouveau modèle. Selon cette règle, l'A3 Sportback g-tron n'émettrait alors que 30 g par km, au lieu de 95.


Audi a même une autre idée, assez géniale, qui consiste à fabriquer des carburants synthétiques à partir de CO2 et d'eau salée. En partenariat avec la société américaine Joule, spécialisée dans la production de carburants de synthèse sans recourir à la biomasse, un site industriel a été ouvert aux USA* pour fabriquer de l’éthanol. Les carburants sont obtenus à partir de micro bactéries, en utilisant la photosynthèse et un codage génétique.

Rappelons le principe :

 

Les véhicules utilisant ces carburants seraient baptisés du label f-tron.


Pour le moment, les pétroliers réservent un accueil plutôt frais. Cela ne les intéresse pas, alors qu'Audi table sur un baril à 100 $ avec un produit fini (et non le pétrole brut). Le constructeur, qui essaie de mobiliser les autorités publiques sur ce dossier aux Etats-Unis, sera peut-être tenté un jour de distribuer lui même ces carburants. Si l'on suit la même logique de bilan CO2, l'A3 Sportback e-tron verrait son seuil passer de 35 à 15 g par km.


A la limite, Audi qui fabrique de l'hydrogène serait bien placé pour ses futurs véhicules à pile à combustible. Sauf que pour le moment, le bilan CO2 n'est pas du tout bon à cause de l'acheminement du "carburant" jusqu'aux stations, faute d'un réseau de pipe-lines.

*Dans le désert du nouveau Mexique, à 1 h 30 de Houston.

Retour sur la technologie Hybrid Air de PSA à Genève

A l’occasion du salon de Genève, j’ai rencontré Karim Mokkadem, le chef du projet Hybrid Air chez PSA. Cette technologie était présentée sur deux véhicules : le nouveau 2008 chez Peugeot et une C3 VTi 68 chez Citroën. On va s’arrêter quelques instants sur cette marque, car les ingénieurs avaient réfléchi dès 1958 au couplage entre l'hydraulique et l’air comprimé sur la 2 CV. Et tout ce qui avait consigné à cette époque a été scrupuleusement suivi par la direction de la recherche de PSA, plus de 50 ans plus tard. Ce qu’avait dit à l’époque Paul Magès, le créateur de la suspension hydropneumatique, prenant acte de l’absence d’un marché pour un tel procédé, c’est qu’il fallait améliorer les composants, soigner l’acoustique et améliorer le contrôle de ce type de technologie hybride.



Sur le premier point, PSA a d’abord tâtonné en récupérant des composants hydrauliques en provenance de l’aéronautique (et en particulier d’Airbus). Ce n’est qu’ensuite que le groupe français a décidé de se tourner vers Bosch, un industriel présent dans ce marché et qui connaît particulièrement bien l’automobile. Le hasard fait que Bosch avait testé de son côté l’hybride à air comprimé sur une… Citroën C4 ! Et diesel de surcroît… Aujourd’hui, les deux partenaires discutent de l’industrialisation de tous ces composants hydrauliques, qui doivent se conformer aux exigences en vigueur dans l’automobile.


En ce qui concerne le son, Karim Mokkadem est clair : l’Hybrid Air va faire du bruit. Rien à voir avec la transition tout en douceur de l’Hybrid4 entre le diesel et l’électrique, le conducteur pourra distinguer à l’oreille qu’il roule à l’air comprimé. Toutefois, PSA a déjà la parade. Le groupe, qui a un labo dédié à l’acoustique, entend personnaliser cette signature sonore. Un procédé qui n’existait pas à l’époque de la 2 CV.


Le troisième point concerne le contrôle. Le secret réside dans la gestion de la boîte de vitesses (la fameuse boîte à train épicycloïdal), dont PSA ne donne pas de détail. Ce qu’il faut retenir, c’est que la technologie Hybrid Air permet de recharger le réservoir d’azote en seulement 10 secondes (le temps d’une décélération). L’air comprimé permettra de propulser la voiture pendant une distance de 500 m au maximum. Et pour ceux qui se demandent encore pourquoi le groupe a choisi l’hydraulique avec air comprimé plutôt qu’une batterie, c’est aussi parce que le rendement est meilleur (entre 95 et 99 %).

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PSA, qui a essuyé autant de critiques très négatives pour ce concept que de commentaires enthousiastes, demande qu’on le juge dans sa globalité. Ainsi, le moteur essence 3 cylindres n’a absolument pas été modifié pour l’hybridation.


Autre information : une road map a été définie avec Bosch pour améliorer encore le système, que ce soit au niveau du poids et des performances. PSA aime citer l’exemple de Toyota avec la Prius, qui a réussi à miniaturiser sa chaîne de traction hybride au point de l’intégrer sur la Yaris.

Toyota i-Road : une future star des villes ?

Plus pratique que le Twizy, aussi étroit et maniable qu'un deux-roues (un peu dans l'esprit du mythique BMW C1), avec en prime un système qui gère l'inclinaison dans les virages, le concept i-Road représente la synthèse du véhicule urbain idéal. Ses dimensions : 2,35 m de long, 1,44 m de haut et surtout une largeur ultra-réduite de 0,85 m, du même ordre de grandeur qu’un deux-roues classique. Le i-Road va pouvoir se faufiler entre les files de voitures en mode zéro émission.
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Depuis que Renault a sorti le Twizy, dont le cahier des charges (ou plutôt son absence) reste un mystère, bon nombre de constructeurs ont présenté des concepts qui s'en rapprochent, tels Audi (Urban Concept), Volkswagen (Nils), Opel (Rak e), ou encore Honda (Micro Commuter Prototype). Il ne faut pas oublier non plus le Nissan Glider, qui penchait dans les virages. Toyota semble avoir fait la synthèse de toutes ces approches, même si la marque affirme travailler sur ce type d'engin depuis une dizaine d'années.


Précisons d'abord que le i-Road est un véhicule à trois roues. C'est un véhicule électrique équipé d’une batterie lithium-ion, alimentant deux moteurs électriques de 2 kW montés dans les deux roues avant. Vif à l'accélération et d'un fonctionnement quasi-silencieux, il affiche une autonomie d'une cinquantaine de kilomètres.


La batterie se recharge complètement sur une simple prise de courant domestique en trois heures seulement.


Comme on peut le voir, l'habitacle est fermé et les deux occupants sont assis en tandem. La grande différence par rapport au Twizy vient du fait qu'il y a du chauffage à bord. Le i-Road propose une vie à bord plus proche de celle d’une voiture, avec de l'éclairage, un système audio et la connectivité mains-libres Bluetooth. Bref, ce qui manque un peu au quadricycle de Renault.


Le point fort de ce concept est sa technologie de prise d’angle « Active Lean », complètement intuitive. Ce système repose sur un moteur électrique de commande d’inclinaison et un mécanisme monté au-dessus du support de suspension avant, relié par une fourche d’articulation aux roues droite et gauche. Un module électronique calcule alors l’inclinaison requise en fonction de l’angle de braquage, de la vitesse et des informations reçues d’un capteur gyroscopique. Là où ça devient spectaculaire, c'est que le système déplace automatiquement les roues vers le haut et le bas en sens opposé, en leur appliquant un angle d’inclinaison destiné à contrebalancer la force centrifuge du virage. Le dispositif sert aussi à compenser les dénivelés, afin de maintenir une assiette constante sur chaussée irrégulière.
Cela me rappelle un peu le projet français Tilter d'engin à trois roues électriques qui, hélas, n'a pas pu voir le jour.


A la limite plus concurrent du MP3 de Piaggio que du Twizy, le i-Road vire dans un mouchoir de poche, avec un rayon de braquage minimum de 3 mètres. Autre particularité : étant donné sa taille réduire, on peut en garer 4 sur une place de parking.

Voir le diaporama :

 

Salon de Genève : le choc des supercars hybrides

C'est l'évènement du salon : il y a deux supercars hybrides avec la McLaren P1 (déjà aperçue à l'état de concept à Paris lors du Mondial de l'Automobile), ainsi que la remplaçante de l'Enzo chez Ferrari (dont il se dit déjà que les 499 exemplaires seraient tous vendus). Ces bolides sont de véritables vitrines technologiques avec une motorisation hybride au service de la performance et (très) accessoirement de l'écologie.



La supercar britannique proposera une puissance phénoménale de 916 ch, grâce à un moteur électrique très performant de 176 ch, développé par la branche électronique du groupe et d’un poids réduit. Associé à un V8 bi-turbo de 3,8 L et développant 737 ch, il permet à la P1 de fonctionner selon trois modes : thermique, thermique et électrique, voire en 100 % électrique (grâce à une batterie à haute densité d’un poids de 96 kg, logée sous le châssis en fibres de carbone, qui permet de rouler en mode zéro émission pendant 10 km).

Voici sa présentation à Genève :

 

Mais, on retiendra surtout que la P1 peut disposer de la puissance maximale sur simple pression d'un bouton, en recourant au système IPAS*. La McLaren propose également un système DRS (Drag Reduction System) dérivé de la F1, avec un aileron mobile.


Sa rivale la plus immédiate est LaFerrari. Oui, vous aviez bien lu. Celle que l'on surnommait F 150, s'appelle juste La Ferrari. Sur un plan technique, la Ferrari prévoit d'associer un V12 porté à 800 ch à un moteur électrique de 163 chevaux. Ce qui fait d'elle l'hybride la plus puissante du monde.

Voir la vidéo :

 

Au delà de la performance, en configuration hybride, la marque au cheval cabré évoque une réduction de la consommation de 40 %.


Le bolide au cheval cabré reprend la technologie déjà aperçue sur la 599 HY-Kers, ce véhicule laboratoire présenté il y a quelques années à Genève.

Voir la vidéo :

 

Voici quelques photos supplémentaires : http://s.joomeo.com/513714261b873


Pour compléter le trio, on aurait aimé voir la Porsche 918 Spyder. Mais, la marque allemande a préféré attendre Francort. Je rappelle que cette sportive plug in sort en série limitée, moyennant un chèque de 775 000 euros. La bête embarquera le moteur V8 de 580 ch de la RS Spyder, ainsi que deux moteurs électriques qui développent 95 kW à l'arrière et 75 kW à l'avant, le tout pour une puissance combinée de 795 ch. Le conducteur aura le choix entre le mode "Hybrid", "Sport Hybrid", "Race Hybrid" 'et même "Hot Lap" qui sollicitent la batterie et les moteurs électriques selon la puissance désirée. Et pourtant, la 918 Spyder consommera moins de 3 L/100 km selon le cycle européen et ne rejettera que 70 g de CO2 par km. Elle pourra même rouler en mode 100% électrique, pendant 25 km et jusqu'à 150 km/h en vitesse maxi.
Bienvenue dans le monde de l'hyper hybride avec des autos de folie qui ne mettent que 3 secondes pour accélérer de 0 à 100 km/h et dépassent allègrement les 300 km/h (plus de 350 pour Ferrari).

*IPAS (Instant Power Assist System) : un système qui permet de bénéficier de toute la puissance du moteur électrique sur simple pression d’un bouton au volant.

Les secrets de la VW XL1 : l'incroyable voiture qui consomme moins d'un litre aux cent

Plus courte qu'une Polo, plus basse qu'une Porsche Boxster, la XL1 est un véhicule vraiment atypique. Elle fait autant l'évènement par sa consommation ultra basse (0,9 L/100 km, 21 g de CO2 par km) que par ses dimensions hors normes (3,88 m de long, 1,66 m de large et 1,15 m de hauteur). Volkswagen est en mesure de concrétiser à un stade industriel la vision d'une voiture à un litre aux cent, grâce à sa maîtrise de la construction allégée.



C'est avant tout grâce au plastique renforcé par de la fibre de carbone (CFRP) que VW va pouvoir fabriquer cette incroyable voiture. Il est utilisé dans 20 % de la XL1, et en particulier au niveau de la carrosserie et des portes papillon. Ce matériau, que connaissent bien les constructeurs allemands (BMW et Audi l'utilisent notamment), est particulièrement résistant et plus léger que l'acier et l'aluminium. Mais, il y a aussi d'autres matériaux allégés. Le poids est réparti de la façon suivante sur les 795 kg de la voiture : 250 kg pour la carrosserie, 227 kg pour le groupe motopropulseur (batterie incluse), 153 kg de boîte de vitesse, 105 kg pour le système électrique et 80 kg d'équipement.
La XL1 sera assemblée à la main en Allemagne, dans l'usine d'Osnabrück.


Pour être aussi efficace, Volkswagen a beaucoup travaillé sur l'aérodynamique du véhicule. C'est ce qui explique sa silhouette en forme de dauphin. Le coefficient de pénétration dans l'air est très bas (0,189) et les rétroviseurs ont été remplacés par de petites caméras implantées dans les portes (e-mirrors).

Le point fort de la XL1 est son architecture de type hybride plug in. Volkswagen associe un bi-cylindre TDI* de 800 cm3 développant 48 ch avec un moteur électrique de 27 ch, une boîte DSG à 7 rapports et une batterie lithium-ion. Un filtre à particules et un catalyseur d'oxydation ont été prévus pour rendre l'auto compatible avec les normes Euro 6. Sur route, l'auto n'utilise que 6,2 kW (8,2 chevaux) à une vitesse constante de 100 km/h. En mode électrique (50 km d'autonomie au total), la XL1 ne consomme que 0,1 kWh pour faire un km.
A ce jour, même s'il ne s'agit que d'un chiffre théorique à l'homologation, le 1 litre aux cent est un record.


Le constructeur allemand utilise le moteur électrique pour booster l'accélération (51 kW de puissance et 140 Nm de couple) et récupère l'énergie au freinage pour recharger la batterie. Le redémarrage du moteur TDI Se fait en douceur (pulse starting), grâce à une gestion intelligente de la boîte et du moteur électrique.


Pouvant accueillir deux personnes, assises côte à côte, la XL1 sait aussi se montrer pratique au quotidien. Elle propose un espace de 120 litres pour les bagages et peut circuler sur l'autoroute (jusqu'à 160 km/h). La seule inconnue à ce jour est le prix de cette vitrine technologique.

*Dérivé d'un TDI 4 cylindres de 1,6 L.

Tablette R-Link : pas mal mais pas la révolution annoncée

Lors de l'essai de la Renault Zoé, j'en ai profité pour tester au passage le fameux système multimédia intégré et connecté, R-Link, qui équipera 100 % des version commercialisées au lancement. Suite à des soucis de développement chez TomTom, la sortie de la voiture avait été retardée. R-Link n'est pas vraiment une tablette, mais plutôt un écran tactile qui regroupe toutes les fonctions multimédia : la navigation, la radio, la téléphonie et l'audio streaming Bluetooth, la musique numérique et les services connectés.



 Le conducteur pilote R-Link via l’écran tactile de 7 pouces ou grâce à la reconnaissance vocale pour, par exemple, dicter une adresse dans la navigation ou lancer des instructions (« téléphoner », « afficher mes applis », « lancer e-mail » etc…). La fonction Text To Speech (TTS) assure la lecture automatique à haute voix des textes et autres flux RSS de certaines applications, dès lors que le véhicule est en mouvement.


Il existe aussi des fonctions de R-Link dédiées à la conduite électrique. Par exemple, la navigation TomTom Z.E. LIVE affiche un cercle permettant de visualiser le rayon d’action correspondant à l’autonomie du véhicule. Elle permet aussi de localiser les bornes de recharge les plus proches.


L'écran est utilisé également pour la programmation* de la charge et du pré-conditionnement de l’habitacle, sans parler du mode Driving Eco2 (qui analyse la conduite) et de l’affichage des flux d’énergie.


Plus anecdotique, il y a même un e-mode d’emploi de la Zoé.


Renault R-Link est connecté au monde extérieur et à Internet par une connectivité EDGE 2.75 G intégrée. Les services connectés, regroupant TomTom LIVE (comme la météo) et les alertes Coyote, informent le conducteur en temps réel sur les conditions de circulation. Au total, le Renault R-Link Store, propose plus d'une cinquantaine d’applications au lancement, de l’information générale ou thématique (tourisme, sport, féminin, culture...) jusqu’aux applications liées au véhicule (Renault Assistance), en passant par les applications communautaires, l’e-mail ou les réseaux sociaux. Le catalogue est appelé à s’étoffer rapidement, car Renault s’est appuyé sur des partenaires, des sociétés de développement mais également des start-up de jeunes entrepreneurs dans le domaine des services connectés.


Un peu moins essentielle, cette appli d'astrologie ne me paraît pas indispensable.


Au lancement, Renault offre les services connectés pendant 3 mois (TomTom LIVE et Coyote Series), ainsi que des applications pendant 3 ans (E-Mail, R-Link Tweet, Météo et Renault Assistance, selon les versions).

*possible aussi par smartphone.

Renault Zoé : un pari technique réussi

Je suis ravi d'avoir pu faire l'essai de la Zoé, qui est l'un des plus gros lancements de l'année. Le 4ème modèle électrique de Renault a bluffé tous mes confrères par son autonomie. A condition d'avoir le pied léger et d'enclencher le mode éco, et pour peu que vos trajets soient urbains, on peut obtenir 150 km réels d 'autonomie. Pour ma part, avec une moyenne de 13,3 kWh aux 100 km (pour une batterie d'une capacité de 22 kWh utiles), j'aurais pu faire encore mieux.



Je vous laisse le soin au passage de jauger ma conduite, qui a recueilli une note de 88 sur 100 par l'application Driving Eco2. Certes, j'ai un peu d'expérience en éco-conduite, mais l'agrément de conduite et le silence à bord incitent naturellement à rouler à l'économie.


Aussi bien à l'extérieur avec son design accrocheur qu'avec son intérieur très digital (tableau de bord numérique à écran TFT, tablette R-Link), la Zoé est un beau produit de synthèse. Incontestablement, c'est la plus jolie et la plus aboutie des voitures électriques... à ce jour.


Au cours de cet essai, nous avons eu l'occasion de rouler à côté de véhicules électriques utilisés pour le tourisme à Lisbonne. C'était une belle image et pour moi un souvenir. J'avais pris un de ces véhicules quand Nissan avait présenté la Leaf ici même en 2011. Les piétons avaient pour leur part du mal à nous entendre arriver, malgré le système ZE Voice à trois ambiances sonores (Pure, Glam et Sport).


Mais, revenons à la technologie de la Zoé. La voiture consomme peu d'énergie grâce à un certain nombre d'innovations regroupées sous le vocable Range Optimizer. La partie la plus visible est le pneu Michelin Energy EV.


Les autres sont moins visibles puisqu'il s'agit de la pompe à chaleur (fournie par Denso) qui fait office de climatisation réversible et des freins découplés à récupération d'énergie. Il est impressionnant de voir comment la Zoé récupère des km d'autonomie, rien qu'en levant le pied et à plus forte raison quand on freine. La jauge fait du yoyo.


L'exploit est d'avoir une technologie digne du Concorde pour le prix d'une Clio essence.


La présentation de la Zoé a permis de lever un peu le voile sur les composants électriques. Si j'ai bien compris, le moteur électrique de troisième génération made in France à Cléon sera produit l'année prochaine. Renault n'a pas souhaité dire si le chargeur Caméléon serait reconduit sur d'autres futurs véhicules.


C'était l'occasion notamment de voir les fameuses batteries. Leur poids est de 290 kg. Il n'y a pas de révolution à attendre dans les prochaines années, mais Renault sera en mesure de faire profiter à ses clients des progrès réalisés au fur et à mesure. La capacité de stockage augmente de 3 à 5 % chaque année.


Ce que je retiens aussi de cet essai à Lisbonne, c'est une évolution dans le comportement de Renault. L'arrogance a cédé la place à une confiance un peu plus modeste. Il y avait quand même un peu de mauvaise foi. Au cours d'une conférence de presse surréaliste, les responsables du programme ZE ont refusé de reconnaître que la voiture avait accumulé des retards, ne veulent pas s'engager sur les volumes, ont donné une réponse évasive quant à l'arrivée d'un câble classique pour une prise 220 volts (sans qu'on sache pourquoi il ne marche pas) et sont restés très flous sur l'usine de batteries avec LG et théoriquement prévue en France.
Demain, je reviendrai plus en détail sur la tablette R-Link.