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Bilan du salon de Genève : la voiture connectée est partout

Que retenir de ce salon de Genève 2013, que j'ai personnellement trouvé assez riche sur un plan technologique ? En dehors de l'électrification à 360 degrés (j'entends sous toutes ses formes et sur tous les segments), la vraie révolution est celle de la voiture connectée. Pratiquement tous les constructeurs proposent une connectivité sur le GPS du véhicule (intégrée avec une puce, ou transitant par le smartphone du conducteur), ou via une tablette tactile. Cela permet de bénéficier à bord de services connectés.


Clairement, Renault est celui qui a le plus vite avancé. Le système R-Link, que l'on retrouve notamment à bord de la Zoé, se décline aussi sur la Clio (berline,  Estate et R.S), le nouveau crossover Captur ainsi que le nouveau Kangoo Express à partir de 590 euros. Il va s'étendre ensuite sur la famille Scenic, puis à terme au reste de la gamme. Renault accompagne les R-Link’nautes avec un pack découverte pendant quelques mois, afin de se familiariser avec les applications. Le R-Link Store compte une cinquantaine de références.
Renault pense atteindre le million de véhicules équipés avec R-Link d'ici 2015.


Chez les français, Citroën rejoint Peugeot avec des services connectés dans le cadre du portail Multicity Connect. L'écran tactile intégré à côté du volant et l'écran HD panoramique ont l'air très prometteurs sur le futur C4 Picasso.


A l'occasion de Genève, Volvo a dévoilé ses nouveaux services connectés. La marque suédoise va proposer un certain nombre d'applications (Google Maps, iCoyote, TuneIn, Spotify, la navigation iGO), accessible via le système Sensus Connected Touch, qui est un écran 7 pouces avec une technologie infrarouge à balayage de faisceau et qui tourne sous Android. L'un des points forts est le contrôle vocal de la musique en streaming pour réduire la distraction.


C'est exactement l'approche privilégiée par Ford avec SYNC. L'Ecosport intègre la nouveau module AppLink qui permet justement d'intégrer des applications compatibles avec la conduite, dont Spotify avec la reconnaissance vocale. Précisons au passage que le taux de monte de SYNC chez Ford, qui était de 30 % en 2012 sur les modèles concernés, va doubler cette année.


Mercedes propose aussi des services via le système COMAND on line (Google, météo, web radio Aupeo, Facebook, Twitter), avec en prime le trafic HD de TomTom d'ici quelques mois. La firme à l'étoile propose également des applis à télécharger sur son site Mercedes Benz Apps comme la recherche de parkings. Il existe un autre terminal communicant, le kit Drive Plus qui intègre l'iPhone (CLA et Classe A).


A ce propos, Smart (qui a développé le premier cette approche au sein du groupe Daimler) a profité de Genève pour lancer la version 2 de son kit Smart Drive pour iPhone. Le système donne accès des bons plans pour le parking, la location, l'autopartage, ainsi que la météo et la recherche locale Google. On peut aussi réserver une borne de recharge pour les Smart électriques.


Nissan inaugure également l'écran connecté. Que ce soit sur la nouvelle Leaf, le Note ou encore le Juke Connect Edition, le système de navigation est compatible avec la fonction Send to car de Google et la recherche locale avec le géant de l'Internet. Au passage, la voiture électrique du constructeur japonais dispose d'une nouvelle version de Carwings ajoute toute une série de prestations, comme par exemple, l’intégration plus poussée du Smartphone, une reconnaissance vocale plus pointue, l’éco-routage et la localisation en temps réel des points de recharge les plus proches.


Opel n'est pas en reste avec le système IntelliLink qui propose la navigation (BringGo) et les radios du web (TuneIn et Stitcher).


L'autre tendance est l'intégration des technologies d'Apple, en particulier le logiciel de reconnaissance vocale Siri. General Motors (Chevrolet Spark, Opel Adam) et Mercedes sont actifs sur la question, tout comme Ferrari qui le propose sur la FF et va le décliner sur de futurs modèles.


Enfin, l'iPad trouve sa place dans l'habitacle. Il est utilisé chez Ferrari pour les passagers de la FF et sur le roadster électrique français Pariss comme console de bord.


La Californie autorise à son tour les voitures sans conducteur

Après le Nevada, qui a ouvert la voie il y a quelques mois, la Californie devrait devenir le second Etat des USA à autoriser la circulation de voitures sans conducteur. Le projet de loi a été adopté au Sénat à une majorité écrasante (74 voix pour, 2 contre) et doit maintenant être ratifié par le gouverneur, Edmund G. Brown Jr. Ce document, le « Bill 1298 » vise à accompagner le développement de ces véhicules dits autonomes, définis comme des véhicules à moteur qui utilisent ordinateurs, capteurs et autres technologies pour fonctionner en toute sécurité « sans le contrôle actif et continu d’un être humain ». Le projet de loi estime que ces véhicules expérimentaux possèdent un « potentiel considérable en termes de sécurité, d’avantage commercial et de mobilité pour les individus et les entreprises de l’État et d’ailleurs ».
C'est a priori une bonne nouvelle pour Google et un encouragement pour ses recherches. Le géant de l'Internet est établi à Moutain View, en Californie précisément. Cela fait deux ans qu'il travaille sur la conduite automatisée, à l'aide de capteurs radars et vidéo et d'algorithmes pour aider la voiture à se repérer dans son environnement. Mais, il n'est pas seul. On compte dans la Silicon Valley plusieurs constructeurs, dont Audi, BMW, Ford et Volkswagen par exemple, qui maîtrisent également ce type de technologie.
On ne sait pas encore quelles seront les règles fixées par le Department of Motor Vehicles (DMV), mais elles sont assez strictes dans l'Etat voisin du Nevada. Les véhicules automatisés ont une Plaque d’immatriculation dédiée, doivent avoir au moins deux personnes à bord pour pouvoir reprendre le contrôle et être équipés d'une boîte noire pour enregistrer les déplacements. Les sociétés qui font la demande d'une licence doivent par ailleurs payer une caution de 1 à 3 millions de dollars selon le nombre de véhicules testés. Quoi qu'il en soit, la Californie pourrait formuler des standards d'ici 2015. Une législation qui pourrait servir de référence dans le monde.

Mercedes se projette dans le futur de la voiture communicante

Tout comme Audi et Ford, la firme à l'étoile était cette semaine au CES de Las Vegas. Et elle a tenu à marquer le coup, car pour la première fois, le PDG de Daimler, Dieter Zetsche, intervenait pour un "keynote" sur le lien entre l'automobile et le digital. Il a souligné le rôle du smartphone qui est beaucoup plus qu'un accessoire et qui peut donner accès à de nombreux services en ligne. Mais surtout, il a a présenté un outil visionnaire qui a pour nom le DICE (Dynamic & Intuitive Control Experience). Il s'agit d'un système qui introduit la réalité augmentée dans l'habitacle pour présenter de façon dynamique et interactive des contenus issus des réseaux sociaux et du web. La voiture permet ainsi de faire le lien avec l'environnement qui nous entoure en temps réel.
Voir la vidéo :

 

Dans le concept présenté à Las Vegas, et que l'on retrouvera sur les modèles Premium du futur, l'affichage tête haute s'étend à l'ensemble du pare-brise et la planche de bord devient un espace d'affichage, comme une gigantesque tablette. On y retrouve ainsi toute l'information numérique sur ce qui entoure le véhicule : les points d'intérêt, les amis, les piétons et les autres véhicules. Et le plus étonnant, c'est qu'il suffit simplement de bouger la main pour accéder aux données. La combinaison de la réalité augmentée et de la reconnaissance des gestes est une première.


Par exemple, quand on passe devant un club, par un simple mouvement de la main on peut demander à la voiture de transmettre la musique qui est jouée là-bas par un flux en direct dans sa voiture. De la même manière, on peut accéder à des informations locales à partir des réseaux sociaux, à des points d'intérêt et à des informations utiles pour le trajet (prix du péage) ou plus anecdotiques (nom de l'architecte pour un pont ou un bâtiment). Pour couper court aux inévitables critiques sur la surcharge mentale, la réalité augmentée sera utilisée pour afficher les sources potentielles de danger comme les véhicules approchant à des intersections, directement sur le pare-brise.


Toujours dans le cadre du CES de Las Vegas, la firme à l'étoile a annoncé également une coopération plus étroite avec Google. Elle concerne Google Maps, Google Places, le cloud computing et les applications (présentes et à venir) liées aux véhicules du groupe Daimler. La collaboration permettra à Mercedes d'utiliser Google Maps pour l'affichage de cartes dans la voiture, ainsi que divers services de Google dans ses voitures. Déjà lié au géant de l'Internet depuis des années (il a été le premier en 2007 à lancer le service Send To car aux USA, puis a mis sur le marché plus récemment le système COMAND On Line avec des applis qui supportent Google Street View et Panoramio), le constructeur allemand reste fidèle à sa réputation de précurseur dans le domaine de la technologie. Dans le courant de l'année, il proposera aux USA le système mbrace2 (fourni par Hughes Telematics) qui apporte de la connectivité 3G, un lien vers Facebook et les services de Google, des applications liées à la conduite et un contrôle à distance du véhicule, le tout étant mis à jour "over the air" par les réseaux mobiles.

Google imagine des codes barres pour que les voitures puissent se garer toutes seules

Du nouveau aux USA, où Google vient de se voir décerner un brevet pour sa technologie de voiture sans conducteur. On se rappelle que le géant de l'Internet a déjà eu une dérogation pour pouvoir faire rouler des voitures sans conducteur dans l'Etat du Nevada, ce qui est déjà une première mondiale. Il a d'ailleurs parcouru 322.000 kilomètres sans causer d’accident depuis octobre 2010, avec des véhicules équipés de caméras vidéo, de capteurs et d’un télémètre laser pour mesurer les distances et analyser le trafic. Le brevet en question décrit comment un véhicule peut stationner de façon autonome et obtenir des informations en décryptant un code-barres 2D directement peint sur la route.



Dans ce document, intitulé Transitioning a Mixed-mode Vehicle to Autonomous Mode* et déposé en mai dernier par cinq chercheurs, Google décrit un procédé permettant de passer d'un mode de conduite manuel au pilotage automatisé du véhicule. La voiture doit savoir déterminer quand elle peut prendre les commandes, mais aussi où elle se trouve physiquement et quelle sera sa prochaine destination. Concrètement, après avoir déposé son conducteur quelque part, elle peut rentrer toute seule à la maison pour être utilisée par un autre membre de la famille.


Deux types de capteurs pourraient être utilisés pour trouver une place de parking disponible et y garer l’auto automatiquement. Le premier chercherait une « bande d’atterrissage » (landing strip) permettant de savoir si la place convient au véhicule et si l’environnement lui permet exécuter de se garer tout seul. Le second serait une sorte de flash code géant (QR Code) peint directement sur la route ou sur le sol d’un garage. Ce code détaillerait les coordonnées géographiques de l'endroit et de nombreuses autres informations, comme la durée de stationnement maximum, ou encore l’emplacement des parkings les plus proches. Une fois l’information mémorisée, l’auto sait précisément où elle se trouve pour débuter un nouveau trajet sans occupant.

*Lien : http://patft.uspto.gov/netacgi/nph-Parser?Sect1=PTO1&Sect2=HITOFF&d=PALL&p=1&u=%2Fnetahtml%2FPTO%2Fsrchnum.htm&r=1&f=G&l=50&s1=8,078,349.PN.&OS=PN/8,078,349&RS=PN/8,078,349