Leaf phase 2 : Nissan continue à innover dans le véhicule électrique

J’étais en Norvège en fin de semaine dernière pour découvrir et tester la nouvelle Leaf. Nissan l’appelle la version 2.0, car il n’y a pratiquement aucun changement pour l’extérieur (sauf pour le Cx qui a été amélioré d’1 %), mais tout un tas d’améliorations (une centaine au total) qui en font une nouvelle voiture. C'est quand même le seul constructeur qui procède à une évolution en profondeur de son modèle électrique et à peine deux ans après. Par rapport à la Zoé, qu’on ne manquera pas de comparer à la Leaf en raison de leurs performances comparables et des tarifs pas si éloignés, mon sentiment est que Nissan en offre plus.


La grande force de Nissan est d’avoir une base mondiale de 60 000 clients. C’est le seul à pouvoir dire cela à ce jour. De plus, tous ces conducteurs sont « suivis à distance » (et de façon anonyme), grâce au système Carwings qui permet de garder un lien avec le véhicule. Nissan sait exactement combien de km ont été faits (300 millions pour le moment) et surtout comment la Leaf est utilisée et à quelle fréquence elle est rechargée. Grâce à ce puissant feedback, mais aussi par les retours faits par les clients (par les blogs et réseaux sociaux ainsi que par des études marketing), la marque japonaise a pu répondre aux besoins exprimés.


L'autonomie est évidemment le point numéro un. A en croire Nissan, elle augmente de 24 % en usage réel (199 km au lieu de 175 km selon le cycle NEDC), grâce à un certain nombre d'améliorations. Le constructeur japonais a travaillé sur le poids du véhicule avec un gain de 32 à 50 kg selon les versions.


Les progrès viennent également du moteur électrique, avec des gains en poids, en volume et au niveau du rendement, même si la puissance de 80 kW reste inchangée.


Autre paramètre important : le système de récupération d'énergie au freinage a vu son efficacité améliorée de 6 % pour atteindre 94 % tandis que le seuil de vitesse de déclenchement a été abaissé, passant de 7 à 3 km/h. De plus, le mode Eco* s’enrichit d’une nouvelle position « B ». Ce mode B (comme Brake) augmente la capacité régénérative au freinage. C'est un système similaire à celui proposé par Toyota sur la... Prius !


Nissan a aussi adopté une pompe à chaleur, comme sur la Renault Zoé. Le principe reste la même, celui d'une climatisation réversible, même si l'exécution est différente. Ce type de système consomme moins d'énergie, ce qui là encore permet d'améliorer l'autonomie.


Pour être très franc, nous n'avons pas été vraiment convaincus par l'autonomie supérieure, mon coéquipier et moi. Il faut dire que nous avons roulé par temps de neige, avec une température de 3 degrés. Au démarrage, la voiture affichait 137 km d'autonomie (un chiffre qui passe à 157 quand on coupe le chauffage !) et nous avons terminé le parcours de 71 km avec 26 % de charge restante. Au passage, précisons que la jauge est désormais plus lisible.


Pourtant, nous avons roulé avec le mode éco. La preuve, j'ai obtenu l'affichage des 4 sapins au tableau de bord. Il faudra refaire le test par des conditions plus favorables.


De même, vu les conditions de roulage, il a été difficile d'apprécier les améliorations au niveau de la tenue de route et de la direction (modifiées pour mieux correspondre aux goûts européens), d'autant que notre voiture était chaussée de pneus hiver.


Quoi qu'il en soit, des modifications bien réelles ont été apportées à la voiture. Cette vue de coupe permet d'apprécier l'habitabilité de la voiture. Le chargeur embarqué qui se trouvait avant à l'arrière a été déplacé à l'avant, de façon à offrir plus de volume dans le coffre. Le logement de la batterie a aussi été revu pour améliorer l'espace intérieur et abaisser le centre de gravité.


On gagne ainsi l'équivalent d'un bagage supplémentaire.


Précisons que le chargeur en question, de 6,6 kW, permet de réduire de moitié le temps de recharge quand on est connecté à une borne (publiques ou domestique) de 32 ampères. On peut alors refaire le plein en 4 h. Par rapport à la Zoé, le  grand avantage est de pouvoir se brancher sur une prise en 220 volts.
Il faut noter toutefois que la charge rapide devient une option sur le modèle d'entrée de gamme (Visia), Nissan ayant décidé d'articuler son offre autour de 3 niveaux de finition (les deux autres sont Acenta et Tekna).


A noter que la trappe du port de charge peut désormais être ouverte à distance via la clé de la voiture. Autre évolution : à bord, la commande d’ouverture de la trappe de recharge est désormais électrique. En outre, une petite diode lumineuse éclaire la prise pour plus de commodité la nuit ou dans un parking souterrain.


Le système Carwings, auquel je faisais référence au début, bénéficie de quelques améliorations : pour les commandes à distance du chauffage et de la climatisation, au niveau de la reconnaissance vocale (plus performante) et pour l'information en temps réel sur les points de recharge les plus proches. La navigation a également été améliorée pour calculer automatiquement le trajet le moins gourmand en énergie, tenant compte des déclivités des différentes routes possibles.


Petit détail : le frein de parking est devenu un frein à pied.


Au niveau du confort, le constructeur japonais propose le système Around View Monitor que l'on trouve habituellement sur les modèles haut de gamme et le Qashqai. C'est très pratique et mieux qu'une simple caméra de recul.


Le son Bose est aussi au rendez-vous sur les versions haut de gamme.


Grâce à la nouvelle offre de location de batterie, dont les tarifs sont un copié-collé de ceux de Renault pour la Renault (79 € pour mois pour 12 500 km sur 36 mois par exemple), le prix d’accès de la Leaf en finition Visia tombe à 17 290 €. Ce n’est pas si loin d’une Zoé (en version Intens et avec options) et au même niveau que le top de la gamme Micra chez Nissan.

* qui modifie la cartographie de la pédale d’accélération afin d’atténuer la conduite dynamique et ainsi accroître l’autonomie.

A quand le pare-brise en plexiglas ?

Dans la course à l'allègement à laquelle se livrent tous les constructeurs, il est un élément qu'on néglige parfois : le vitrage. Il se trouve que l'équipementier Evonik a une solution qui n'est autre que le plexiglas. Un pare-brise a donc été conçu en PMMA (polyméthacrylate de méthyle): un thermoplastique transparent qu'on a pu voir par exemple lors du dernier Mondial de l'Automobile sur le concept Peugeot Onyx, qui l'avait adopté pour le vitrage et le pavillon. Evonik annonce un gain de poids de 40 %, la masse du pare-brise passant de 11 à 6 kg.
Pour le moment, ce pare-brise light est testé en compétition avec Lotus. Il pourrait être utilisé à terme sur des modèles de série. Outre son poids réduit, le plexiglas offre une bonne transparence, filtre le bruit et les rayons UV. Evonik a d'ailleurs installé aussi des vitres en PMMA dans la Lotus Exige de course de l'écurie RED Motorsport. On estime chez l'équipementier allemand que les vitres arrière et les toits panoramiques pourraient être les premiers champs d'application pour les voitures de série.

Groupe Mobivia : une stratégie cohérente tournée vers la mobilité durable

Construit progressivement à partir de l'enseigne Norauto, le groupe Mobivia est l'un des acteurs majeurs de l'entretien auto et des services avec une quinzaine d'enseignes*. Les axes de développement se font autour de la voiture partagée, de l'électromobilité et de la mobilité douce urbaine. Mobivia considère également avec beaucoup d'intérêt la voiture connectée. L'approche sur les nouvelles mobilités se fait à travers le fonds Via-ID, qui accompagne et créée des entreprises dédiées à l'écomobilité depuis 2009. l'objectif est rendre l'homme durablement mobile en changeant la façon de penser le déplacement des personnes.


C'est ainsi qu'est né par exemple Altermove. Avec un premier concept store ouvert en 2010 à Lille, suivi de deux autres depuis (en centre ville à Lyon et l’autre en zone péri-urbaine à Marquette-lez-Lille), l'enseigne s’engage pour une mobilité urbaine plus simple, plus économique et plus propre. Elle réunit un large panel de solutions et de produits innovants : scooters et vélos électriques, trottinettes, équipements et accessoires inédits pour mieux se déplacer, mais également un atelier de réparation multi-marques. Altermove a développé également un Diagnostic Mobilité qui dresse un état des lieux des déplacements actuels réalisés et qui propose des pistes pour se déplacer autrement.


BuzzCar est une offre de location de voiture entre particuliers. Plus de 18 000 personnes utilisent aujourd'hui cette plateforme, accessible par le web et sur smartphone. Les partenariats se multiplient, avec Vinci Park, RentACar ou encore iDTGV (qui a mis en avant ce service, au cours de l’été dernier).


Via ID soutient également des services qui ont déjà pignon sur rue comme Greencove (covoiturage avec 123envoiture.com), mais aussi de nouveaux venus comme Moving Car (location de voitures sans permis à partir de 17 € par jour, qui s'appuie sur une vingtaine de centres Norauto) ou Izidrive (service de chauffeurs). le fonds de Mobivia est entrée aussi plus récemment au capitale de Green On (offre de vélos à assistance électrique aux entreprises et aux collectivités locales), Carbox (autopartage en entreprise) et La Bicyclette Électrique (spécialiste parisien de la vente de vélos à assistance électrique).


La force du groupe est également de tester aussi ces activités dans ses centres historiques. C'est ainsi que la vente de vélos à assistance électrique (VAE) a fortement progressé chez Norauto, tous pays confondus. Les quatre modèles de sa marque de mobilité douce Wayscral ont fait de l’enseigne l’un des acteurs majeurs de ce marché en 2012. En France, des initiatives locales ont été mises en place et ont pour objectif d’être déployées à l’ensemble du réseau. Ainsi, le centre Norauto de Caluire (près de Lyon) a mis à la disposition de ses clients atelier un VAE de courtoisie ; le centre de Vélizy (région parisienne) a testé quant à lui - en partenariat avec Matra - une offre de mobilité électrique plus étendue, avec 5 vélos et 3 scooters électriques haut de gamme.


Seul bémol, Mobivia a essuyé un échec dans la voiture électrique. Avec sa filiale Betterway, le groupe voulait louer des Think, des Reva et des F-City. Mais, la faillite du petit constructeur norvégien et le démarrage plus que lent du marché du VE ont mis fin aux projets. Cela n'empêche pas les techniciens de Norauto de pouvoir assurer l'entretien de véhicules électriques et hybrides.

*dont Midas, Carter Cash, Oxyo Pneus...

L'innovation doit aussi intégrer le marketing : le message clé de Laval Auto 2013

Pour leur 4ème édition qui se déroule aujourd'hui, les Rencontres Laval Automobile se proposent de faire réfléchir sur le rôle croissant du marketing stratégique et du design dans la détection de nouveaux besoins et le développement de produits en adéquation avec les attentes des consommateurs. Une tendance de fond dans le processus d’innovation de la filière automobile. Pour continuer à exister, les entreprises doivent innover. Et cette innovation doit s'appuyer sur l'existence d'un besoin consommateur émergent qui n'a pas trouvé satisfaction. Ainsi, les fonctions marketing stratégique, design et innovation doivent se rapprocher, travailler ensemble afin de proposer aux consommateurs des produits répondant directement à leurs demandes.

Ce point clé sera abordé en deux temps : d 'abord par un panorama de l'évolution des mobilités avec François Bellanger, membre de l'Observatoire de la mobilité et des services et directeur de Transit-city ; puis par le témoignage d'un spécialiste du design, Christian van Oost, Président de CvO Design et responsable pédagogique du master nouvelles mobilités* à l'Ecole de Design Nantes Atlantique. Des exemples concrets seront présentés, avec la participation de Dürr Ecoclean, du pôle de compétitivité ID4Car et de deux PME qui travaillent sur un projet innovant de siège bébé multimodal.


Fruit de la rencontre de la société Dorel (leader de la fabrication de sièges automobiles pour enfants sous la marque Bébé Confort) et de Multitude Technologies (une société spécialisée dans l'injection thermoplastique), le projet NoMadE** est une réponse à l'évolution de la mobilité, qui réduit l’usage de la voiture en ville pour faire place à des systèmes multimodaux combinant transport en commun, taxi et auto partage. Le siège Nomade offira donc une solution aux parents désirant bénéficier avec leurs enfants de ces nouvelles solutions de déplacement. En conséquence, le siège bébé devra relever plusieurs défis, dont les contraintes de sécurité, la réduction de la masse et de l’encombrement, sans oublier la facilité d’installation et de désinstallation pour passer facilement d'un véhicule à l'autre. Tout en conservant les fondamentaux qu'on attend d'un tel siège, en matière de sécurité et de confort, le projet NoMadE va proposer une nouvelle architecture avec des matériaux allégés, un nouveau design, une certaine robustesse et des systèmes d’installation plus ergonomiques. Voici un exemple concret de marketing intégré, qui contribue à la création de nouveaux usages et de nouveaux marchés.

*Ville durable / Nouvelles mobilités : évolution des modes de transport et des infrastructures, nouveaux services émergents pour la mobilité.
**Le projet NOMADE a été sélectionné à l'issue du 13ème appel à projets du Fonds Unique Interministériel (FUI 13).

La vision d'Altran pour un véhicule connecté

La société conseil en innovation et ingénierie a décidé de déployer une solution globale sur le thème des systèmes intelligents. Une offre qui se décline dans l'aéronautique, la défense, la santé mais aussi dans l'automobile. C'est la raison pour laquelle elle a dévoilé un prototype baptisé "Open & Connected Car" sur la base d'une BMW. Il s'agit d'une voiture connectée permettant d’accéder à une plateforme d’applications, à de nouveau services et de nouveaux usages (éco-conduite, personnalisation, médias sociaux) ou encore de connecter ses smartphones et tablettes de manière sûre et sécurisée pour le conducteur et ses passagers. C'est déjà ce que font déjà un certain nombre de constructeurs, mais en ayant opté pour l'écosystème Apple ou Android... Voyons cependant où se situe la plus value d'Altran et quels outils ont été choisis.


Le dossier de presse, rédigé en anglais (pour faire plus intelligent sans doute) ne nous apprend pas grand chose. Néanmoins, le site d'Altran* donne un peu plus de détails sur la fameuse plateforme "véhicule connecté". Elle est basée sur Meego (un système d'exploitation sous Linux) et se montre compatible avec l'alliance GENIVI qui regroupe bon nombre d'acteurs de l'automobile autour de l'open source. Altran a choisi la puce Atom d'Intel pour le hardware et l'interface graphique développée par Qt (ex filiale de Nokia, rachetée par Digia). Ce choix technique permet d'avoir une plateforme rapide à industrialiser et capable de supporter des fonctions gourmandes en puissance de calcul.
L'Open & Connected Car permet de piloter à la voix, en mode tactile et depuis des commandes au volant l'accès aux différents menus liées au multimédia. Altran garantit une "expérience connectée" en toute sécurité, grâce à un système de sûreté intégré qui fait que seules les applications certifiées peuvent fonctionner dans la voiture.


Ce véhicule laboratoire permet de tester des solutions basées sur le cloud. L'une des clés est aussi l'intégration transparente des applications au moyen des technologies sans fil pertinentes.


Destiné aux constructeurs et aux équipementiers, ce concept car permet de travailler sur l'interface homme-machine ainsi que l'intégration à bord de smartphones et de tablettes et des services qui vont avec. Rien de révolutionnaire, mais un outil qui permet de mesurer l'apport de Linux dans l'auto, alors que la voiture connectée cherche encore le bon standard.

*http://www.altran.com/fr/nos-services/industries/automobile-infrastructure-et-transports/altran-au-salon-de-lauto-de-francfort-2011/le-vehicule-connecte-selon-altran.html

Detroit Electric SP01 : retour vers le futur

Au terme d’une absence de plus de 70 ans, la Detroit Electric est de retour à Motor City. Ce qui était auparavant un modèle électrique (produit par la Anderson Car Company avec des batteries nickel-fer fournies par Thomas Edison) est désormais une marque* avec un projet de gamme de voitures de sport et des emplois à la clé. Si vous trouvez qu'elle a un air de Lotus, c'est tout à fait normal**. La SP01 est le premier modèle de ce jeune constructeur. Un coupé très performant et qui met l'accent sur la technologie, comme on va le voir. On peut parler, toutes proportions gardées, d'un nouveau Tesla à l'échelle de la côte Est.



Si la présentation officielle est prévue dans quelques jours au salon de Shanghaï, c'est bien sûr à Detroit que l'auto a été présentée tout récemment. La SP01 est le résultat de 5 ans de recherche et de développement. Ce sera un modèle très exclusif, car produit à seulement 999 exemplaires. La production est prévue à partir du mois d'août dans une usine du Michigan.


Comme on le voit, c'est avant tout une voiture sportive, aux lignes tendues et dont le poids plume (1070 kg, grâce à une structure en aluminium et une carrosserie en fibre de carbone) garantit un haut niveau de performance. Le moteur électrique (150 kW pour 225 Nm de couple, asynchrone et refroidi par eau) est monté en position centrale. Il permet à la SP01 d'accélérer de 0 à 100 km/h en 3,7 s et d'atteindre 249 km/h. La Detroit Electric fait mieux au démarrage que la SLS AMG E-Cell de Mercedes ! Autre précision : la marque propose trois types de transmission, de 2 à 5 vitesses. Du jamais vu dans l'électrique.


Quant aux batteries, implantées à deux endroits (entre la transmission et l'habitacle et juste derrière au dessus du moteur électrique), visibles à travers la carrosserie, elles sont en lithium-polymère et ont une capacité de stockage de 37 kWh. L'autonomie est de 288 km selon le cycle NEDC. La recharge se fait entre 4,5 et près de 11 h selon le type de prise. Detroit Electric a mis en place une télémétrie qui lui permet de surveiller à tout instant le bon état du pack de batteries et du moteur électrique.


Le PDG de Detroit Electric a travaillé chez Apple et Sun Microsystems. Autrement dit, il sait faire la synthèse entre le monde de l'automobile et les nouvelles technologies. C'est d'ailleurs pour cette raison que l'une des principales innovations de la SP01 se trouve dans l'habitacle. C'est la première voiture à avoir un tableau de bord entièrement piloté depuis un smartphone. L'interface SAMI (Smartphone Application Managed Infotainment system) permet en effet de gérer à la fois des fonctions de bord (état des organes, charge de la batterie, autonomie, niveau de freinage regénératif***, réglage de l'éclairage intérieur) et les applications liées au multimédia (navigation, musique). Le téléphone intégré sert aussi à appeler en mode mains-libres... Sinon, il permet aussi de piloter à distance la charge et d'activer la clim'.


Le tarif débute à partir de 135 000 $ pour la SP01, dont le premier concessionnaire pour l'Europe est situé aux Pays-Bas. Pour l'anecdote, le petit éclair bleu que l'on voit sur la calandre (ainsi que sur les batteries) a pour nom l'effet "Tron". Un symbole que l'on devrait voir sur les autres modèles, puisque la marque prévoit déjà deux autres modèles pour fin 2014.

* Elle a été créée par Albert Lam, ancien PDG du Lotus Engineering Group et directeur général de Lotus Cars en Angleterre.
** En 2008, Lam a lancé le projet d’une voiture électrique capable de faire la synthèse entre une esthétique raffinée, une technologie innovante, une maniabilité exceptionnelle et des performances remarquables. Autrement dit, les fondamentaux d'une Lotus.
*** jusqu'à 35 kW.

Diesel : à quand un débat dépassionné et objectif ?

Hier, je suis tombé par hasard sur l'émission Dimanche + de Canal, qui consacrait un sujet au diesel dans la rubrique "French paradox". A l'image de ce qui se fait en général à la télévision, ce "reportage"* était une accumulation de lieux communs et d'affirmations brandies comme des vérités premières, avec un témoignage d'une portée scientifique considérable : celui d'un journaliste du Süddeutsche Zeitung qui appelle au rééquilibrage des taxes ! En clair, le diesel a une nocivité prouvée ("même les moteurs les plus récents") et il faut absolument faire quelque chose pour aider ce pauvre Léon ("un militant écolo révolté", mis en scène sur un vélo pour dénoncer les particules fines cancérogènes). Heureusement que Canal Plus est là pour dénoncer ce scandale d'Etat et ce blog pour replacer les choses dans leur contexte.



Corrigeons d'abord quelques points. S'il est vrai que sous De Gaulle le diesel a été mis en avant pour les voitures dans les années 60 (en raison de la priorité accordée au nucléaire pour la production d'électricité), avec une fiscalité plus favorable, il s'est passé deux ou trois petites choses depuis. Le marché du diesel n'a décollé en fait qu'à partir de 1998, date à laquelle est apparue l'injection directe à rampe commune (dite common rail). Couplée à un turbo, la technologie a permis à la fois de rendre le moteur diesel bien plus agréable et performant, tout en réduisant la consommation. Et c'est grâce aux progrès continus que les conducteurs préfèrent rouler au diesel, y compris dans le haut de gamme et pour les modèles sportifs. Sans la technique, le diesel n'en serait pas là aujourd'hui, nonobstant le prix du carburant qui joue aussi un rôle. L'autre levier a été le bonus malus qui, sous le couvert de la réduction du CO2, a fait exploser le marché à partir de 2009. Car, avec une consommation de carburant de 20 à 30 % inférieure, le diesel est évidemment mieux placé pour récupérer le bonus. C'est ainsi que la mesure décidée par Jean-Louis Borloo a, non seulement plombé les finances publiques, mais, surtout contribué à lancer sur le marché des dizaines de milliers de petites voitures diesel non équipées de filtres à particules. Et là, on peut parler de vrai problème sanitaire. Mais, ce n'était pas dans le sujet. On ne va quand même pas critiquer les hommes politiques**...


Un classement montre ensuite la France en tête des pays pour la part du diesel dans les ventes de voitures neuves. Si la part de marché est effectivement chez nous de 72 % (72,9 % selon l'édition 2012 du tableau de bord automobile du CCFA), elle est de 76,1 % au Luxembourg et de 73,1 % en Irlande : deux pays qui font encore mieux que nous. Ni le Portugal (70,1 %), ni la Belgique (68,8 %) ne sont cités non plus. Au passage, mais est-ce surprenant ?, les chiffres de l'Espagne (68,9 %), du Royaume-Uni (50,8 %) et de l'Allemagne (48,1 %) ne sont pas tout à fait exacts. 


A propos de la "nocivité prouvée" du diesel : combien de fois faudra-t-il répéter que la fameuse étude de l'OMS qui conclut au diesel cancérogène est à lire avec précaution. Le communiqué du 12 juin 2012***, qui figure sur le site du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer), se rapporte à des cas de cancer chez des mineurs de fond aux Etats-Unis exposés à des moteurs d'ancienne génération. Le communiqué fait allusion aux nouvelles technologies, dont le filtre à particules et écrit : "on ne sait pas encore clairement si ces modifications quantitatives et qualitatives peuvent se traduire par un effet différent sur la santé". En clair, on ne sait rien mais cela n'empêche pas Canal Plus d'englober "même les moteurs récents" dans la "nocivité prouvée" du diesel.


Autre détail qui montre à quel point le sujet a été préparé avec sérieux. Le sujet de Canal évoque à un moment "les deux seules voitures hybrides françaises, dont une est utilisée par notre président" Sur ce dernier point, l'auteur du sujet a raison. "Pépère" roule en Citroën hybride. Pour le reste, la gamme PSA compte juste 4 voitures hybrides diesel (Peugeot 3008 et 508 Hybrid4, Peugeot 508 RXH, Citroën DS5 Hybrid4). Maintenant qu'ils ont la formule 1 chez Canal, ils vont peut-être faire un peu plus attention à ce qu'ils racontent sur l'automobile.


Alain Juppé, qui était en plateau pour réagir, a bien tenté d'expliquer que les constructeurs avaient fait des progrès et que les moteurs récents n'avaient rien à voir. Mais, face au sourire en coin d'Anne-Sophie Lapix, il s'est repris en disant "c'est ce qu'ils disent". Et nous voilà au coeur du problème. Les constructeurs auront beau faire, prouver par A + B que les moteurs conformes à la norme Euro 6 sont bien moins polluants, ils seront forcément suspects aux yeux de la "grande presse", qui sera par contre toujours bienveillante par rapport à un militant comme Léon ou un élu vert. Cela rassure sans doute les bobos qui font leur marché bio (tout en roulant en 4X4 pour aller à Courchevel). Bon courage donc à PSA, qui a prévu de communiquer le 17 avril sur le BlueHDI, sa motorisation diesel de nouvelle génération. Dans notre beau pays, on ne peut pas discuter. On tombe tout de suite dans l'excès et les grands débats du type "faut-il interdire le diesel ?". Pendant ce temps, les allemands se marrent. Eux, qui ont inventé le diesel, en vendent désormais aux Etats-Unis sous l'étiquette "Clean diesel".

*Lien :http://www.canalplus.fr/c-infos-documentaires/pid3354-c-dimanche.html?vid=846270
**A ce propos, il est étonnant qu'un gouvernement de gauche avec des alliés verts n'ait pas instauré un seuil des polluants pour conditionner les bonus. C'est incompréhensible et révélateur d'une certaine incompétence.
***http://www.iarc.fr/fr/media-centre/pr/2012/pdfs/pr213_F.pdf