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Le pari de Nissan sur les corridors de charge rapide

Le pari de la voiture électrique chez Nissan repose en partie sur le déploiement des bornes de recharge rapide à la norme CHAdeMO*. Avec ce chargeur de 50 kW de puissance et une tension élevée, une batterie disposant de 30 % de capacité résiduelle peut en récupérer 80 % en un quart d’heure et se recharger totalement en une demi-heure. Bien qu’étant à l’origine purement japonais**, le système s’est rapidement imposé à l’échelle mondiale. Il a d'ailleurs connu un développement spectaculaire l'an dernier en Europe et en Amérique du Nord. On compte dans le monde plus de 70 000 véhicules électriques compatibles CHAdeMO, parmi lesquels des modèles Nissan, Renault, PSA Peugeot-Citroën, Mitsubishi et Toyota.



L’une des plus importantes installations CHAdeMO est l’autoroute électrique de la côte ouest de l’Amérique du Nord. Ce réseau de 2 100 km s’étend de la Colombie-Britannique (Canada) à la Basse-Californie (Mexique), avec d’ores et déjà près de 40 bornes de recharge rapide CHAdeMO installées tous les 40 à 80 kilomètres. Autre exemple au Japon, où un tronçon d’autoroute de 350 kilomètres a vu le nombre de bornes de recharge rapide passer de deux à six. L'impact ne s'est pas fait attendre : le pourcentage d’utilisateurs de véhicules 100 % électriques empruntant ce tronçon est passé de 19 % à 46 %.


Avec plus de 600 bornes de recharge rapide au standard CHAdeMO déjà installées en Europe, dont une bonne partie offertes par Nissan, ce type d’infrastructure connait une progression exponentielle. L'un des pays les mieux équipés est la Norvège, qui ne comptait qu'une seule borne en 2011 et en affiche 25 aujourd'hui. De nouvelles bornes rapides voient le jour chaque mois.
En France, un corridor a été aménagé avec 6 bornes en Alsace et une borne a été récemment implantée entre Nantes et Rennes. Nissan a déployé 85 bornes : 45 dans son réseau et 40 auprès de partenaires public et privés.

*L’acronyme CHAdeMO est la contraction des mots « CHArge de MOve » ou « charge for moving » (littéralement, « charger pour se déplacer »). C’est aussi un jeu de mots en japonais, d’une phrase (O cha demo ikaga desuka) signifiant : « Vous prendrez bien un thé pendant que la voiture recharge ? », sous-entendu : la recharge d’une batterie de véhicule électrique est très rapide.
**L’Association CHAdeMO a été fondée en 2010 par plusieurs entreprises pionnières de la mobilité zéro émission désireuses d’établir un standard de recharge rapide. Elle rassemble actuellement plus de 430 organisations adhérentes dans 26 pays européens, parmi lesquelles figurent Bosch, Siemens, E.ON, ENEL et Endesa.

Leaf phase 2 : Nissan continue à innover dans le véhicule électrique

J’étais en Norvège en fin de semaine dernière pour découvrir et tester la nouvelle Leaf. Nissan l’appelle la version 2.0, car il n’y a pratiquement aucun changement pour l’extérieur (sauf pour le Cx qui a été amélioré d’1 %), mais tout un tas d’améliorations (une centaine au total) qui en font une nouvelle voiture. C'est quand même le seul constructeur qui procède à une évolution en profondeur de son modèle électrique et à peine deux ans après. Par rapport à la Zoé, qu’on ne manquera pas de comparer à la Leaf en raison de leurs performances comparables et des tarifs pas si éloignés, mon sentiment est que Nissan en offre plus.


La grande force de Nissan est d’avoir une base mondiale de 60 000 clients. C’est le seul à pouvoir dire cela à ce jour. De plus, tous ces conducteurs sont « suivis à distance » (et de façon anonyme), grâce au système Carwings qui permet de garder un lien avec le véhicule. Nissan sait exactement combien de km ont été faits (300 millions pour le moment) et surtout comment la Leaf est utilisée et à quelle fréquence elle est rechargée. Grâce à ce puissant feedback, mais aussi par les retours faits par les clients (par les blogs et réseaux sociaux ainsi que par des études marketing), la marque japonaise a pu répondre aux besoins exprimés.


L'autonomie est évidemment le point numéro un. A en croire Nissan, elle augmente de 24 % en usage réel (199 km au lieu de 175 km selon le cycle NEDC), grâce à un certain nombre d'améliorations. Le constructeur japonais a travaillé sur le poids du véhicule avec un gain de 32 à 50 kg selon les versions.


Les progrès viennent également du moteur électrique, avec des gains en poids, en volume et au niveau du rendement, même si la puissance de 80 kW reste inchangée.


Autre paramètre important : le système de récupération d'énergie au freinage a vu son efficacité améliorée de 6 % pour atteindre 94 % tandis que le seuil de vitesse de déclenchement a été abaissé, passant de 7 à 3 km/h. De plus, le mode Eco* s’enrichit d’une nouvelle position « B ». Ce mode B (comme Brake) augmente la capacité régénérative au freinage. C'est un système similaire à celui proposé par Toyota sur la... Prius !


Nissan a aussi adopté une pompe à chaleur, comme sur la Renault Zoé. Le principe reste la même, celui d'une climatisation réversible, même si l'exécution est différente. Ce type de système consomme moins d'énergie, ce qui là encore permet d'améliorer l'autonomie.


Pour être très franc, nous n'avons pas été vraiment convaincus par l'autonomie supérieure, mon coéquipier et moi. Il faut dire que nous avons roulé par temps de neige, avec une température de 3 degrés. Au démarrage, la voiture affichait 137 km d'autonomie (un chiffre qui passe à 157 quand on coupe le chauffage !) et nous avons terminé le parcours de 71 km avec 26 % de charge restante. Au passage, précisons que la jauge est désormais plus lisible.


Pourtant, nous avons roulé avec le mode éco. La preuve, j'ai obtenu l'affichage des 4 sapins au tableau de bord. Il faudra refaire le test par des conditions plus favorables.


De même, vu les conditions de roulage, il a été difficile d'apprécier les améliorations au niveau de la tenue de route et de la direction (modifiées pour mieux correspondre aux goûts européens), d'autant que notre voiture était chaussée de pneus hiver.


Quoi qu'il en soit, des modifications bien réelles ont été apportées à la voiture. Cette vue de coupe permet d'apprécier l'habitabilité de la voiture. Le chargeur embarqué qui se trouvait avant à l'arrière a été déplacé à l'avant, de façon à offrir plus de volume dans le coffre. Le logement de la batterie a aussi été revu pour améliorer l'espace intérieur et abaisser le centre de gravité.


On gagne ainsi l'équivalent d'un bagage supplémentaire.


Précisons que le chargeur en question, de 6,6 kW, permet de réduire de moitié le temps de recharge quand on est connecté à une borne (publiques ou domestique) de 32 ampères. On peut alors refaire le plein en 4 h. Par rapport à la Zoé, le  grand avantage est de pouvoir se brancher sur une prise en 220 volts.
Il faut noter toutefois que la charge rapide devient une option sur le modèle d'entrée de gamme (Visia), Nissan ayant décidé d'articuler son offre autour de 3 niveaux de finition (les deux autres sont Acenta et Tekna).


A noter que la trappe du port de charge peut désormais être ouverte à distance via la clé de la voiture. Autre évolution : à bord, la commande d’ouverture de la trappe de recharge est désormais électrique. En outre, une petite diode lumineuse éclaire la prise pour plus de commodité la nuit ou dans un parking souterrain.


Le système Carwings, auquel je faisais référence au début, bénéficie de quelques améliorations : pour les commandes à distance du chauffage et de la climatisation, au niveau de la reconnaissance vocale (plus performante) et pour l'information en temps réel sur les points de recharge les plus proches. La navigation a également été améliorée pour calculer automatiquement le trajet le moins gourmand en énergie, tenant compte des déclivités des différentes routes possibles.


Petit détail : le frein de parking est devenu un frein à pied.


Au niveau du confort, le constructeur japonais propose le système Around View Monitor que l'on trouve habituellement sur les modèles haut de gamme et le Qashqai. C'est très pratique et mieux qu'une simple caméra de recul.


Le son Bose est aussi au rendez-vous sur les versions haut de gamme.


Grâce à la nouvelle offre de location de batterie, dont les tarifs sont un copié-collé de ceux de Renault pour la Renault (79 € pour mois pour 12 500 km sur 36 mois par exemple), le prix d’accès de la Leaf en finition Visia tombe à 17 290 €. Ce n’est pas si loin d’une Zoé (en version Intens et avec options) et au même niveau que le top de la gamme Micra chez Nissan.

* qui modifie la cartographie de la pédale d’accélération afin d’atténuer la conduite dynamique et ainsi accroître l’autonomie.

Un premier bilan de la Nissan Leaf au bout de deux ans


Alors que la Zoé s'apprête à arpenter le bitume dans quelques semaines, sa cousine la Nissan Leaf vient de passer le cap des 50 000 exemplaires. C'est sans doute moins que prévu, d'autant que ce chiffre a été atteint en deux ans. Mais, ce n'est pas si mal, si on compare les ventes de ce seul modèle aux 16 000 vendus en 2012 par Renault avec 3 véhicules (essentiellement en Europe, c'est vrai). D'autre part, ce modèle reste le plus vendu au monde à ce jour. Alors, que retenir de la Leaf ?

Nissan, qui suit à distance toutes ses voitures électriques - grâce au système embarqué Carwings basé sur les satellites - nous apprend que ses clients à travers le monde ont couvert une distance totale de plus de 260 millions de km, supérieure à la distance entre la Terre et le soleil. Le record est détenu par un japonais, qui totalise déjà 175 000 km en deux ans.
Si la voiture marche bien au Japon et aux USA (650 exemplaires vendus en janvier), c'est moins le cas en Europe, on ne recense pour le moment que 7000 voitures dans 17 pays européens. Le plus assidu est un espagnol, qui a déjà accumulé plus de 43 000 km en un an. C'est bien la preuve que la voiture électrique a de l'endurance et qu'elle incite à rouler (en raison de son faible coût d'utilisation).


2013 sera une année charnière avec l'arrivée d'une nouvelle version plus légère et plus performante. La Leaf sera aussi moins chère, car elle va être fabriquée en Angleterre à Sunderland (de même que ses batteries).


Pour rassurer ses clients, Nissan se mobilise en fournissant des bornes de recharge rapide, qui sont ensuite installées par les collectivités et des partenaires. On compte à ce jour en Europe plus de 600 bornes de type CHAdeMO (sur plus de 2000 dans le monde), un nombre qui va doubler encore cette année. Les plans sont de créer des corridors, de façon à ce que les clients de Leaf (et d'autres) puissent récupérer 80 % de la charge en une demi-heure).

Le dogme du tout électrique en prend un coup chez Renault-Nissan

Beaucoup de mes confrères se sont étonnés cette semaine des propos de Carlos Tavares, lors des Mov'eo Days, qui reconnaissait pour la première fois que Renault travaillait sur l'hybride low cost*. Il n'y a pourtant rien de nouveau. La marque au losange avait vendu la mèche en juin dernier, en introduction du congrès diesel, et a confirmé ce point plus récemment lors des ateliers du Mondial de l'Automobile**, où les médias brillaient par leur absence. Dommage, on a appris beaucoup de choses lors des sessions dédiées au CO2 et à l'électrification. L'industrie automobile avait alors fait le constat que le marché n'était pas là pour l'électrique et que les volumes seraient plutôt à chercher du côté de l'hybride, avec des solutions différentes de celles employées par les japonais et les allemands.


L'autre nouvelle de la semaine vient de chez Nissan. Lors d'une interview sur Bloomberg TV, Carlos Ghosn a reconnu que la Leaf ne pourrait pas tenir ses objectifs aux USA, où il s'est vendu 6791 voitures de janvier à octobre (- 15,6 % par rapport à la même période en 2011), alors que la marque tablait sur 20 000. Soit, 50 % en moins si on considère que Nissan devrait en immatriculer 10 000 cette année. Carlos Ghosn comptait beaucoup sur la production sur place de la Leaf, dans l'usine de Smyrne au Tennesse (pour laquelle il a bénéficié d'un prêt d'1,4 milliard de dollars), mais le site n'a toujours pas ouvert. Il est censé produire 150 000 Leaf et 200 000 batteries par an.
Rappelons pour le moment qu'en cumulé, Nissan n'a vendu que... 42 700 exemplaires de sa voiture électrique au niveau mondial.


Dans une analyse, l'institut IHS indique que de telles performances remettent en cause les objectifs affichés d'1,5 million de véhicules d'ici 2016. Maintenant, une Leaf améliorée est prévue pour l'an prochain et le modèle phare de Nissan va aussi être fabriqué en Angleterre, ce qui permettra de limiter les coûts. Pour sa part, Renault fera sans doute des volumes plus importants avec la Zoé. Mais, parallèlement la concurrence va aussi sortir ses modèles en 2013.
L'alliance Renault-Nissan, qui a pris tout le monde de vitesse au niveau des annonces, mais qui a aussi accumulé des retards et des problèmes (par exemple sur les batteries), a encore du pain sur la planche pour séduire les masses.

*Ce qu'on appelle plus exactement l'hybride abordable, comme la technologie proposée par Valeo (Hybrid4All) et maintenant par Continental.
**Lien : http://www.sia.fr/evenement_detail_ateliers_mondial_1168.htm

Déjà les promos pour les voitures électriques !

Avec son offre pour la Ion à partir de 10 900 € TTC*, bonus de 7000 euros déduit, ou à 199 € par mois, en location longue durée sur 48 mois (et 40 000 km) et après un premier loyer de 5199 €**, Peugeot fait une opération de déstockage très efficace. La marque au lion adopte la même stratégie que les cousins de Citroën qui ont fait un malheur avec la C Zéro à 90 € par mois. C'est d'ailleurs ce modèle qui réalise le plus gros des volumes du mois de juillet dans l'électrique (492 sur un total de 594), le "vrai marché" se situant comme d'habitude à une centaine d'unités (que se partagent Peugeot, Mia, Nissan, Renault).
Quelles conclusions peut-on en tirer ?


Le seul moyen aujourd'hui de faire du volume avec l'électrique est de casser les prix. S'agissant de PSA, ces "coups" sont ponctuels. Le groupe est dans une mauvaise passe et il cherche à écouler les stocks. De toute évidence, il va arrêter les frais avec Mitsubishi dans l'électrique. Le deal entre les deux groupes portait sur 100 000 véhicules : un objectif qui ne sera pas atteint de sitôt.
D'autres ont aussi essayé de baisser les prix, comme Nissan avec une offre de location à 299 euros par mois pour les pros sur 37 mois et à 349 euros pour les particuliers. Il faut toutefois payer un premier loyer de plus de 10 000 euros... Mia va proposer prochainement un tarif de 13 828 euros + 49 euros de location de batterie par mois.


Pour Renault, toutes ces promos ne sont pas forcément une bonne nouvelle. Avec un bonus à 7000 euros, le prix de la Zoé passe (en théorie, car encore faudrait il que la voiture sorte à temps pour en bénéficier) à 13 700 euros. Mais c'est un tarif sans batterie. Il faut en effet ajouter 79 euros par mois sur par exemple 36 mois et dans une limite de 12 500 km par an (soit, 2844 €). Total = 16 544 €. Et encore, il ne s'agit que du prix de base, sans tenir compte des options.
Ce qu'il en ressort, c'est que cette guerre des prix (bénéfique au consommateur) va nuire aux constructeurs. La voiture électrique a un prix (en raison de sa batterie, durablement chère) et vendre à perte ne va pas arranger les affaires de ces industriels, déjà fragilisés par un marché difficile.


En attendant, Renault a eu une idée surprenante. Pour remercier les personnes ayant réservé une Zoé, la marque a décidé d'offrir une paire de baskets écologiques (si, si...). Elles sont fabriquées au Brésil par Veja et sont en toile de coton biologique, avec une semelle en caoutchouc sauvage d’Amazonie. Elles sont disponibles en série limitée et uniquement pour les 1500 premières personnes qui réserveront la Zoé (ce qui signifie qu'on n'y est pas encore). Une paire de chaussures pour l'achat d'un véhicule dont l'autonomie est moindre qu'un véhicule hybride, voilà un message assez ambigu.

*Uniquement pour les véhicules sur stock, disponibles sur le site webstore de Peugeot et sur le seul mois d'août.
**Offre valable jusqu'à fin octobre