Tampilkan postingan dengan label station d'échange de batteries. Tampilkan semua postingan
Tampilkan postingan dengan label station d'échange de batteries. Tampilkan semua postingan

Better Place : la fin d'une utopie électrique à près d'un milliard de dollars

L'annonce de la mise en liquidation judiciaire de la start up israélienne n'a rien de très surprenant. Depuis la naissance de la bulle "voiture électrique", alimentée depuis 2008 par Renault-Nissan et Better Place entre autres, on a trop promis et la réalité se charge aujourd'hui de rattraper la fiction. Shai Agassi, qui était très doué pour la com' et les powerpoint, avait de toute évidence beaucoup de charisme. Mais, à part Renault, il n'a jamais convaincu d'autre constructeur de le rejoindre dans sa vision des batteries échangeables en station. Or, pour que le pari se concrétise, Better Place se devait de rallier plusieurs marques. J'avais constaté que Nissan ne croyait pas au concept, tout comme bien d'autres marques pour des raisons évidentes de coût, de logistique (et d'absence de véhicules).
La bonne question, c'est que va-t-il rester de tout cela et quel impact cela peut-il avoir sur le marché de la voiture électrique ?



Renault s'est empressé de minimiser la faillite de Better Place. Dans un communiqué, la marque fait savoir que cette décision ne remet nullement en cause la stratégie de l’Alliance et que Renault explore toutes les pistes technologiques, celles du quick drop comme d’autres modes de charge. Dans l'immédiat, le réseau continuera d’assurer le service après-vente des Fluence Z.E. et des batteries de ces véhicules, en Israël et au Danemark. Il reste à voir si le constructeur français continuera à développer ce modèle, conçu à l'origine pour Better Place et dont les ventes n'ont jamais décollé (en France, elle a quasiment disparu des immats). C'est croquignolet de constater que les ventes sont juste 100 fois inférieures aux prévisions et que des centaines de millions de dollars ont été englouties dans l'opération.


L'idée de l'échange de batteries reviendra peut être le jour où le véhicule électrique aura atteint une taille critique. C'est l'intention qu'on prête par exemple à Tesla, en complément de son réseau de superchargeurs. Il est vrai que les batteries de la Model S prennent 39 h à recharger sur une prise classique ! Mais, cela dépendra beaucoup de l'évolution de l'infrastructure de charge. La charge rapide se développera peut être plus vite que prévu. Il ne faut pas négliger non plus les chargeurs embarqués, qui réduisent le temps de charge à 1 h chez Renault (pour la Zoé) et 1 h 30 chez Volvo pour la C30 Electric sur prise triphasée (avec un chargeur de 22 kW).


Ce qui est dommage, avec la disparition de Better Place, c'est que pour la première fois, un pays - Israël - essayait d'acquérir son indépendance énergétique par rapport au pétrole. D'autre part, la start up a aussi développé de bonnes idées : un système embarqué communicant très intéressant (OSCAR pour les intimes) et un mode de tarification calqué sur le mobile qui seront peut être repris plus tard par un autre acteur. Auquel cas, on lui souhaite d'être plus concentré sur le business que sur le buzz sur Facebook et Youtube.

L'heure de vérité pour Better Place en Israël

Avec une bonne année de retard, dû à des obstacles bureaucratiques et à des livraisons tardives de la Fluence ZE, que Renault fournit en tant que partenaire, l'entrepreneur Shai Agassi va très prochainement débuter ses activités en Israël, où il va déployer le premier réseau national de voitures électriques. Un projet très ambitieux qui a déjà englouti plus de 400 millions de dollars. Better Place concrétise donc au bout de 4 ans une vision partagée (à l'époque) avec Carlos Ghosn. Une expérience qui intervient à un moment où l'électro-mobilité traverse une phase de doute.



La promesse de Better Place est géniale sur le papier. Elle consiste à remplacer les batteries vides par d'autres pleines en moins de 5 mn, en réinventant le principe des relais postaux. Pour cela, des stations d'échange automatisées ont été développées. L'autonomie devient donc quasi illimitée, avec un dispositif qui est adapté à la taille du pays (pas plus de 500 km pour les distances en Israël). En parallèle, la start up souhaite également développer des bornes de recharge plus conventionnelles. C'est un projet d'intérêt national, qui permet de s'affranchir du pétrole de ses voisins. De plus, Better Place inaugure un nouveau modèle économique en se positionnant comme un opérateur de mobilité, en maîtrisant la distribution des véhicules et le service.


Le véhicule électrique est proposé avec un abonnement rappelant le forfait téléphonique. En fonction du kilométrage, le client verse une mensualité (entre 300 et plus de 500 $ par mois) pour accéder aux stations d'échange et au point de charge. Better Place a conçu par ailleurs un logiciel, baptisé Oscar, qui donne accès via l'écran de bord à un univers de services, dont bien sûr l'emplacement des stations de charge ou d'échange. L'informatique embarquée permet par ailleurs de recueillir des infos sur l'utilisation des véhicules et de faire des mises à jour à distance.


Toutefois, à ce jour, le réseau reste assez limité. On ne dénombre que quatre stations d'échange de batteries dans le pays. Il devrait y en avoir 40 dans la seconde moitié de l'année. Pour les points de charge, des accords ont été signés avec divers partenaires. Le réseau est censé proposer à terme 500 000 points de charge.


En ce qui concerne les volumes, il n' y a pour le moment que 140 voitures en circulation qui servent en fait pour des tests. Better Place affirme avoir reçu 1800 commandes de la part de flottes et quelques centaines de la part de particuliers. Il devrait y avoir 5000 Fluence ZE d'ici un an sur les routes israéliennes. Si pour le moment seul ce modèle est compatible (ce sera aussi le cas de la Zoé) avec les stations d'échange, l'opérateur indique être en contact avec d'autres constructeurs automobiles.


Israël est a priori réceptif à l'électrique (80 000 personnes ont visité à ce jour le show room de Tel Aviv). Mais, jusqu'à présent, aucun pays dans le monde n'a montré d'appétence pour le véhicule électrique, malgré la hausse des prix du carburant. Better Place reste sur un objectif de 100 000 véhicules en 2016 (en Israël et au Danemark). Il espère un tournant en 2017, avec une baisse du prix des batteries qui rendrait les véhicules plus compétitifs. L'opérateur pronostique même 50 % de parts de marché pour le VE à cet horizon. Mais, Shai Agassi a toujours fait preuve jusqu'à présent d'un optimisme à toute épreuve.

Fluence ZE by Better Place : mieux qu'une Renault électrique

Je reviens sur ma visite chez Continental Automotive à Rambouillet, car l'une des démos concernait le système multimédia développé pour Better Place et s'appliquant à la Fluence ZE. Pour ceux qui ne maîtrisent pas la voiture électrique, ce n'est pas un spécialiste du tuning, mais une start up israélienne qui veut jouer le rôle d'un opérateur de services. Better Place, qui opère justement en Israël et au Danemark, a fait fabriquer par Conti un PC embarqué qui est une vraie petite merveille de technologie.


Ce Car PC tourne sous Windows 7 et intègre une puce Atom d'Intel. De par sa conception (résistance aux températures extrêmes) et sa connectivité (3G, Wi Fi), c'est déjà une première. Mais, c'est surtout sur le plan des services que ce système multimédia innove. Et je dois dire que, quoi qu'en pense de Better Place (et j'ai déjà eu l'occasion ici d'exprimer des doutes sur leur stratégie), c'est bien plus complet que ce que propose Renault sur la Fluence ZE classique.


En apparence, naturellement, rien ne change. Et pour cause : c'est pour le marché israélien que la marque au losange a pris la décision d'électrifier une Fluence. C'est donc à l'intérieur que l'on constate les différences.


D'entrée de jeu, la Fluence ZE propose un menu attractif sur son grand écran. Il est possible de personnaliser son profil et d'accéder à bon nombre de fonctions. Les principales concernent la navigation, la charge et l'échange de batteries.


Si l'on prend l'exemple du guidage GPS, l'autonomie restante est matérialisée par un cercle concentrique, ce qui permet au conducteur de voir tout de suite quel type de trajet il peut faire avant de trouver la prise la plus proche. J'ai pu constater qu'une fonction "customer care" permet d'entrer en contact avec un centre d'appel Better Place, exactement comme le bouton bleu à bord des Bluecar d'Autolib'.


Autre différence notable par rapport au GPS Carminat TomTom de la Fluence ZE européenne, l'écran de bord peut communiquer en Wi Fi avec les stations d'échange de batteries installées en Israël et au Danemark. Une fois que la station en question est localisée, des instructions s'affichent pour procéder au remplacement automatisé de la batterie.


Better Place ne fait pas l'impasse sur les loisirs numériques, au contraire. On peut non seulement brancher une clé USB ou un iPod sur une prise dédiée à l'avant, avec un affichage façon "cover flow" des pochettes d'album, mais des applications sont prévues par l'opérateur. On peut par exemple télécharger des vidéos pendant la nuit ou d'autres contenus. Tout cela transite bien sûr par un store géré par Better Place.


La start up israélienne a une réelle plus value dans les services. Elle joue en tout cas davantage le rôle d'un opérateur de mobilité, si on la compare à Renault dont le métier de base est avant tout de produire des voitures.