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Car2x : les résultats du projet SIM TD à Francfort

Pendant plusieurs mois, une flotte de 120 véhicules et 3 motos, capables de communiquer entre eux et avec l'infrastructure, a été déployée à Francfort dans le cadre du projet SIM TD*(Safe Intelligent Mobility – Test Field Germany). Une première par son ampleur. Quelque 17 partenaires ont participé au test, dont des constructeurs (Audi, BMW, Daimler, Ford, Opel et Volkswagen) et des équipementiers (Bosch, Continental). Les voitures ont parcouru 1,6 million de km (à raison de 120 000 km par semaine et au total 41 000 h de conduite) et ont permis de valider pour la première fois en conditions réelles l’intérêt, la fonctionnalité au quotidien et l’efficacité de la communication Car-to-X.



Le système permettait par exemple aux véhicules d'échanger entre eux des données sur le trafic et les conditions météo. Ils recevaient aussi à bord les données en provenance des feux tricolores et des panneaux de chantier. La communication faisait appel à du Wi-Fi ainsi que de la radio et de la téléphonie mobile.


L'intérêt est aussi d'éviter les collisions aux intersections. La communication permet aux véhicules de se prévenir mutuellement de leur présence, bien au-delà du champ de vision du conducteur.


Parmi de nombreux aspects, Opel a testé dans le cadre de ce projet une nouvelle fonction d’alerte de météo routière. Une info disponible sur l'écran de bord, grâce aux stations météorologiques routières implantées à la proximité de la zone des essais. Les paramètres critiques surveillés étaient le point de rosée, la température au niveau de la surface de la route, les conditions de visibilité et la pluie. En fonction de ces informations, des alertes étaient envoyées et affichées dans les véhicules. Le système était même capable d'afficher l’itinéraire emprunté par les camions de sablage. La marque au blitz entend continuer à travailler sur le développement de cette fonction.


Le test va se poursuivre en 2015 avec un corridor ITS (transport intelligent) qui reliera Francfort à Vienne et Rotterdam. Selon les animateurs du projet, la communication Car2X pourrait faire économiser 6,5 milliards d'euros au niveau des accidents de la route et 4,9 milliards d'euros grâce à la réduction des émissions de CO2.

 Lien : http://www.simtd.de/index.dhtml/2351c3053b622f25230e/-/enEN/-/CS/-/

Ford se positionne sur le "Big data" à l'aide de capteurs

A l'heure de la voiture intelligente et connectée, on parle de plus en plus de "big data" : autrement dit l'immense quantité de données que génèrent les capteurs et les véhicules eux mêmes, qui deviennent des traceurs et servent par exemple à alimenter les sources d'information trafic. Chez Ford, on commence tout juste à aborder ce domaine. La Fusion 2013 (la Mondeo en Europe) intègre par exemple quelque 74 capteurs (caméras, radars, capteurs de pluie, etc) qui génèrent l'équivalent de 25 Mbits de données par heure, qui sont analysées par 70 ordinateurs de bord. L'étape d'après est justement d'essayer de mettre en réseau les capteurs, les véhicules et l'infrastructure pour améliorer la sécurité.



Ford travaille sur plusieurs pistes.
La première consiste à analyser en temps réel l'image des caméras et des radars, pour en déduire l'état du trafic, voire l'état de vigilance du conducteur (si une caméra le surveille) ou la distraction en cas de réception d'un appel téléphonique.


La seconde consiste à faire appel à des développeurs pour proposer des systèmes basés sur Android, et qui prennent en compte les capteurs des véhicules Ford pour proposer des interfaces destinées à augmenter la vigilance du conducteur. C'est tout le sens de la plateforme OpenXC, montée par Ford avec l'aide de Bug Labs. Elle part du principe que l'électronique de la voiture peut être paramétrée et personnalisée, comme sur un smartphone.
La troisième est de faire migrer les services de SYNC (la voiture connectée selon Ford) sur le cloud, de façon à exploiter la puissance du web et la créativité des développeurs de la téléphonie mobile.


Le big data s'applique aussi à la voiture électrifiée. La fonction EV+ sur les versions plug in (Energi) de la Fusion et du C-Max tient compte par exemple de la présence à proximité de bornes de recharge pour autoriser ou non le roulage en mode tout électrique.
Toujours à propos du GPS, une autre fonction consiste à prendre en compte l'historique lié à certaines destinations pour configurer le véhicule et optimiser la consommation énergétique.


Idéalement, le Wi Fi et la communication de véhicule à véhicule serviront à améliorer encore la sécurité et enrichir l'information trafic.


Mais, gardons le meilleur pour la fin. Grâce à des capteurs biométriques mesurant le niveau de stress, Ford pourrait ainsi adapter la réponse des aides à la conduite et venir rassurer le conducteur.
Tout cela va arriver d'ici quelques années, selon Paul Mascarenas, le CTO (Chief Technical Officer) de Ford.

BMW présente ses solutions de mobilité pour demain à ITS Vienne

A l'occasion du congrès ITS de Vienne, BMW présente tout un éventail de solutions de mobilité, sur quatre et sur deux roues. On peut y voir par exemple un scooter connecté (C 650 GT Connected Ride). C'est un prototype qui peut reconnaître les panneaux, anticiper sur les collisions, dialoguer avec les feux tricolores et se signaler aux intersections pour éviter les accidents. Il se distingue aussi par un système de vision tête haute qui affiche les informations en couleur directement sur la bulle, dans l'axe de vision du conducteur.



Le constructeur bavarois est en fait très actif dans le domaine du Car2X, le dialogue entre véhicules et avec l'infrastructure.


Une autre vision du futur s'exprime avec le scooter C Evolution, qui adopte une motorisation électrique. Ce prototype très abouti préfigure sans doute un modèle urbain dans la gamme BMW Motorrad.


La mobilité urbaine est prise en compte au niveau des services chez le constructeur allemand. Il teste par exemple en Allemagne un outil d'information multimodale qui permet de guider le conducteur vers des moyens de transport alternatifs. De la même façon, il s'investit dans les services sous la marque BMW i, avec par exemple le partage de places de parking (Park at my House).


Et puis, n'oublions pas que BMW a lancé avec Sixt le service DriveNow d' auto partage, disponible en Allemagne et qui s'étend à San Francisco.

Voir le diaporama : http://s.joomeo.com/508978bceb0e7

Un aperçu de la mobilité de demain dans les rues de Vienne

Je savoure le plaisir d'être le seul journaliste français au congrès ITS de Vienne. Imaginez un peu : c'est comme le Mondial de l'Auto avec toutes les principales marques (BMW, Honda, Mercedes, Peugeot, Renault, Volvo...) et surtout des prototypes comme on en voit rarement sur les salons. La tendance est à la communication entre véhicules et avec l'infrastructure partout en Europe. J'ai pu ainsi tester la mobilité coopérative dans les rues d'une capitale autrichienne où, le temps du congrès, les feux tricolores et les carrefours dialoguent en Wi-Fi avec les voitures, les camions et même les motos.



Denis Baupin en serait malade... Le député Vert, notoirement anti-voiture, aurait eu un choc en voyant que les feux recommandaient une certaine vitesse au conducteur pour bénéficier du vert le long d'un itinéraire. Une mesure logique pour conserver la fluidité et polluer moins. On est dans l'esprit du projet Drive C2X qui veut accélérer la conduite coopérative pour rendre les véhicules plus sûrs, plus confortables et plus verts.


Autre fonction appréciable : un décompte indique à quel moment le feu va repasser du rouge au vert. Une info qui permet de se préparer pour redémarrer.


On ne peut pas accuser Vienne de faire le jeu du "lobby automobile". Les systèmes mis en place avertissent de la présence de passages piétons, de voies cyclables et bien sûr des zones 30. On peut noter au passage que les transports semblent cohabiter sans problème. On y roule plutôt bien et on peut se déplacer en vélo, en tram en métro ou en taxi.


La survitesse est immédiatement signalée, comme on le voit ici dans cette zone 30.


L'intêrêt de ce type de communication, que nous avons pu tester aussi sur des voies autoroutières, est d'avoir aussi en temps réel le trafic. Les autos connectées renvoient leur vitesse et aident à mieux connaître l'état de la circulation.


Encore plus étonnant : les voitures peuvent se prévenir en cas de freinage d'urgence. Pour le moment, ce type d'application ne fonctionne que chez les constructeurs allemands. En quelques millisecondes, un code informatique est transmis de voiture en voiture. Ce qui permet d'anticiper.


Pour leur part, les japonais de Honda ont montré qu'on pouvait aussi prévenir de l'arrivée d'une moto par l'arrière. Les deux roues du futur seront aussi connectés et pourront signaler leur position dans le trafic et aux carrefours.
Regardez l'album photo sur Honda : http://s.joomeo.com/5087194fa7e79


A l'occasion de l'ouverture du congrès, les 58 partenaires du consortium Car2Car (dont plusieurs constructeurs*) ont annoncé qu'ils étaient prêts à équiper dès 2015 les véhicules avec des moyens de communication sans fil. La technologie est prête.


Du côté des français, on préfère expérimenter avant. Renault va par exemple déployer une quarantaine de véhicules connectés dans le cadre du projet Score@F, auquel participent également PSA et l'IFSTTAR. La satisfaction, c'est de voir que dans ce domaine nos constructeurs ne sont pas largués. A Versailles-Satory, ainsi que sur l'autoroute A10 à Orléans, on teste l'envoi et la réception de messages (véhicule en panne, animaux sur la chaussée, appel d'urgence).
Voir le diaporama :  http://s.joomeo.com/508719eab39b3


L'idée finalement, c'est de transférer le contenu des panneaux à messages variables directement dans le véhicule, et avec une info dynamique qui a un impact sur la sécurité. Il faudra développer des interfaces homme-machine adéquates pour ne pas surcharger le cerveau du conducteur. Mais, clairement, on entre dans une nouvelle ère pour le trafic. Et ce congrès de Vienne montre que, techniquement, la conduite peut devenir plus coopérative.

Voir le diaporama : http://s.joomeo.com/508719a80656c

*Audi, BMW, Daimler, Honda, Man, Opel, PSA, Renault, Volkswagen, Volvo

La route intelligente devient une réalité au congrès ITS de Vienne

A partir d'aujourd'hui, et pendant toute la semaine, Vienne va devenir la capitale mondiale du transport intelligent. La cité autrichienne accueille en effet le 19ème congrès mondial ITS*. Cet évènement, qui va réunir 10 000 personnes et qui va proposer à la fois une exposition** et une quarantaine de démonstrations, concerne en partie l'automobile. Le congrès sera en effet l'occasion de montrer où en est la technologie de communication entre véhicules. Un concept en plein essor.



Une zone test de 45 km a été aménagée sur des autoroutes (A2/A23-A4-S1). Par ailleurs, en ville, les organisateurs ont aménagé des carrefours capables de dialoguer avec les véhicules. L'idée, à l'heure du véhicule connecté, est de favoriser la communication sans fil avec des feux ou des balises pour prévenir d'un danger (risque de collision avec un véhicule masqué par un bâtiment) ou pour adapter le trafic (adaptation de la vitesse en fonction du timing des feux). Plusieurs constructeurs, dont par exemple Honda et Mercedes, feront des démonstrations sur ce thème. Le congrès sera l'occasion de voir où en est la coopération entre les industriels de l'automobile, les gestionnaires d'infrastructures et leurs fournisseurs.


L'évènement sera aussi axé sur la navigation et les services géolocalisé. Au-delà de l'aide aux conducteurs de véhicules électriques (recherche de bornes et réservation), on pourra aussi les orienter vers des parkings relais et les informer des transports collectifs disponibles. L'application officielle du congrès permet par exemple de se repérer dans la ville, de calculer l'itinéraire idéal (bus, métro, vélo, voiture de location ou à pied) et de naviguer dans le congrès, à l'aide de capteurs et de codes QR.
Bref, c'est un peu comme le Mondial de l'Automobile , mais tel qu'il pourrait l'être dans 10 ans.

*Intelligent Transport and Services. Le tout premier congrès de ce type a eu lieu à Paris en 1994.
**ouverte au grand public le 25

Delphi et la communication entre véhicules

Après la présentation hier du concept de sécurité connectée, impulsée par cet équipementier américain, je voudrais vous parler aujourd'hui de la communication entre véhicules et avec l'infrastructure. Un concept résumé par le terme Car2X. C'est évidemment l'étape suivante avec une voiture qui sera capable de recevoir des informations en amont, par rapport à un trafic ralenti ou un éventuel accident. L'idée consiste à transmettre des données en temps réel et à haut débit aux systèmes de sécurité du véhicule (radars, caméras, capteurs de roues), de façon à augmenter leur portée qui n'excède pas 200 m.



Delphi fait partie du consortium Car2Car* qui essaie d'obtenir une fréquence de 5,9 Ghz en Europe. La communication radio entre véhicules est intéressante, car rapide et gratuite, mais elle a une portée inférieure à 1 km. Un rayon d'action qui serait toutefois suffisant pour éviter les collisions en ville au niveau des intersections.


Ce type de communication peut par exemple servir pour annoncer l'arrivée du véhicule prioritaire (du type ambulance), ou encore une zone de travaux.


Le Car2Car pourrait par contre être complété par la 4 G (ou LTE : Long Term Evolution). Ce nouveau réseau à haut débit mobile, qui commence à se mettre en place en Europe, étend à plus de 2 km le rayon d'action pour transmettre des données. Selon Delphi, il suffirait d'une base de 10 000 véhicules (à l'échelle d'un pays) pour obtenir des gains sensibles en matière de sécurité.
De plus, la 4 G ouvre d'autres horizons avec des services basés sur le cloud computing (trafic, navigation), le téléchargement de logiciel et bien sûr le contrôle à distance des fonctions du véhicule. On va d'ailleurs y revenir plus en détail demain. 

*Il regroupe des constructeurs comme Audi, BMW, Honda, Opel, Volkswagen, Volvo... 

A quoi sert l'IFFSTAR (deuxième partie) ?

Après une présentation de l'IFFSTAR (InstitUt FrAnÇAis Des sciences et technologies Des trAnsports, De l’AménAgement et Des réseAUx), qui est est donc la résultante de la fusion de l'INRETS et du LCPC, et qui fête son premier anniversaire, je vais vous présenter aujourd'hui quelques projets concrets. Ils concernent à la fois le véhicule lui même et l'infrastructure, puisque la fusion avait justement pour objectif d'arriver à une approche globale de la circulation routière. Un bon exemple est le projet SARI (Surveillance automatisée de la route pour l’information des conducteurs et des gestionnaires d'infrastructures) qui s’est déroulé de 2005 à 2010, avec pour idée d’améliorer la sécurité des routes en rase campagne où se produisent environ 2/3 des accidents, principalement suite à des pertes de contrôle. Le projet a diagnostiqué qu'il fallait placer des capteurs dans les zones dangereuses, afin de prévenir les usagers d'une risque de perte de contrôle.



Autre exemple : INFRACALL qui est un projet de chaîne d’alertes d’accident à partir de l’infrastructure. Ce dispositif part des capteurs embarqués qui détectent la collision d’un véhicule avec l’infrastructure jusqu’à l’envoi de l’alerte à un centre d’appel et à son traitement. Il rassemble un équipementier d’infrastructure (Aximum), un opérateur téléphonique qui fournit une liaison SMS (Bouygues Telecom), un constructeur automobile qui assure l’acheminement jusqu’au centre d’appel (PSA) et un opérateur autoroutier (SANEF) qui met à disposition un site de test. Le LIVIC a pris en charge la partie détection et analyse.
Comment ça marche ? Des capteurs fixés sur l’infrastructure mesurent en permanence les accélérations qu’elle subit. Une caméra prend alors une photo, étape essentielle pour l’estimation par l’opérateur de la sévérité de l’accident. En cas d'accident, un SMS prioritaire est alors transmis au centre de traitement des alertes d’IMA (Inter mutuelles assistance) pour donner l'alerte. Le système a été validé lors de crash tests. Le plus conséquent fut un choc frontal à 110 km/h d’un véhicule de 1 300 kg. Le capteur le plus exposé a transmis son alerte en 30 ms et a détecté une accélération maximale de 45 g. L’alerte a été transmise en 30 secondes.


Pour terminer, un dernier exemple avec le programme VéLo, coordonné par ST Microelectronics et qui a regroupé un consortium composé de partenaires tels qu'Autocruise, le CEA LETI, l’INRETS-LEoST ainsi que la plateforme millimétrique du CNRS. Ce projet a permis le développement d’un prototype de radar automobile prototype, intégrant la communication entre véhicules et capable de localiser à 30 m près des obstacles se trouvant à portée de radar. Ce dispositif exploite la nouvelle technique radio ultra Large Bande (uLB) transposée à 79 gHz.
En conclusion, la France a des compétences réelles pour la recherche. Il faut ensuite passer à l'étape industrielle. On se dit aussi que certains ministres feraient bien de lire les compte rendus de projets s'ils veulent vraiment améliorer la sécurité routière...