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Volkswagen mise aussi sur le gaz naturel et le biométhane

A destination de certains marchés, comme l'Allemagne et l'Italie, VW sort une version au gaz de la Up. Elle a pour nom Eco Up. Dans cette configuration, la puce des villes consomme à peine 2,9 kg de gaz naturel aux 100 km pour un coût de 3 euros. La voiture peut aussi consommer du biométhane, issu par exemple de la transformation de déchets. La Eco Up vient s'ajouter à une longue liste de modèles compatibles avec le gaz, comme le Caddy (et Caddy Maxi) 2.0 EcoFuel, le Touran 1.4 TSI EcoFuel, ainsi que la Passat berline et break 1.4 TSI EcoFuel.


Cela fait 20 ans que la marque s'implique dans ce type d'énergie. Il faut savoir que l'on recense à l'heure actuelle 97 000 voitures qui roulent au gaz en Allemagne, dont beaucoup de taxis. Il y a des incitations pour rouler avec ce carburant (des producteurs de gaz proposent une aide de 1250 euros pour l'achat d'un véhicule) et le pays dispose de plus de 900 stations de remplissage. Volkswagen voit le gaz comme une énergie d'avenir. Outre l'efficacité énergétique*, il se distingue par une réduction de CO2 de 20 %. Celle-ci atteint même 39 % quand il s'agit de biométhane (57 usines en Allemagne). Le groupe Volkswagen participe à des projets visant à fabriquer du gaz "vert" à partir d'énergies renouvelables. Le courant électrique provenant d'éoliennes ou du solaire peut servir à fabriquer de l'hydrogène, qui est ensuite converti en méthane.

*1 kg de gaz naturel équivaut à 1,3 litre de gazole et 1,5 litre d'essence.

Comment organiser la filière française pour le véhicule de demain ? (seconde partie)

Après la réorganisation de la recherche en France, voici le second volet que j'ai choisi de vous présenter après la publication d'un avis du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur la filière automobile française. Il concerne le véhicule de demain. Sans surprise, le conseil préconise d'investir dans le véhicule décarboné. "Si le développement de ce marché prendra certainement du temps, engager dès à présent une dynamique encore plus volontariste dans ce domaine est l’une des voies à privilégier", peut-on lire dans ce rapport. Les efforts de recherche doivent demeurer très soutenus, notamment via les pôles de compétitivité, sur les sujets les plus critiques comme l’électronique de puissance, la connectique, les batteries de stockage de l’électricité qui sont susceptibles d’enclencher de véritables ruptures technologiques et de faciliter l’émergence d’une « filière France ».


Simultanément, les politiques publiques doivent programmer une accélération du déploiement des infrastructures et services nécessaires à la recharge des véhicules électriques en utilisant les réseaux de proximité déjà existants. Le niveau de présence de la France dans les travaux de normalisation à régressé depuis dix ans pour se situer aujourd’hui à la moitié de celui de l’Allemagne. Cette dernière peut imposer ses propres standards et favoriser ainsi considérablement ses entreprises. Il est par conséquent fondamental de renforcer une présence proactive, notamment en s’appuyant sur la « Plateforme Automobile », dans les chantiers internationaux de normalisation, en encourageant la participation des entreprises par tous les moyens possibles.


En dehors de l'électrique et de l'hybride rechargeable, le CESE rappelle l’objectif fixé par le Premier ministre lors de la Conférence environnementale (en septembre dernier) pour aboutir à un moteur consommant 2 litres au 100 km. Un défi qui nécessitera la prise en compte de très nombreux paramètres (poids, taille, usages, prix). Si les constructeurs se doivent de prendre leurs responsabilités - sur ce point, PSA et Renault ont fait des choix stratégiques sensiblement différents, du moins sur le court terme - les pouvoirs publics doivent également renforcer les signaux clairs adressés aux ménages et aux entreprises, en particulier par des systèmes privilégiant l’achat des véhicules les plus décarbonés, ainsi que par une politique correspondante de déplacement et de stationnement.


Enfin, le conseil recommande d'encourager simultanément le développement de carburants « verts ». Pour une fois, on ne parle pas d'agrocarburants, mais de biométhane. Le cadre réglementaire et le dynamisme de la filière permettent d’affirmer qu’il jouera un rôle significatif dans le mix énergétique. À l’horizon 2030, les potentiels techniques permettent d’envisager que 10 % du gaz consommé en France seront d’origine locale et renouvelable. Au coeur des problématiques territoriales et d’économies circulaire, l’usage du biométhane carburant est ainsi triplement vertueux : énergie renouvelable, il valorise les déchets industriels, ménagers et agricoles, tout en produisant des engrais naturels.
La prochaine fois, on terminera ce tour d'horizon par le recyclage.