Après la réorganisation de la recherche en France, voici le second volet que j'ai choisi de vous présenter après la publication d'un avis du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) sur la filière automobile française. Il concerne le véhicule de demain. Sans surprise, le conseil préconise d'investir dans le véhicule décarboné. "Si le développement de ce marché prendra certainement du temps, engager dès à présent une dynamique encore plus volontariste dans ce domaine est l’une des voies à privilégier", peut-on lire dans ce rapport. Les efforts de recherche doivent demeurer très soutenus, notamment via les pôles de compétitivité, sur les sujets les plus critiques comme l’électronique de puissance, la connectique, les batteries de stockage de l’électricité qui sont susceptibles d’enclencher de véritables ruptures technologiques et de faciliter l’émergence d’une « filière France ».
Simultanément, les politiques publiques doivent programmer une accélération du déploiement des infrastructures et services nécessaires à la recharge des véhicules électriques en utilisant les réseaux de proximité déjà existants. Le niveau de présence de la France dans les travaux de normalisation à régressé depuis dix ans pour se situer aujourd’hui à la moitié de celui de l’Allemagne. Cette dernière peut imposer ses propres standards et favoriser ainsi considérablement ses entreprises. Il est par conséquent fondamental de renforcer une présence proactive, notamment en s’appuyant sur la « Plateforme Automobile », dans les chantiers internationaux de normalisation, en encourageant la participation des entreprises par tous les moyens possibles.
En dehors de l'électrique et de l'hybride rechargeable, le CESE rappelle l’objectif fixé par le Premier ministre lors de la Conférence environnementale (en septembre dernier) pour aboutir à un moteur consommant 2 litres au 100 km. Un défi qui nécessitera la prise en compte de très nombreux paramètres (poids, taille, usages, prix). Si les constructeurs se doivent de prendre leurs responsabilités - sur ce point, PSA et Renault ont fait des choix stratégiques sensiblement différents, du moins sur le court terme - les pouvoirs publics doivent également renforcer les signaux clairs adressés aux ménages et aux entreprises, en particulier par des systèmes privilégiant l’achat des véhicules les plus décarbonés, ainsi que par une politique correspondante de déplacement et de stationnement.
Enfin, le conseil recommande d'encourager simultanément le développement de carburants « verts ». Pour une fois, on ne parle pas d'agrocarburants, mais de biométhane. Le cadre réglementaire et le dynamisme de la filière permettent d’affirmer qu’il jouera un rôle significatif dans le mix énergétique. À l’horizon 2030, les potentiels techniques permettent d’envisager que 10 % du gaz consommé en France seront d’origine locale et renouvelable. Au coeur des problématiques territoriales et d’économies circulaire, l’usage du biométhane carburant est ainsi triplement vertueux : énergie renouvelable, il valorise les déchets industriels, ménagers et agricoles, tout en produisant des engrais naturels.
La prochaine fois, on terminera ce tour d'horizon par le recyclage.
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VeDeCoM : une plateforme française pour le véhicule décarboné
Retenu par le Commissariat Général aux Investissements d’Avenir, le projet VeDeCoM (Véhicule Décarboné Communicant et sa Mobilité) marque la naissance d'une véritable filière sur le véhicule propre et les mobilités de demain. Etabli sur le site de Versailles-Satory, qui fait partie du Plateau de Saclay, l’institut sera doté d’ici 3 ans de 280 chercheurs et bénéficiera d’un budget de 300 millions d’euros sur 10 ans. Une véritable dream team est réunie au sein de cet institut. On y compte quarante-quatre membres*, dont dix universités et grandes écoles, cinq organismes de recherche (dont un centre technique), douze grands groupes industriels, quatorze PME et ETI (établissements de taille intermédiaire), deux Communautés d’agglomération et un Etablissement Public d’Aménagement du Territoire.
Soutenu par le pôle de compétitivité Mov’eo, qui a été l’un de ses initiateurs, le Pôle de compétitivité System@tic, le Conseil Général des Yvelines, et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Versailles-Val d’Oise/Yvelines, il a également été voulu par la filière industrielle de l’automobile, représentée par les instances de la PFA (Plateforme de la Filière Automobile), à laquelle il apportera ses capacités d’expertise et d’innovation à l’échelle européenne et internationale.
A qui va servir VeDeCoM ? Il va travailler sur trois programmes principaux :
- infrastructures et services pour la mobilité et l’énergie partagée
- délégation de conduite et connectivité
- électrification des véhicules
Ces trois programmes vont alimenter la réalisation de démonstrateurs de nouveaux véhicules et services de mobilité (partage de véhicules et de voies dédiées, parking automatisé, service du « dernier kilomètre ») sur les territoires d’expérimentation mis à disposition par les collectivités territoriales (Communautés d’Agglomération de Versailles Grand Parc et de Saint-Quentin-en-Yvelines, Etablissement Public Paris-Saclay). Ces innovations auront un impact majeur sur l’industrie en France, avec la création et la reconversion de plusieurs dizaines de milliers d’emplois, sur trois grands axes à forte valeur de différentiation dans la compétition internationale : la chaîne de traction électrique des véhicules, l’électronique embarquée pour la conduite automatique totalement sécurisée des véhicules et les nouveaux services pour l’éco-mobilité.
*Sont membres de VeDeCoM : l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, le CETIM, l’ESIGELEC, l’ESTACA,lL’IFPEN, l’IFSTTAR, l’INRIA, le CEA, l’IRSEEM, Strate College, SUPMECA, L’Université de Cergy-Pontoise, ParisTech, PSA Peugeot Citroën, Renault, Safran, Valeo, AREP, ATOS, CADLM, Civitec, Cofiroute, Continental Automotive, ControlSys, EDF, Egis France, Fondaterra, Induct, Intempora, Le Moteur Moderne, LMS Imagine, Nexyad, Sherpa Engineering, Sopemea, STMicroelectronics, TE Connectivity, UTAC, Venturi, Veolia Environnement, Veolia Transdev, la Communauté d’Agglomération de Saint Quentin en Yvelines, la Communauté d’Agglomération Versailles Grand Parc, l’Etablissement Public Paris Saclay.
Soutenu par le pôle de compétitivité Mov’eo, qui a été l’un de ses initiateurs, le Pôle de compétitivité System@tic, le Conseil Général des Yvelines, et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Versailles-Val d’Oise/Yvelines, il a également été voulu par la filière industrielle de l’automobile, représentée par les instances de la PFA (Plateforme de la Filière Automobile), à laquelle il apportera ses capacités d’expertise et d’innovation à l’échelle européenne et internationale.
A qui va servir VeDeCoM ? Il va travailler sur trois programmes principaux :
- infrastructures et services pour la mobilité et l’énergie partagée
- délégation de conduite et connectivité
- électrification des véhicules
Ces trois programmes vont alimenter la réalisation de démonstrateurs de nouveaux véhicules et services de mobilité (partage de véhicules et de voies dédiées, parking automatisé, service du « dernier kilomètre ») sur les territoires d’expérimentation mis à disposition par les collectivités territoriales (Communautés d’Agglomération de Versailles Grand Parc et de Saint-Quentin-en-Yvelines, Etablissement Public Paris-Saclay). Ces innovations auront un impact majeur sur l’industrie en France, avec la création et la reconversion de plusieurs dizaines de milliers d’emplois, sur trois grands axes à forte valeur de différentiation dans la compétition internationale : la chaîne de traction électrique des véhicules, l’électronique embarquée pour la conduite automatique totalement sécurisée des véhicules et les nouveaux services pour l’éco-mobilité.
*Sont membres de VeDeCoM : l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, le CETIM, l’ESIGELEC, l’ESTACA,lL’IFPEN, l’IFSTTAR, l’INRIA, le CEA, l’IRSEEM, Strate College, SUPMECA, L’Université de Cergy-Pontoise, ParisTech, PSA Peugeot Citroën, Renault, Safran, Valeo, AREP, ATOS, CADLM, Civitec, Cofiroute, Continental Automotive, ControlSys, EDF, Egis France, Fondaterra, Induct, Intempora, Le Moteur Moderne, LMS Imagine, Nexyad, Sherpa Engineering, Sopemea, STMicroelectronics, TE Connectivity, UTAC, Venturi, Veolia Environnement, Veolia Transdev, la Communauté d’Agglomération de Saint Quentin en Yvelines, la Communauté d’Agglomération Versailles Grand Parc, l’Etablissement Public Paris Saclay.
La recherche sur la voiture du futur : à quoi sert l'IFFSTAR ?
Il y a tout juste un an, l'INRETS (Institut National pour la Recherche sur les Transports et leur Sécurité) et le LCPC (Laboratoire Central des Ponts et Chaussées) fusionnaient pour devenir l'IFFSTAR (l'InstitUt FrAnÇAis Des sciences et technologies Des trAnsports, De l’AménAgement et Des réseAUx). Un évènement passé inaperçu, sauf dans la communauté de la recherche. Ce choix est motivé par la nécessité pour la France d'avoir un outil de recherche encore plus performant et de portée internationale, au moment où l’Europe, qui prépare le 8e PCRD*, retient le « smart, green and integrated transport » parmi les 7 grands défis sociétaux de ce siècle.
Ca, c'est pour la déclaration d'intention. Mais, voyons ce qu'il y a derrière. Car, si la France a soi disant une certaine "expertise" et que l'INRETS n'a jamais autant signé de contrats de recherche et déposé de brevets, en quoi les travaux menés peuvent-ils intéresser les constructeurs et les équipementiers automobiles ? Le contrat d’objectifs 2010-2013 fixe pour cet institut 28 objectifs et des orientations stratégiques partagées à 10 ans dont l’écomobilité, l’optimisation des transports et la sécurité routière. Pour le LCPC, le même type de contrat fixe 38 objectifs, avec des priorités issues du Grenelle de l'Environnement, notamment les économies d’énergie et de ressources naturelles, la maîtrise des risques naturels y compris ceux liés au changement climatique, la durabilité des constructions et le développement des transports alternatifs à la route.
Une fois qu'on a dit ça, quels sont concrètement les actions menées ? De par son implication dans les pôles de compétitivité (i-Trans, Mov’eo, Advancity, LUTB, System@tic), l'INRETS est au contact d'industriels et apporte sa matière grise ainsi que des moyens d'essai. Les projets Co-DRIVE, SCoREF et PLATA sont par exemple trois projets collaboratifs qui visent le développement de systèmes communicants pour l’automobile avec Renault, PSA, Valeo et quelques PME innovantes. Il y a aussi le projet de nouvel institut VeDeCoM qui devrait regrouper sur Versailles-Satory plus de 200 nouveaux chercheurs (dont 19 du LCPC et de l’INRETS) autour de trois thèmes : les composants des véhicules électriques ou hybrides, les systèmes embarqués communicants, les nouveaux systèmes de mobilité. D'autres travaux concernent par exemple l'analyse de la perte d'attention au volant (grâce à l'apport de la neuro chirurgie) et l'assistance de la conduite.
Demain, je reviendrai sur quelques exemples concrets.
*Programme Cadre de Recherche et de Développement
Ca, c'est pour la déclaration d'intention. Mais, voyons ce qu'il y a derrière. Car, si la France a soi disant une certaine "expertise" et que l'INRETS n'a jamais autant signé de contrats de recherche et déposé de brevets, en quoi les travaux menés peuvent-ils intéresser les constructeurs et les équipementiers automobiles ? Le contrat d’objectifs 2010-2013 fixe pour cet institut 28 objectifs et des orientations stratégiques partagées à 10 ans dont l’écomobilité, l’optimisation des transports et la sécurité routière. Pour le LCPC, le même type de contrat fixe 38 objectifs, avec des priorités issues du Grenelle de l'Environnement, notamment les économies d’énergie et de ressources naturelles, la maîtrise des risques naturels y compris ceux liés au changement climatique, la durabilité des constructions et le développement des transports alternatifs à la route.
Une fois qu'on a dit ça, quels sont concrètement les actions menées ? De par son implication dans les pôles de compétitivité (i-Trans, Mov’eo, Advancity, LUTB, System@tic), l'INRETS est au contact d'industriels et apporte sa matière grise ainsi que des moyens d'essai. Les projets Co-DRIVE, SCoREF et PLATA sont par exemple trois projets collaboratifs qui visent le développement de systèmes communicants pour l’automobile avec Renault, PSA, Valeo et quelques PME innovantes. Il y a aussi le projet de nouvel institut VeDeCoM qui devrait regrouper sur Versailles-Satory plus de 200 nouveaux chercheurs (dont 19 du LCPC et de l’INRETS) autour de trois thèmes : les composants des véhicules électriques ou hybrides, les systèmes embarqués communicants, les nouveaux systèmes de mobilité. D'autres travaux concernent par exemple l'analyse de la perte d'attention au volant (grâce à l'apport de la neuro chirurgie) et l'assistance de la conduite.
Demain, je reviendrai sur quelques exemples concrets.
*Programme Cadre de Recherche et de Développement
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