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Renault Zoé : vraiment moins chère à l'usage ?

A la demande d'une journaliste de France 3, qui m'avait sollicité à ce sujet, je me suis penché sur les coûts de revient d'une voiture électrique comme la Zoé. Il est intéressant de comparer le 4ème modèle de la gamme ZE à son équivalent thermique au sein de Renault, la Clio IV 1,2 L 75 ch essence, mais aussi à une autre voiture électrique dont l'autonomie et le tarif sont comparables : la Bluecar de Bolloré. En matière de taille, la BMW i3 (3,84 m) serait plus proche mais elle n'arrivera que plus tard et sera plus chère. Du coup, malgré ses 3,65 m (contre 4,08 pour la Zoé) la voiture d'Autolib' est plus cohérente. Alors, les voitures électriques deviennent-elles vraiment abordables ?



Avant de commencer à répondre à la question, je voudrais d'abord vous livrer un calcul de TCO (total cost of ownership), réalisé par l'Observatoire du Véhicule d'Entreprise (OVE). Pour les constructeurs, le défi est de convaincre les gestionnaires de flottes d'entreprises qu'il existe une alternative au diesel. Justement, le calcul de l'OVE (sur une base de 4 ans et 60 000 km), qui tient compte d'un certain nombre de paramètres dont la fiscalité d'entreprise, montre qu'en raison de l'augmentation du bonus à 7000 euros, l'électrique commence à devenir intéressant. La Zoé, dont le coût est estimé à 0,37 € du km, revient à 22 286 euros, contre 0,40 € du km et 24 141 € pour une Clio diesel (sur une base de 1,35 € le litre de gazole). L'écart est donc de 2000 €. C'est une base de calcul, même s'il faut savoir que les remises sont plus généreuses sur les modèles thermiques (20 % et plus) et que, pour le moment, les gestionnaires de parcs ne sont pas enthousiastes sur l'électrique en raison de l'absence de bornes.


Revenons à présent sur les coûts de la Zoé pour le grand public. Le modèle d'entrée de gamme, la Zoé Life, est proposée à partir de 13 700 € (une fois le bonus déduit). Un modèle bien équipé, puisque doté de l'autoradio Bluetooth, de la navigation GPS (intégrée à la tablette R-Link, de la clim' et du régulateur-limiteur de vitesse.


A ce tarif, il faut ajouter la location de batteries (à partir de 79 € par mois, pour 12 500 km par an et sur 48 mois par exemple).


Et ce n'est pas tout, car la wall box (le chargeur mural que les constructeurs proposent en option pour une recharge plus sûre et plus rapide) est indispensable pour recharger à la maison. Son coût est de 860 € minimum (490 € pour la box, 370 € pour la pose).


En face, la Clio IV 1,2 L est affichée au même prix : 13 700 € en version Authentique. Il n'y a pas de bonus, puisque les rejets de CO2 (127 g) se situent dans la zone neutre. La version essence fait payer un supplément pour la climatisation (1000 €), tout comme pour la radio Bluetooth (300 €) et il n'est pas possible d'avoir la tablette R-Link sur cette finition, pas même le GPS. Il n'y a pas de régulateur de vitesse non plus.


Venons en à l'usage. L'assurance est en principe moins chère pour une voiture électrique, car elle est synonyme d'une conduite apaisée. Mais, en utilisant un comparateur d'assurances (j'en ai même fait deux), j'ai découvert que ce n'était pas le cas. On me propose 305 € pour le tarif le plus bas en tous risques, sur la base d'une résidence à Paris et d'un bonus de 50 %. En comparaison, et toujours selon le même comparateur, on me demande 293 € par an pour la Clio IV. J'ai retenu les meilleures offres dans les deux cas, sachant que les tarifs pour la Zoé sont nettement plus élevés.


Les deux véhicules sont garantis deux ans, à la différence que la Zoé bénéficie de 5 ans de garantie ou 100 000 km pour la chaîne de traction électrique, la panne de batterie étant couverte par le contrat de location. La Zoé propose également une assistance zéro km en cas de panne sèche.


L'avantage évident se situe au niveau de la consommation. Le coût d'une charge est de 1,5 à 2 € pour 100 km, alors que la conso mixte de la Clio IV est de 5,5 L/100 km. A la louche, il faut compter 250 € d'électricité pour faire 12 500 km par an en Zoé et 1100 € pour la Clio 4 (avec une moyenne de 1,60 € le litre de SP 95).
Si l'on fait le calcul sur 4 ans, cela fait 1000 € de courant électrique pour la Zoé et 4400 € de super pour la Clio thermique.


La voiture électrique est aussi plus intéressante à l'entretien. L'économie est en principe de 20 % par rapport à une voiture thermique, en raison de l’absence de courroie de distribution, de filtre à air et de filtre à carburant à changer et il n'y a pas non plus de vidange. Il y a cependant des opérations spécifiques à l'électrique. En optant pour un pack entretien intégral (avec entretien courant et remplacement des pièces d'usure hors pneus) sur Zoé, sur 48 mois et 50 000 km (12 500 x 4), le site de Renault indique 1090 €. Sur la Clio essence, le même contrat est tarifé à 1190 € (moins de 10 % d'écart).
Pour mémoire, hors contrat d'entretien, le budget de l’automobiliste (chiffres 2011) est en moyenne de 5976 € par an pour une Clio essence, dont 737 € pour l'entretien. Malheureusement, l'Automobile Club n'intègre pas pour l'instant la voiture électrique dans ses calculs, en raison du peu de diffusion et de l'inconnue sur la fiabilité des batteries. Mais, ça viendra un jour. Par ailleurs, l'Argus n'a pas encore établi de PRK (prix de revient kilométrique) pour la Zoé, ce mode de calcul étant en cours de réflexion pour publication dans le magazine Voiture Ecologique.


Si je reprends le prix d'achat, plus l'assurance, plus le carburant et l'entretien, cela donne au total sur 4 ans : 21 662 € pour la Zoé* et 20 462 € pour la Clio**. La Zoé est finalement plus chère de 1200 euros ! Certes, ces calculs n'ont rien de scientifique et s'appuient sur des moyennes. Ils montrent cependant que, si l'électrique tend à se rapprocher en prix des véhicules thermiques, l'avantage à l'usage n'est pas si évident.
Bien sûr, je pourrais répercuter le coût de la clim' sur la Clio (mais la Zoé a une pompe à chaleur, la comparaison est faussée) et ajouter le prix d'un GPS nomade pour avoir le même niveau de confort.
Soit dit en passant, je n'ai pas intégré non plus le coût des services connectés (inévitables avec R-Link) de la Zoé, comme par exemple les services LIVE de TomTom (179 € l'abonnement) avec en particulier la météo.

*13 700 € + 305 € x 4 d'assurance + 860 € de wall box + 79 € x 48 mois de location de batteries + 1000 € d'énergie électrique + 1090 € d'entretien
**13 700 + 293 € x 4 d'assurance + 4400 € de SP 95 + 1190 € d'entretien

La comparaison la plus juste dans l’absolu, à puissance et équipement équivalents, serait avec la Clio TCe 90 en finition Dynamique (clim’, ESP) et avec le pack R-Link (en option). Soit, un prix catalogue de 19 160 €, dont je dois retrancher 200 € en raison de ses 105 g de CO2 = 18 960 €. Auquel cas, le calcul donne : 18 960 € + 289 € d’assurance € x 4 + 3600 € de carburant (conso de 4,6 L/100 km) + 1210 € d’entretien = 24926 €. Dans ce cas de figure, la Zoé est moins chère de 3264 €. Mais, le bonus de 7000 € nuit à cette comparaison.

La suite demain avec le comparatif Zoé-Bluecar.

Audi se rêve en producteur d’énergie

Produire des carburants à partir du soleil, du CO2 et de l’eau : c’est l’étonnante vision du constructeur allemand, qu’il a fait partager aux médias hier lors d’un événement organisé près de Munich et intitulé « Audi Future Lab Mobility ». On savait déjà que la marque aux anneaux avait pour ambition de produire de l'électricité et du gaz naturel à partir de ressources renouvelables. Le projet a pris de l’ampleur et en a étonné plus d’un. La filiale du groupe Volkswagen fait vraiment fort, très fort.



Audi, qui a implanté des éoliennes en mer du Nord, va produire de l’électricité qui sera acheminée jusque sur le site de Werlte, en Basse-Saxe. Dans cette usine, l’électricité obtenue est utilisée aussi pour faire une électrolyse en vue d’obtenir de l’hydrogène, qui sera ensuite transformé en méthane (grâce à du CO2 fourni par un partenaire qui fait du biogaz à partir de déchets).


Audi va ainsi pouvoir ainsi proposer un gaz vert, obtenu de façon synthétique et qui va permettre à l’A3 Sportback TCNG de présenter un bilan de CO2 inférieur à 30 g par km, du puits à la roue. La réduction est de 75 % par rapport à du gaz naturel classique issu de ressources fossiles.

Voir la vidéo :

 

Opérationnelle à partir du troisième trimestre 2013, l’usine d’Audi va produire 1000 tonnes de méthane par an. Ce gaz sera ensuite injecté dans le réseau et accessible aux clients Audi dans les stations-services au moyen d’une carte et même à terme d’une application iPhone.


Mais, ce n’est pas tout. A côté du méthane de synthèse, de l’hydrogène (qu’utiliseront les futurs véhicules à pile à combustible, à l’exemple du proto Q5 HFC) et de l’électricité verte (pour les modèles e tron rechargeables), Audi souhaite également fabriquer des carburants liquides de synthèse : du e-diesel et de l’éthanol. Pour ce faire, la marque a décidé de s’associer avec la société américaine Joule*, spécialisée dans la production de carburants de synthèse sans recourir à la biomasse.


La solution est simple : elle consiste à utiliser de l’eau (eau salée ou de récupération) et à cultiver des cyano bactéries par photosynthèse. Ces micro-organismes sont ensuite programmés, et donc génétiquement modifiés, pour produire du gazole et de l’essence de synthèse. Ce procédé sera mis en place au Texas, en plein désert. L’intérêt vient du fait que le rendement est très élevé (50 000 litres à l’hectare pour le e-diesel et 75 000 litres pour l’éthanol) et que l’opération n’a aucune incidence sur la chaîne alimentaire et l’eau potable.


L’objectif d’Audi est de démarrer la production vers 2014-2015 et d’atteindre vers 2020 un prix de 100 $ le baril (159 litres) avec un carburant prêt à l’emploi.

Voir la vidéo :

 

Avec son e-gas et ses e-fuels, Audi arrive à un bilan global en CO2 proche de celui d’une voiture électrique (toujours du puits à la roue). Un véritable exploit. La question est de savoir si la marque entend concurrencer à terme les pétroliers ou a simplement voulu faire partager au monde une découverte révolutionnaire. Quand on écoute tout ça, on se dit que les allemands sont vraiment des champions de la technologie et voient grand. Un exemple dont devraient s’inspirer les français qui, en comparaison, font vraiment petits joueurs.

*établie dans le Massachusetts à Bedford