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Eco Marathon et Shell Energy Lab : le plein de futur

Comme promis, je reviens sur l'Eco Marathon Shell que j'ai suivi pendant deux jours à Rotterdam. Ce qui m'a étonné, c'est de voir à quel point l'épreuve est montée en gamme. L'accueil est bien plus professionnel (performances en temps réel en ligne, relais sur les réseaux sociaux, suivi vidéo) et le plateau est beaucoup plus relevé (l'Europe au sens large, avec des équipes venues de Norvège, d'Ukraine, de Grèce, de Turquie et même du Maroc). Autre nouveauté, et pas des moindres, depuis que l'Eco Marathon se dispute à Rotterdam, en site urbain, le public peut venir gratuitement assister à l'événement et discuter avec les équipes, qui ne demandent qu'à partager.


On peut voir ici un signe de cet engouement populaire.
Voir le diaporama : http://s.joomeo.com/5198a014a2d2b


A ce propos, j'aimerais mentionner l'existence de l'Energy Lab. Cette expo temporaire à base d'animations permet de sensibiliser petits et grands sur l'évolution des énergies.
Voir le diaporama : http://s.joomeo.com/51989374d945b


A défaut de pouvoir tourner sur la piste, il est possible de tester un simulateur et d'éprouver ainsi les sensations des concurrents. Bien sûr, ce n'est pas la vitesse qui prime, mais le dosage subtil du pied sur l'accélérateur pour consommer moins.


L'enthousiasme est toujours là. Qu'il s'agisse de grandes écoles (Polytechnique, Université de Compiègne...), de lycées techniques (La Joliverie et tant d'autres), ou même d'amateurs motivés (des apprentis d'un CFA de Drancy par exemple), tous ces jeunes travaillent jour et nuit pour peaufiner leur engins.


Le team néerlandais Eco 4 Roses a développé un système roue libre pour économiser du carburant.


Malgré la généralisation des ordinateurs portables et des connexions wi-fi, ils travaillent aussi avec des moyens de fortune, mais ça fonctionne... ou pas.


Il faut en effet passer le cap de l'inspection technique et avoir un véhicule en état conforme en tous points (y compris au niveau de la sécurité).


Au niveau des tendances, on remarque une grande créativité chez les concurrents. J'ai vu ainsi une Coconut Car (une coque en apparence de noix de coco) et pas mal d'autos dont le design est très soigné.


Celle-ci était ma préférée : une auto préparée par l'Université de Technologie de Graz (Autriche).


Mais, la vraie nouveauté est la ressemblance progressive avec les autos de série. La catégorie Urban Car, apparue en 2003, se rapproche peu à peu de l'automobile et préfigure d'ailleurs peut être ce que sera la citadine light et ultra sobre de demain. Avec un poids de 203 kg maxi, elle reste encore loin du poids idéal de 700 à 800 kg que cherchent à atteindre les constructeurs.
Voir l'album sur les voitures 2013 : http://s.joomeo.com/5198a6de32664


Pour avoir discuté avec Gilles Vanier, le directeur technique de l'Eco Marathon Shell Europe, j'ai eu confirmation que les jeunes ingénieurs qui ont disputé l'épreuve intéressent beaucoup les recruteurs. Ils savent ce qu'est l'allègement et l'optimisation de la consommation de carburant. Certains ont peut être pu approcher Luca Marormini, en charge des moteurs et de l'électronique au sein de la Scuderia Ferrari, dont Shell est partenaire, et qui est venu sur place. Comme dans l'automobile, on assiste à un foisonnement dans le domaine des énergies alternatives. L'électrique est en plein essor, de même que l'hydrogène.


A ce propos, on notait la présence d'un centre d'essai pour véhicules électriques, attenant à la piste de l'Eco Marathon Shell. C'était l'occasion de tester la BMW Active E, la Nissan Leaf, l'Opel Ampera, la Peugeot Ion, le Renault Twizy, ou encore la Smart Fortwo ED.


Enfin, mondialisation oblige, l'Eco Marathon Shell pourrait se tourner vers d'autres régions après l'Europe, l'Amérique et l'Asie. Il est question d'organiser également l'épreuve au... Qatar.

ALD s'engage dans les nouvelles mobilités

Le loueur longue durée, qui se trouve être une filiale de la Société Générale, est en pointe sur l'électrification et les nouvelles mobilités. ALD revendique un parc de 2 210 véhicules électriques* et 5 326 véhicules hybrides. Pour accompagner ces nouvelles technologies, il a mis en place des showrooms ALD electric, du consulting, ainsi que des formations de conduite spécifiques. Mais, j'ai choisi de mettre l'accent sur la stratégie "New Mobility" qui a été déployée dans plusieurs pays depuis mai 2012. C'est le panel le plus complet du genre, avec une offre qui va au-delà du simple véhicule électrifié.


L'outil de référence est ALDO. J'en ai déjà parlé sur ce blog : il s'agit d'un assistant personnel de mobilité sur smartphone ou tablette qui permet de calculer le meilleur itinéraire multimodal. Un véritable couteau de suisse qui permet de réduire son empreinte carbone.


Parmi les autres outils, on peut citer ALD sharing: une offre d’auto-partage pour les entreprises, qui se déploie dans plusieurs pays d’Europe (Espagne, Portugal, Suisse, Luxembourg). La solution intègre un service de réservation en ligne, un entretien hebdomadaire et de la télématique pour localiser les véhicules.


Au Benelux, ALD Switch est une formule permettant de passer facilement d'un véhicule à l'autre, en ajoutant de la location courte durée pour un besoin ponctuel (monospace, utilitaire).


Toutefois, il y a des offres encore plus étonnantes. Dans ces mêmes pays, le loueur propose la formule Wheel Lease qui permet d'utiliser dans le même contrat une voiture + un scooter électrique ou à trois roues). En France, les clients peuvent souscrire à ALD 2wheels : une solution de LLD pour 2 roues (scooters et motos) qui répond aux besoins de mobilité urbaine. Une autre formule, ALD companybike, permet de bénéficier d'un vélo (classique ou à assistance électrique) intégré au contrat de location.

Pour jouer la complémentarité, ALD railease permet des trajets voiture + train. Le client bénéficie d'un package avec un nombre de jours de voyage qui permet de prendre les lignes de la SNCB en Belgique à un prix fixe.


Enfin, le loueur va jusqu'à prendre en charge les travailleurs nomades. Les espaces Mobispot permettent de partager des bureaux et de faire moins de km. Bon nombre de ces solutions sont à l'initiative de nos voisins belges.

*dont la majeure partie en France (1481 unités), aux Pays-Bas (392) et l’Italie (115)

Plan Batho sur la qualité de l'air : quoi de neuf en fait ?

Quand j'ai entendu parler du retour d'une pastille verte, dans le cadre d'une réunion du Comité Interministériel sur la Qualité de l'Air*, je me suis dit qu'une fois de plus, les pouvoirs publics n'avaient rien compris. Je me souviens très bien de cette période et surtout du fait que la pastille n'avait servi à rien en raison du progrès technique qui a conduit à accorder à tous les propriétaires de voitures neuves ce fameux sésame. Mais, quand on prend la peine de lire le document**, on s'aperçoit que le plan d'urgence de Delphine Batho avec ses 38 mesures apporte une réponse globale à la problématique de la pollution, avec parfois des propositions intéressantes sur lesquelles je reviendrai. De toute façon, il faut agir. La France est dans le collimateur de la Commission Européenne pour le dépassement des émissions de particules PM10 (12 millions de français concernés) et on ne peut pas prétexter indéfiniment le maintien en circulation de véhicules très anciens. De plus, 2013 est l'année européenne de l'air. Voyons en quoi ce plan mérite d'être considéré dans son ensemble.


Le premier constat est que le plan Batho tourne définitivement le dos aux ZAPA (Zones d’actions prioritaires pour l’air), qui visait à limiter l’accès au centre-ville pour certains véhicules polluants et qui, dans la pratique, pénalisait surtout les français les plus modestes. La ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie a acté l’échec de ce dispositif, jugé socialement injuste et écologiquement inefficace. Elle propose une action plus ciblée dans les agglomérations les plus concernées et de façon durable.


Avant d'évoquer les points qui fâchent et la fameuse identification des véhicules les plus vertueux, je voudrais d'abord parler de mobilité. Le plan Batho propose de réorienter nos déplacements au quotidien. Au-delà des lieux communs (il faut développer les transports en commun et aider les véhicules électriques en ville en installant des infrastructures de recharge), il propose d'aider les collectivités à promouvoir et organiser le covoiturage avec des aires dédiées et sécurisées, de procéder à des livraisons en centre-ville avec des moyens propres (véhicules électriques ou hybrides, vélo-cargos, triporteurs avec assistance électrique ou non) et veut inciter les entreprises à accélérer leurs plans de déplacement.


Il est proposé par exemple une indemnité aux français qui feraient leur trajet domicile-travail en vélo (avec assistance électrique ou non).


Le plan Batho propose également de développer les motorisations électriques et hybrides pour les utilitaires, les camions, les bus et les autocars. L'électrique sera aussi encouragé pour les deux-roues et le vélo.


En ce qui concerne le renouvellement du parc, le gouvernement dit travailler sur des leviers ciblés. Rappelons que 6 millions de véhicules anciens contribuent à environ 30 % des émissions de particules des véhicules particuliers et 20 % des émissions d’oxydes d’azote. Le fait de changer un véhicule diesel « 1 étoile » (plus de 17 ans) par un nouveau véhicule récent « 5 étoiles » reviendrait à diviser les émissions de particules par un facteur de 30 et les émissions d’oxydes d’azote au moins par un facteur de 3, voire par 8 en cas de rachat d’un véhicule essence. Les autres idées sont de développer l'éco entretien (moteur, pneus, plaquettes de freins), qui sera a priori inclus dans le contrôle technique, mais aussi d'améliorer par un kit les véhicules les plus polluants. Un "rétrofit" serait à l'étude pour les poids lourds (filtre à particules), les bus et autocars, voire certains utilitaires. Ce genre d'équipement pourrait à terme concerner également les deux-roues.


Pour anticiper sur les pics de pollution, le plan préconise (ce qui est déjà fait) de faire de la gestion dynamique, en affichant une vitesse conseillée à certaines heures afin de lisser le trafic et de réduire les émissions.


La mesure qui crispe le plus concerne l'identification des véhicules les plus vertueux (sans doute par un système de pastille), qui seraient les seuls à pouvoir rouler en cas de pic de pollution. Bien sûr, on demande à savoir quels véhicules seront concernés (électriques, hybrides, modèles à faible CO2). Mais, quel est le problème ? Les pics de pollution sont très rares. Il y a quand même une marge entre l'exclusion permanente telle que la préconisaient les ZAPA et une situation exceptionnelle, où on peut comprendre que seuls des véhicules non polluants pourraient circuler. A ce propos, en cas de pic de pollution, il est préconisé d'adapter la tarification des transports en commun avec un « pass air » (pour train, tram, métro, bus, vélo). Je précise par ailleurs qu'il est prévu de renforcer l'information et qu'une application pour smartphone (et un site mobile) a été mise en place par Airparif.
La mesure la plus polémique à mon sens relève du stationnement. Il est proposé d'élargir au niveau national la gratuité du véhicule électrique et de moduler le péage en fonction du niveau de pollution et d'augmenter les amendes. Le stationnement est un levier efficace. Il pourrait là aussi orienter les choix vers des véhicules électrifiés.


Pour terminer, relevons ce passage du plan : "le gouvernement souhaite accompagner les démarches locales d’orientation géographique du flux de véhicules de manière ciblée, modulée et progressive pour concilier efficacité et acceptabilité économique et sociale. L’objectif est de permettre aux collectivités qui le souhaitent de pouvoir restreindre, à terme, l’accès de véhicules particulièrement polluants à certaines zones sensibles, de manière temporaire ou pérenne". En clair, on interdira bien à terme les véhicules les plus polluants, mais de façon plus maîtrisée et progressive.

* CIQA qui rassemble 11 collectivités (Paris, Plaine Commune, Communauté urbaine de Bordeaux,Clermont Communauté, Grand Lyon, Grenoble Alpes Métropole, Nice-Côte-d’Azur, Pays d’Aix, Marseille-Provence-Métropole, Lille Métropole, Communauté urbaine de Strasbourg), les autorités organisatrices des transports, les services déconcentrés de l’État dans les régions concernées ; plusieurs Ministères et Ministères délégués (Budget ; Écologie, Développement durable et Énergie ; Égalité des territoires et Logement ; Intérieur ; Justice ; Redressement productif ; Santé ; Transports ; Travail) ainsi que le GART (Groupement des Autorités Responsables des Transports), l’ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie), l’ACNUSA (Autorité de Contrôle des Nuisances Aéroportuaires) et le CERTU (Centre d'Etudes sur les Réseaux, les Transports, l'Urbanisme et les constructions publiques).
**http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Dossier_de_presse_Plan_d_urgence_pour_la_qualite_de_l_air.pdf

La maison intelligente selon Honda

Le constructeur japonais a construit une maison intelligente et écolo à Saitama, dans la région du Kanto, afin de présenter son système Honda Smart Home (HSHS). Ce dispositif permet de gérer l’énergie, en adaptant automatiquement l’offre à la demande, que ce soit pour la maison (chaleur et électricité), ou pour la mobilité (voitures et scooters électriques). C'est une application de smart grid.

La maison fait appel à des couches minces de panneaux solaires sur le toit, à une batterie rechargeable, à une unité de cogénération de gaz, à un système d'alimentation d'eau chaude et à un gestionnaire intelligent d’énergie (le Smart e Mix manager). Ce dernier système est au cœur de la maison. Il réduit les émissions de CO2 provenant de la maison et sert également, en cas de besoin, à fournir une alimentation de secours en électricité. Souvenir de Fukushima oblige, le système HSHS est également conçu pour permettre aux utilisateurs de sécuriser leur propre approvisionnement en énergie et la mobilité en cas de catastrophe.
La démo de Honda s'inscrit dans le cadre du projet e-Kizuna, qui consiste à préparer l'arrivée des véhicules électriques à Saitama. D'ailleurs, Honda va faire communiquer la maison avec des véhicules, en utilisant son système de navigation Internavi.

PSA mise sur le design sonore (deuxième partie)

Après un premier tour d'horizon du design sonore chez PSA Peugeot Citroën, qui a permis d'évoquer les sons polyphoniques et la personnalisation des ambiances sonores, je vais évoquer aujourd'hui l'aspect moteur. Comme je l'ai déjà écrit sur ce blog, BMW fait appel à des artifices pour enjoliver le son de certains modèles, comme la Z4 ou la Série 6 Coupé diesel. Peugeot a fait la même chose avec le coupé RCZ (puis Citroën sur la DS4) en greffant un système qui permet de réveiller certaines fréquences et de filtrer dans l'habitacle des sonorités plus sensuelles. Le procédé se marie à merveille avec des modèles plutôt sportifs ou à fort caractère. Mais, les outils numériques vont pouvoir élargir ce type de prestations à des véhicules de plus grande diffusion.



Le laboratoire NeoSound, basé à Vélizy (le centre de recherche de PSA), travaille justement sur la couleur sonore des moteurs. Les chercheurs utilisent les termes de bourdonnement et de rugosité pour qualifier les sonorités les plus agréables d'un moteur et jouent sur les fréquences. Le numérique permet en fait d'isoler certains bruits et d'en réhausser d'autres. Le résultat, que nous avons pu apprécier sur un simulateur de conduite (mais qui est testé aussi sur des véhicules d'essai) est assez étonnant. Il faut savoir aussi que PSA a développé avec l'aide du CNRS un logiciel maison qui a pour nom HARTIS (HArmonic Real Time Synthesis) pour "tuner" de façon électronique le son ressenti à bord. L'objectif est d'améliorer l'agrément de conduite et de renvoyer des informations utiles.


Précisément, le design sonore va jouer un rôle essentiel dans les véhicules électriques. Il s'agit de "sonoriser" un véhicule qui, par nature, est silencieux. C'est utile pour le conducteur qui se retrouve parfois désarçonné, face à un moteur qui ne lui "parle" pas et dont l'accélération est linéaire. Cela l'est encore plus pour les piétons, qui peuvent être surpris et pis encore se retrouver en danger. PSA travaille actuellement sur des bruiteurs, typés selon la marque (nous en avons entendu un échantillon) et alertant les usagers vulnérables (piétons, cyclistes) de la présence d'un véhicule électrique entre 0 et 25 km/h. Tous les constructeurs échangent à ce propos, en Europe (où PSA est impliqué dans le cadre du projet eVADER avec Renault, Nissan et Continental Automotive), aux USA et au Japon.
Nous terminerons demain par le son spatialisé.