Une voiture électrique made in France à 400 000 euros ? Mais oui, c'est possible. Et en plus, ça plaît. J'avoue avoir été surpris d'apprendre de la bouche de l'un des dirigeants d'Exagon Motors que le carnet de commandes était déjà plein pour 2013 (80 voitures) et que 2014 s'annonçait bien aussi (entre 200 et 300 voitures). Force est de constater que la Furtive e-GT est bien accueillie. C'est une bonne nouvelle pour les concepteurs, qui ont eu la volonté de créer une voiture de sport électrique d’exception qui réunisse le meilleur de leur expérience en compétition électrique (Trophée Andros électrique) et le nec plus ultra des technologies actuelles. Le cahier des charges défini par Luc Marchetti, le PDG, était clair : la Furtive-eGT doit concilier des performances exceptionnelles et un véritable confort d’utilisation au quotidien. Le projet a fait appel au savoir-faire de partenaires européens de premier plan investis dès l’origine du projet (Siemens, Saft, Michelin, Nokia Navteq). Nous allons donc voir en plusieurs volets quel est le contenu technologique de ce véhicule et quelles sont également les innovations par rapport à l'usage. On commence bien sûr par la chaîne de traction électrique.
La Furtive-eGT est propulsée par deux moteurs électriques Siemens Inside e-Car de dernière génération. Ces moteurs, parmi les plus compacts du marché (ils pèsent 51 kg chacun), offrent une efficience hors norme. Ils développent chacun 148 kW de puissance. Soit 296 kW au total, l’équivalent de 402 ch pour un couple de 516 Nm. La puissance maximale de 5 000 à 10 000 tr/min est disponible en 1/10ème de seconde ! Installés en position centrale arrière sur un berceau en aluminium, ils sont reliés entre eux par la boîte de vitesses à trois vitesses sans rupture de couple et entraînent les roues arrière de la Furtive-eGT.
Deux inverseurs, eux aussi développés spécialement pour la GT électrique, distribuent la puissance électrique en transformant le courant continu de la batterie Saft en courant alternatif et ainsi pilotent les moteurs selon deux modes, en couple ou en régime, en modifiant l’amplitude et la fréquence. L’électronique du superviseur a quant à elle été développée en interne par les équipes d’Exagon.
La Furtive-eGT est équipée de batteries fabriquées par Saft, leader mondial des batteries lithium-ion, avec 80 % du marché dans l’aérospatiale mais aussi dans le domaine militaire et en Formule 1. Ces batteries de dernière génération délivrent une capacité de 53 kWh et développent 360V de tension nominale pour un poids total de 480 kg. Un poids dont Exagon a décidé de faire un avantage. L’architecture de la coque en carbone a permis de les placer dans le plancher de la Furtive-eGT. Cette disposition a pour conséquence l’abaissement du centre de gravité et donc une quasi-absence de roulis en virage, gage d’un comportement dynamique exceptionnel. L'autonomie est de 310 km en cycle mixte (norme NEDC).
En option, la Furtive-eGT pourra être équipée d'un range extender. Il s’agit d’un petit moteur thermique, de faible cylindrée, qui viendra recharger les batteries quand celles-ci parviennent à la limite de leur autonomie. Le prolongateur portera l’autonomie totale de la Furtive-eGT à 734 km avec 25 l d’essence sur cycle normalisé mixte.
Avec une accélération de 0 à 100 km/h obtenue en 3,5 secondes seulement, la Furtive-eGT se situe au rang des meilleures supercars du marché. La montée en régime est instantanée. Par ailleurs, à la décélération, le champ magnétique des moteurs électriques participe au freinage exceptionnel de la voiture. En effet, chaque moteur agit comme un générateur qui recharge les batteries afin d’accroître l’autonomie. Avec l’effort combiné du frein moteur et des étriers développés pour la Furtive-eGT (par Beringer), on atteint jusqu'à 1,2 G : une valeur qui permet de réduire les distances de freinage de façon extrême.
Précisons au passage que la GT tricolore propose 4 modes de fonctionnement (Sport, Standard, Eco et Ville), chacun ayant une influence sur le rendement des moteurs et l’alimentation des périphériques. En mode ville par exemple, le fonctionnement est optimisé pour les basses vitesses en privilégiant cette fois la douceur d’utilisation. L’air de l’habitacle est recyclé automatiquement pour diminuer les nuisances des gaz d’échappement des autres véhicules.
Demain, nous parlerons du multimédia à bord.
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Les allemands se lancent dans le roaming électrique
Le roaming, vous connaissez. C'est ce qu'on utilise dans la téléphonie mobile pour relayer les SMS et la voix d'un pays à l'autre, grâce à un accord entre les opérateurs. Six entreprises allemandes*, dont BMW et Daimler, ont décidé de s'inspirer de ce principe pour lancer une plate-forme et simplifier ainsi l'échange de données au sein de l'infrastructure de recharge. Un projet concrétisé par la signature d'un accord à Stuttgart. Les clients de ces marques auront ainsi un accès transparent aux points de charge et une facturation unique. Et c'est une fois de plus d'Allemagne que vient ce genre d'initiative, de nature à favoriser l'adoption des véhicules électriques.
Nos voisins d'Outre-Rhin, qui ont pour objectif d'avoir un million de véhicules électriques sur les routes du pays d'ici 2020, savent bien qu'il faudra rendre l'usage de la voiture électrique plus pratique. La plate-forme ouverte de données permettra justement de créer une infrastructure de charge intégrée, utilisable par les producteurs d'énergie et les constructeurs (qui peuvent aussi le cas échéant être fournisseurs de mobilité). Grâce à cet accord, les conducteurs pourront facilement recharger leurs véhicules, où qu'ils se trouvent, et sans avoir à se soucier de qui exploite le point de charge le plus proche. Une telle infrastructure, qui comprendra également des processus d'authentification standardisés, va contribuer à booster le développement de l'électromobilité en Allemagne. A terme, les partenaires imaginent également l'ajout de nouveaux services.
Rêvons un peu et imaginons que PSA et Renault puissent en faire de même avec ERDF et Schneider Electric en France, où pour le moment rien n'avance vraiment depuis la publication du livre vert qui abordait justement la question du roaming.
*BMW, Bosch, Daimler, EnBW, RWE et Siemens, qui ont convenu de former une joint-venture d'ici la mi-2012.
Nos voisins d'Outre-Rhin, qui ont pour objectif d'avoir un million de véhicules électriques sur les routes du pays d'ici 2020, savent bien qu'il faudra rendre l'usage de la voiture électrique plus pratique. La plate-forme ouverte de données permettra justement de créer une infrastructure de charge intégrée, utilisable par les producteurs d'énergie et les constructeurs (qui peuvent aussi le cas échéant être fournisseurs de mobilité). Grâce à cet accord, les conducteurs pourront facilement recharger leurs véhicules, où qu'ils se trouvent, et sans avoir à se soucier de qui exploite le point de charge le plus proche. Une telle infrastructure, qui comprendra également des processus d'authentification standardisés, va contribuer à booster le développement de l'électromobilité en Allemagne. A terme, les partenaires imaginent également l'ajout de nouveaux services.
Rêvons un peu et imaginons que PSA et Renault puissent en faire de même avec ERDF et Schneider Electric en France, où pour le moment rien n'avance vraiment depuis la publication du livre vert qui abordait justement la question du roaming.
*BMW, Bosch, Daimler, EnBW, RWE et Siemens, qui ont convenu de former une joint-venture d'ici la mi-2012.
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