Dans le prolongement du compteur Linky, qui permet déjà de communiquer avec le réséau électrique, ERDF et STmicroelectronics pilotent depuis Toulouse un ambitieux programme visant à faire du smart grid une réalité à l'horizon 2015. Son nom : SOGRID (SO pour Sud Ouest et GRID pour le réseau électrique). C'est le fruit d'une collaboration entre 10 partenaires* privés et publics, soutenu par l’ADEME dans le cadre du programme d'investissements d’Avenir. Ce projet industriel vise à développer et tester une chaîne de communication utilisant les courants porteurs en ligne* de troisième génération sur la totalité du réseau de distribution électrique.
L'idée est de développer de nouveaux matériels intelligents, équipés d'une puce électronique qui permettra de gérer en temps réel le réseau en faisant communiquer les appareils et en intégrant les énergies d'origine renouvelable (éolien, photovoltaïque). Il sera ainsi possible d'accompagner les nouveaux usages, dont la voiture électrique qui pourra ainsi refaire le plein en dehors des heures de pointe. L'arrivée programme de 2 millions de véhicules 100 % électriques et hybrides rechargeables d'ici 2020 rend nécessaire l'apparition des smart grids.
A terme, SOGRID entend faire émerger un véritable standard international. Les ressources allouées à ce projet sont de 27 millions d'euros. Une expérimentation grandeur nature auprès de 1000 clients sera menée sur le territoire de Toulouse Métropole pour valider les performances du dispositif, en fin de projet et pendant une durée de 6 mois.
*ERDF, STMicroelectronics, Nexans, Sagemcom, Landis+Gyr, Capgemini, Trialog, LAN (laboratoire privé, filiale du groupe HF Company), Grenoble INP, l’École polytechnique (LIX).
**Le CPL, ou courant porteur en ligne, est le protocole de communication qui permettra de rendre le réseau intégralement intelligent grâce à la transmission de données numériques via le réseau électrique.
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L’infrastructure de charge se met en place, lentement mais sûrement
J’ai assisté à Nice à la seconde édition des Assises Nationales de Charge*, un évènement que je suivais pour le compte d’un de mes clients (EDF pour ne pas le nommer, pour qui je rédige une newsletter sur la mobilité électrique) et qui m’a permis de croiser les acteurs clés de la recharge. Ces assises tombaient à point nommé, au moment où l’Europe fait part de son ambition d’installer 800 000 bornes à l’horizon 2020 - avec un standard, la prise de type 2, qui n'est pas la solution retenue par la France - et au moment où, chez nous, la mission Hirtzman sur le déploiement des infrastructures de charge pour véhicules électriques et hybrides rechargeables présente un premier bilan d’étape.
C’était intéressant de voir Philippe Hirtzman, l’ingénieur des Mines (et président de l’INERIS) désigné par Arnaud Montebourg et Delphine Batho pour coordonner le déploiement des bornes de recharge en France. Ce serviteur de l’Etat n’a pas sa langue dans la poche. Ce que je retiens de nos échanges, c’est qu’un fonds de 50 millions d’euros en principe dédié aux bornes (et qui n’avait pas servi) a été débloqué et qu’il servira à la fois pour les collectivités et le secteur privé (centres commerciaux, restauration…). Autre levier : les opérateurs de l’Etat, les ministères, les préfectures sont obligés d’acheter des véhicules électrifiés au moment du renouvellement du parc (25 %, voire 100 % quand il s’agit de véhicules urbains). De plus, les lieux accueillant du public doivent également investir dans des bornes de recharge avant juillet 2013. L’objectif est d’arriver à 30 000 stations de charge en 2015 et un volume de 150 000 véhicules électriques et hybrides rechargeables. Des chiffres plus raisonnables par rapport aux promesses de Jean-Louis Borloo…
En ce qui concerne les collectivités, il faut bien distinguer les grands ensembles et les petites villes. Ainsi, on a appris que Paris – qui abrite 500 stations sur les 700 en service d’Autolib’ – voulait faire installer 700 bornes de plus en usage public (et à un tarif attractif) pour inciter à l’usage des véhicules électriques. Autre projet ambitieux : celui de la région Nord Pas de Calais qui se fixe un objectif de 10 000 véhicules en 2015 et de 1250 bornes (dont 17 de recharge rapide). On pourrait citer les cas de Lyon et de Rouen, mais il faut savoir qu’il y a beaucoup de demandes en milieu rural (300 bornes en Indre-et-Loire), avec des départements comme la Vendée et les Deux Sèvres par exemple.
Pour sa part, Nissan continue de fournir des bornes de recharge rapide pour créer des corridors. C’est déjà le cas par exemple en Alsace. A ce jour, plus de 600 stations sont déployées en Europe, dont 140 pour la seule Estonie. Les autres pays en pointe sont les Pays-Bas et le Danemark. En France, il y a un peu plus de 80 bornes (réseau de concessionnaires inclus). Mais, la marque japonaise se fixe un objectif de 500 bornes rapides d’ici 2015 dans l'hexagone.
Et EDF dans tout cela ? En charge de l'acheminement du courant électrique, ERDF anticipe un fort développement du véhicule électrique dans les 10 ans à venir et développe des solutions pour optimiser le réseau. Quant à la direction de la mobilité électrique de l’opérateur national, elle joue un rôle de conseil auprès des collectivités et des entreprises, avec une réflexion qui prend également en compte le véhicule partagé. EDF est notamment impliqué dans Auto Bleue, la vitrine régionale de l'autopartage électrique avec une extension à 210 voitures et 70 stations de charge.
*Organisées par l'AVEM (Association pour l'avenir du Véhicule Electrique Méditerranéen)
Infrastructures de charge : le point sur les projets en cours
Dans le cadre des Investissements d'Avenir, l'Ademe accompagne 7 projets de recherche liés à la recharge de véhicules électriques qui recevront un soutien à hauteur de 15,9 millions d’euros (pour un budget total de 40,9 millions) et qui serviront à valider à plusieurs points. Ils permettront notamment de tester les bornes intelligentes et communicantes, la sécurité et la fiabilité des charges, la compatibilité des solutions au niveau national et transfrontalier et surtout le modèle économique. Le plus astucieux est sans doute Telewatt qui vise à expérimenter une solution inédite de recharge à partir du réseau existant d’éclairage public.
Ce projet, coordonné par Citelum et basé à Aix-en-Provence, se distingue par trois innovations majeures :
- la supervision simultanée des réseaux électriques (puissance, consommation, état, etc.) et la mise en place d’un système de gestion centralisée permettant notamment de gérer l’accès des usagers au réseau,
- la mise en place de prises « plug & play », avec identification par adresse IP, et dont l’installation ne nécessite pas de génie civil. Ce dispositif pourra être déployé à court terme et les prises pourront être déplacées simplement, selon l’évolution de l’aménagement urbain et des besoins des usagers.
- le développement d’une interface usager sur téléphone portable pour réserver, suivre et gérer à distance et à tout moment la charge de son véhicule.
Parmi les autres projets, on peut notamment citer Infini Drive. Piloté par La Poste et ERDF, il vise à expérimenter sur Paris, Nice, Nantes et Grenoble un dispositif standard de recharge pour les flottes d’entreprises et de collectivités. Il intègre un lien entre le véhicule, la borne, le réseau électrique et le système d’information existant. Fin 2013, un bilan de cette expérimentation sera dressé, avec notamment la publication d’un « Livre Vert » des infrastructures de recharge spécifiques aux flottes dites « captives » de véhicules électriques.
Toujours à destination des collectivités, le projet EVER vise à développer des bornes de recharge rapide pour l’autopartage et de nouveaux modèles économiques de gestion de l’énergie. Il se déroule à La Rochelle et est piloté par Veolia. Un autre volet concerne le stockage de l'énergie sur des batteries tampon, afin d’éviter la sur-sollicitation du réseau de distribution d’électricité et garantir la fourniture d’énergie décarbonée.
Préfigurant la recharge intelligente et prédictive, le projet EGUISE va voir le jour dans l'ouest (Le Véhipole de Ploufragan près de Saint-Brieuc, Urbanelec à Saint-Herblain, Rennes Métropole), sous l'égide de DBT. Associant de la charge classique et de l'induction (recharge sans fil), il permettra d'accéder par une interface web à l’ensemble des données de l’écosystème. La recharge prédictive sera appliquée sur une flotte de véhicules de collectivité, dans une entreprise privée et en autopartage.
Demain, on verra les autres projets.
Ce projet, coordonné par Citelum et basé à Aix-en-Provence, se distingue par trois innovations majeures :
- la supervision simultanée des réseaux électriques (puissance, consommation, état, etc.) et la mise en place d’un système de gestion centralisée permettant notamment de gérer l’accès des usagers au réseau,
- la mise en place de prises « plug & play », avec identification par adresse IP, et dont l’installation ne nécessite pas de génie civil. Ce dispositif pourra être déployé à court terme et les prises pourront être déplacées simplement, selon l’évolution de l’aménagement urbain et des besoins des usagers.
- le développement d’une interface usager sur téléphone portable pour réserver, suivre et gérer à distance et à tout moment la charge de son véhicule.
Parmi les autres projets, on peut notamment citer Infini Drive. Piloté par La Poste et ERDF, il vise à expérimenter sur Paris, Nice, Nantes et Grenoble un dispositif standard de recharge pour les flottes d’entreprises et de collectivités. Il intègre un lien entre le véhicule, la borne, le réseau électrique et le système d’information existant. Fin 2013, un bilan de cette expérimentation sera dressé, avec notamment la publication d’un « Livre Vert » des infrastructures de recharge spécifiques aux flottes dites « captives » de véhicules électriques.
Toujours à destination des collectivités, le projet EVER vise à développer des bornes de recharge rapide pour l’autopartage et de nouveaux modèles économiques de gestion de l’énergie. Il se déroule à La Rochelle et est piloté par Veolia. Un autre volet concerne le stockage de l'énergie sur des batteries tampon, afin d’éviter la sur-sollicitation du réseau de distribution d’électricité et garantir la fourniture d’énergie décarbonée.
Préfigurant la recharge intelligente et prédictive, le projet EGUISE va voir le jour dans l'ouest (Le Véhipole de Ploufragan près de Saint-Brieuc, Urbanelec à Saint-Herblain, Rennes Métropole), sous l'égide de DBT. Associant de la charge classique et de l'induction (recharge sans fil), il permettra d'accéder par une interface web à l’ensemble des données de l’écosystème. La recharge prédictive sera appliquée sur une flotte de véhicules de collectivité, dans une entreprise privée et en autopartage.
Demain, on verra les autres projets.
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